Aurora, la pop divine qui réchauffe l’ame

Aurora a la voix rieuse d’une fée de dessin animé. On peut d’ailleurs l’entendre chanter dans La reine des neiges 2, mais la comparaison avec l’univers aseptisé de Disney s’arrête ici.

La Norvégienne de 25 ans a grandi près de Bergen et connu un succès rapide dès la sortie du lycée, en 2016, avec son album All My Demons Greeting Me as a Friend.

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« Le plein de magie et d’art »

De son adolescence, elle a gardé les mêmes obsessions musicales : Enya, Leonard Cohen et les Chemical Brothers, qu’on imaginerait mal à la même table mais qui cultivaient cet art du clair-obscur qu’elle pratique aussi : « Les réécouter me permet de réunifier mon présent et mon passé », explique-t-elle.

Son nouvel album a été enregistré dans un château norvégien : « Il existe une pièce avec des centaines de micros au plafond, il était donc possible de jouer avec cette acoustique et cette technologie. J’ai pu y faire faire le plein de magie et d’art. »

La chanteuse Pomme vient poser sa voix sur l’album, bien qu’elles ne se soient jamais rencontrées, pour honorer l’histoire française du lieu. Un nouvel opus qui remplit très bien l’une des missions de la pop, celle qui permet à chacun·e de se sentir accepté·e en se raccrochant à un refrain.

« On peut être juste humain mais être divin. Je suis très préoccupée en ce moment par la notion de honte, qui affecte beau-coup de gens », confie-t-elle. Son nouveau titre, Cure For Me, critique les thérapies de conversion pour les personnes gay ou trans, toujours autorisées en Norvège et en cours d’interdiction en France.

« Je vois beaucoup de beauté dans les religions mais elles ont aussi leur force obscure quand elles sont entre de mauvaises mains. On devrait apprendre à idolâtrer ce qui n’est pas inatteignable ni complètement parfait et reconnaître la beauté de l’humanité, en nous et dans les autres », conclut-elle.

Celle d’Aurora mérite aussi d’être reconnue, offerte sur un album sans lissage ni éclairages superficiels, avec un son détaillé dans la veine de Billie Eilish.

(*) The Gods We Can Touch (Decca Records). Sortie le 7 janvier.

Ce papier a été initialement publié dans le numéro 833 de Marie Claire, daté février 2022.

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