Affaire Daval : l’avocat de Jonathann explique pourquoi il a menti après avoir tué sa femme Alexia

Dans une interview accordée à Gala jeudi 21 octobre 2021à l’occasion de la sortie de son livre Je voulais qu’elle se taise, Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval revient sur les trois mois qui ont précédé les aveux de son client, reconnu coupable d’avoir tué son épouse Alexia.

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L’affaire Daval a secoué la France entière. Il y a près de quatre ans, le 30 octobre 2017, le corps calciné d’Alexia Daval était retrouvé dans une forêt non loin de Gray en Haute-Saône. Alors que l’opinion publique croit au meurtre d’une joggeuse, une marche blanche est organisée le 5 novembre pour rendre hommage à la jeune femme à Gray. Son mari Jonathann Daval, en larmes, semble très proche de ses beaux-parents. Au bout de trois mois, le 30 janvier 2018, coup de théâtre : Jonathann Daval avoue avoir tué sa femme « par accident » mais nie avoir brûlé son cadavre. Il est mis en examen pour « meurtre sur conjoint » et est écroué. Puis, en juin 2018, le jeune homme revient sur ses déclarations et accuse son beau-frère, Grégory Gay, d’avoir étranglé l’employée de banque. Le 7 décembre 2018, il revient à sa première version. Jonathann Daval est condamné à 25 ans de prison le 21 novembre 2020. Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval, a publié un ouvrage intitulé Je voulais qu’elle se taise (Éd. Hugo Doc), co-écrit avec le journaliste Frédéric Gilbert. Un titre controversé, qui a vite suscité la polémique chez certaines militantes féministes, car justifiant le féminicide.

« Il avait parfaitement conscience de ce qu’il s’était passé, mais qu’il ne pouvait pas affronter la réalité »

À l’occasion de cette parution, le défenseur a accordé une longue interview à Gala, jeudi 21 octobre 2021. L’auteur du livre explique pourquoi, selon lui, son client a menti pendant trois mois au sujet de ce féminicide : « Je crois qu’il aimait sa place. Moi, je pense qu’il était sincère. Il voulait garder sa place parce qu’il adorait ses beaux-parents. Et pour lui, il était impossible de leur dire ‘c’est moi !’. Je pense qu’il avait parfaitement conscience de ce qu’il s’était passé, mais qu’il ne pouvait pas affronter la réalité. »

Ce retournement de situation a quelque peu perturbé Randall Schwerdorffer, comme il le confie auprès de nos confrères : « On a compris très, très vite que c’était Jonathann Daval qui était l’auteur du meurtre. Mais je n’ai ressenti aucune trahison. Je ne suis pas son curé, je ne suis pas sa mère, je ne suis pas son père. Je suis son avocat. Que quelqu’un ne me dise pas la vérité, ça fait partie de mon métier », déclare-t-il avant de poursuivre : « La seule chose qui a changé, c’est que j’allais défendre un coupable et pas quelqu’un accusé à tort. Donc la défense n’est plus la même. Je savais que ça allait être extrêmement compliqué parce que je n’avais pas perdu à l’esprit les trois mois qui s’étaient écoulés. J’avais à l’esprit l’enterrement, la marche blanche, les discours, le repas de Noël chez les beaux-parents… Je savais qu’on allait rentrer dans une période de fortes turbulences. »

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