Cette phrase terrible que le père de Fabrice Luchini lui répétait souvent

Le comédien Fabrice Luchini évoque dans le livre Reste à ta place (Albin Michel) ses débuts dans un salon de coiffure et le souvenir brûlant de certaines scènes et de cette formule très dure de son père.

Fabrice Luchini a arrêté les études à 13 ans, et quitté Montmartre pour rejoindre un salon de coiffure des beaux quartiers parisiens. Il s’est alors appliqué à oublier la phrase terrible que lui répétait son père : « Fabrice, la vie est une tartine de merde dont on croque un bout tous les jours ». Il raconte dans le livre Reste à ta place (Albin Michel) de Sébastien le Fol ses débuts : « j’ai découvert une caricature de ce qu’on appelle la droite : une droite matérialiste, pas tellement intellectuelle, très campée sur ses positions et son arrogance de classe. Mais sa logique paternaliste l’empêche de mépriser le petit personnel dont je faisais partie », se souvient-il dans cet ouvrage. Le jeune homme a vite décidé de se forger sa propre culture en dévorant et assimilant les grands textes, qu’il connaît mieux qu’un prof agrégé. « Quelques années plus tard, les dames que j’avais coiffées sont venues me voir jouer au théâtre. Elles étaient plus embarrassées que moi », s’amuse-t-il. Pour surmonter une humiliation rien de mieux que de cultiver la niaque du revanchard et de s’armer… d’humour.

Etat d’intranquillité

Certaines humiliations ne seront cependant jamais oubliées comme le démontrent dans ce livre les témoignages d’Eric Dupond-Moretti ou de Nicolas Sarkozy, qui n’a pas digéré le procès fait à sa supposée inculture. « Le syndrome de l’imposteur n’est jamais loin chez les personnes qui ont connu l’humiliation, note Sébastien Le Fol. Elles sont souvent dans un état d’ intranquillité. Jamais au repos, elles se lancent des défis permanents ». « Leur symptôme est de prendre une revanche sur l’autre. Elles ne s’en remettront jamais complétement, conclue Laetitia Putigny-Ravet. L’important pour elle est de s’ancrer, éventuellement grâce à un travail d’analyse, et de réussir à s’appuyer sur cette faille. Pas pour changer d’identité mais pour faire entendre leur voix… de la place qui est la leur. »(…)

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Crédits photos : Eliot Blondet / Pool / Bestimage

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