Ces femmes sont devenues enseignantes sur le tard

Parce qu’elles cherchaient un métier avec davantage de sens, ces femmes se sont reconverties dans ‘enseignement. Une nouvelle vie professionnelle qui les comble !

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En France, la reconversion a la côte : dans un contexte de crise sanitaire qui s’éternise, 1 actif sur 5 a amorcé un questionnement sur le plan professionnel*. La Covid-19 et les différents confinements ont provoqué une prise de recul, qui a mis en évidence une envie de changement, un souhait de trouver plus de sens dans le travail. Quitte à voir leur salaire baisser, certains choisissent d’intégrer l’Education Nationale afin d’exercer un métier utile, concret, humain. Aujourd’hui, un nouveau professeur sur dix possède une expérience professionnelle hors enseignement**. Pour l’Education Nationale, dont les concours ne font pas le plein, l’arrivée de candidats motivés, forts d’une première vie professionnelle, est une aubaine.* Sondage BVA Les Actifs et la reconversion professionnelle, juin 2021; ** Source : Ministère de l’Education Nationale

« Allumer des étincelles dans les yeux des élèves »: Nicole, 59 ans, prof de lettres modernes et anciennes

Avocate durant 20 ans dans mon propre cabinet, mon activité était florissante. J’ai suivi mon mari en Asie et arrêté de travailler pour m’occuper des enfants. A notre retour, dix ans plus tard, nous avons divorcé. A 50 ans, j’ai dû me reconstruire. J’ai suivi une formation de médiatrice en gestion de conflits. La souffrance des enfants m’a beaucoup touchée. J’ai donc décidé d’entamer une nouvelle reconversion, pour devenir prof. Ma première expérience dans un collège difficile a été rude, j’ai failli renoncer. Un an après, j’ai rejoint un établissement privé où je me sens bien. J’aime transmettre ma passion pour la littérature et allumer des étincelles dans les yeux des élèves. Même si mon salaire est trois fois moins élevé, je n’ai jamais été aussi heureuse professionnellement !

« Je me sens vraiment à ma place »: Paola, 28 ans, prof de lettres

Après des études en communication, j’ai travaillé pendant quatre ans dans des associations défendant le droit des femmes. Mais rester enfermée dans un bureau ne me convenait pas. Assistante de français dans une université américaine lors de mes études, j’ai pensé à devenir prof. Grâce à l’association le Choix de l’école* qui aide les jeunes actifs à se reconvertir dans l’enseignement, j’ai suivi une formation. Pendant un an, avant le CAPES, j’ai été contractuelle dans un collège d’éducation prioritaire dans le 93. Ce fut une une révélation. Les élèves sont passionnants. Certains n’ont pas les codes scolaires et c’est un défi de les embarquer dans nos cours. J’apprécie aussi l’autonomie, le rythme intense et varié, l’ambiance avec mes collègues. Je me sens utile, vraiment à ma place. * lechoixdelecole.org

« J’ai toujours aimé la transmission et les échanges »: Virginie, 39 ans, professeur des écoles en CM1-CM2

Jusqu’en 2012, j’étais guide interprète et hôtesse d’accueil dans un office de tourisme. Passionnée par l’histoire et l’art, mon métier me faisait vibrer. Mais ma situation était précaire et les horaires très contraignants. Lorsque mon mari a été muté, je me suis retrouvée sans travail, enceinte de notre troisième enfant. J’ai décidé de mettre ce temps à profit pour préparer le concours de professeur des écoles. J’ai toujours aimé la transmission et les échanges. En 2013, j’ai commencé les remplacements. Depuis, je m’occupe de classes de CM1-CM2. Les enfants sont spontanés, curieux, vifs. J’adore trouver des outils pour animer mes leçons, mettre en place des projets autour de l’art. C’est beaucoup de travail et j’ai du mal à décrocher !

« Besoin de vibrer au quotidien »: Julie, 35 ans, professeur d’anglais

Au collège, je me destinais à devenir professeur d’anglais. Puis, au fil de mes études, je me suis orientée vers un métier qui utilise les langues étrangères. J’ai travaillé six ans pour de grandes entreprises au Luxembourg, à Barcelone et à Londres. Mais j’en ai eu assez de passer mes journées derrière un ordinateur. J’avais besoin de vibrer au quotidien. Lors d’un voyage en Indonésie, j’ai donné des cours d’anglais dans une petite école. Le contact avec les enfants m’a enchanté. A mon retour, j’ai commencé à enseigner comme prof d’anglais contractuelle, dans les quartiers Nord de Marseille. La vie en classe est pleine d’imprévus, de surprises et de petites victoires. C’est un métier profondément humain et nous vivons de belles choses avec les élèves. Au printemps 2021, j’ai obtenu mon CAPES et je ne regrette pas mon choix.

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