Catherine Hiegel jamais mariée : "J’ai vécu dans le pêché toute ma vie"

Catherine Hiegel est une figure emblématique du théâtre français, ex-doyenne de la Comédie française connue pour son franc-parler. La comédienne n’a pas dérogé à la règle lors de l’interview qu’elle a accordée à “L’Obs”, pour le numéro du 23 juillet 2020. Elle y évoque sa vie d’artiste, faite de succès et de déconvenues, mais aussi sa vie personnelle.

Catherine Hiegel est de ces femmes dont on se souvient lorsqu’on la voit au théâtre ou au cinéma. Pas seulement parce qu’elle a un physique particulier ou une voix rauque due à plus de cinquante années de tabagisme, mais parce qu’elle en impose par son talent. Elle a reçu le Molière de la meilleure comédienne pour La Mère en 2011.

Si la comédienne de 73 ans est aujourd’hui encore largement plébiscitée – elle sera de retour (si tout va bien) sur les planches en septembre avec Avant la retraite -, elle n’a pas toujours fait l’unanimité. Devenue doyenne de la Comédie-Française en 2008 à la mort de Christine Fersen, après y avoir passé de longues années, Catherine Hiegel a été mise à le retraite en décembre 2009. Un souvenir qui fait encore très mal, comme elle l’a confié à L’Obs, dans le numéro du 23 juillet 2020. “C’est douloureux comme de retourner dans une maison d’enfance et d’y retrouver ses odeurs familières. J’ai ressenti ma mise à la retraite comme une injustice, la blessure demeure. Quand je traverse le jardin du Palais-Royal, je ne peux pas m’empêcher de regarder la fenêtre de mon ancienne loge. Ça ne s’efface pas comme ça, quarante de vie, et je n’ai pas envie de les effacer“, explique-t-elle. La chance de Catherine Hiegel a été de retrouver très rapidement du travail, – géniale dans le rôle de la mère de Pierre Palmade dans Le Lien de François Bégaudeau- dans ce métier qui lui a parfois valu des critiques vives et déplacées.

La comédienne se souvient du jour où un critique du Monde l’a trouvée “trop laide pour séduire un homme comme Jean-Luc Boutté“. Tous deux se sont donné au début des années 1980 la réplique dans La Locandiera, également connue sous le titre La Belle Aubergiste en français, de Goldoni. Longtemps cantonnée à des rôles de soubrettes dans des oeuvres de Molière, Catherine Hiegel changeait enfin de registre.

Le mariage ? “Qu’est-ce que ça m’aurait apporté ?”

Côté vie sentimentale, celle que l’on a aussi vue dans des films comme La vie est un long fleuve tranquille (où elle incarne le rôle de l’infirmière vengeresse Josette) ou Gazon maudit, confie avoir eu plusieurs hommes, mais jamais elle n’a voulu se marier. “J’ai aimé des hommes, vécu plusieurs années avec certains, on m’a demandée en mariage, mais qu’est-ce que ça m’aurait apporté ?, demande-t-elle. J’ai vécu dans le péché toute ma vie et ça ne m’empêche pas d’être mère et grand-mère.Parmi les hommes de sa vie, Richard Berry avec qui elle a eu sa fille, Coline, 44 ans.

À l’aise avec les années qui défilent et qui laissent quelques marques, Catherine Hiegel dit n’avoir jamais rien retouché, moins soumise au diktat de la beauté que les actrices de cinéma : “Je n’ai touché à rien, comme vous pouvez le voir. Ce sont surtout les actrices de cinéma qui tirent sur l’élastique. Elles n’ont pas le choix. (…) Je n’ai pas eu d’emploi de séductrice. Cette fois, j’en tire avantage.

L’intégralité de l’interview de Catherine Hiegel est à découvrir en intégralité dans le numéro du 23 juillet 2020 de L’Obs.

Source: Lire L’Article Complet