Affaire Mila : "Je ne vois pas mon avenir", la jeune femme évoque son anxiété et sa déscolarisation

Une adolescente perdue et livrée à elle-même : voilà l’image que Mila a donné sur le plateau de C à vous mardi 15 juin 2021. Face à Anne-Elizabeth Lemoine, elle a expliqué son combat au quotidien pour tenter de retrouver une vie normale…

  • Anne-Elisabeth Lemoine

Mila, jeune femme de 17 ans devenue la figure du cyber harcèlement après des critiques sur l’islam diffusé sur les réseaux sociaux, témoigne de son quotidien sous protection dans son livre Je suis le prix de votre liberté (ed. Grasset) qui sort le 16 juin 2021. Un livre qui porte un ton très grave dès les premières pages : “Quand vous lirez ces lignes, j’ignore si je serai encore vivante“, commence ainsi Mila. Mais l’écriture de cet ouvrage a beaucoup aidé la jeune femme : elle a ainsi pu se libérer de certains poids et poser des mots sur sa situation. “Malgré moi, je porte sur mes épaules le combat qu’un pays entier devrait mener : celui de la liberté d’expression. Devoir supporter un tel poids à mon âge, c’est révoltant. Je suis abandonnée par une nation fragile et lâche“, écrit-elle. Ainsi, la jeune femme s’est livrée sur son quotidien très compliqué sur le plateau de C à vous mardi 15 juin 2021 : “J’ai l’impression d’être une bête de foire, partout où je vais“. Heureusement, jusqu’à présent, elle n’a “encore subi aucune agression dans la rue“. Et elle l’affirme haut et fort aujourd’hui : elle n’a plus peur. “Si je pouvais sortir sans protection, je le ferais. J’ai appris à ne plus avoir peur.” Mais au-delà de ce quotidien pesant, c’est l’avenir qui inquiète le plus Mila. Elle a l’impression de n’en avoir aucun…

“Mon avenir est fermé”

En effet, Mila ne peut plus étudier dans aucun établissement, car elle se fait menacer par les élèves, et est donc déscolarisée. “Étant donné que, au niveau scolaire, tellement de portes me sont fermées… À un moment donné, on peut prendre du retard, mais prendre du retard à ce point, ce n’est pas possible à rattraper, il faut être réaliste“, assure la jeune femme qui a aujourd’hui 17 ans et devrait être en train de préparer son bac. “En fait, ce qu’il me fait paniquer, c’est que je ne vois plus mon avenir. Même les petits boulots ! Moi, j’ai toujours rêvé de faire des petits boulots mêmes ‘de merde’, quand on est étudiant, c’est sympa, c’est de l’expérience ! Travailler, en tant que serveuse, vendeuse, même chez McDo… Et puis je suis très à l’aise avec les gens à la base, j’ai toujours voulu travailler avec de la clientèle“, ajoute Mila. Mais aujourd’hui, toujours harcelée et menacée, elle ne va plus vers les gens, et est touchée par l’anxiété. Elle s’est vue changer, et cela l’effraie tout autant que d’avoir l’impression que son avenir ne se résume à rien : “Ce sont des portes qui se sont fermées. Et niveau scolaire, c’est fermé aussi“, se désole Mila.

Source: Lire L’Article Complet