“À sa place, je serais restée chez moi” : Damien Abad fait un retour houleux

Le retour annoncé de Damien Abad à l’Assemblée a bien eu lieu ce mardi 26 juillet. L’ancien ministre visé par des accusations de tentative de viol, qu’il nie, était présent lors des questions au gouvernement de façon assez discrète au troisième rang. Mais quand franceinfo ouvre son micro, les langues se délient contre lui…

Damien Abad n’est plus ministre mais reste député de l’Ain. C’est à ce titre qu’il a, comme prévu, fait son retour à l’Assemblée nationale ce mercredi 26 juillet lors des questions au gouvernement. Avant de prendre place discrètement au troisième rang juste au-dessus du banc des ministres, l’ancien ministre des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées n’a pas répondu aux questions des journalistes. Lors de sa passation de pouvoir, le 4 juillet dernier, celui qui est présumé innocent malgré les plaintes pour tentative de viol qui le visent avait dénoncé des « calomnies ignobles ». Tard dans la soirée du lundi 25 juillet, il avait déjà signalé sa présence à l’Assemblée nationale sur Twitter.

Mais peut-il vraiment revenir comme si de rien n’était alors qu’une enquête pour tentative de viol a été ouverte ? « La question se pose sur le plan moral », a estimé la socialiste Christine Pirès Beaune interrogée par franceinfo. « Effectivement, sur le plan légal, il a le droit d’être dans l’Hémicycle mais à sa place, je pense que je serais restée chez moi. Et je ne remets pas en cause, en disant cela, la présomption d’innocence », a tranché la députée. Pour Clémentine Autain, le retour de Damien Abad à l’Assemblée nationale « est choquant » et « ça passe comme une lettre à la poste ». « Ce n’est pas banal d’avoir un député parmi les 577 qui est accusé de viol avec usage de drogue », s’agace la députée LFI dans des propos rapportés par Ouest-France. Du côté du Rassemblement national, en revanche, « on est très attachés à cette présomption d’innocence, donc non, on ne va pas le vilipender », a expliqué Laure Lavalette à franceinfo.

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« On leur a refilé la patate chaude », lâche un député LR

« Ce n’est plus notre sujet, c’est celui du groupe majoritaire », répond-on chez Les Républicains par la voix d’Olivier Marleix. C’est lui qui a succédé à Damien Abad en tant que président du groupe LR à l’Assemblée. « C’est vraiment l’affaire du groupe de la majorité. Il est chez eux, il a été élu sous leur étiquette : aujourd’hui, Damien Abad, c’est leur problème. J’ai vu dans la presse quelque part que les députés Les Républicains étaient embarrassés. Je dirais plutôt qu’ils sont… débarrassés », glisse-t-il à franceinfo. Et le député LR Patrick Hetzel de résumer ainsi : « Pour parler trivialement, on leur a refilé la patate chaude. » Car en effet, c’est bien sous l’étiquette Renaissance que Damien Abad a été réélu député de l’Ain avec 57,86 % des voix le 19 juin dernier. « Pas de commentaires », préfère répondre prudemment pour le moment le député Renaissance de la Vienne, Sacha Houlié.

Article écrit en collaboration avec 6Medias

Crédits photos : David Niviere / Pool / Bestimage

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