Coluche président ? Ce jour où il a décidé d’abandonner : “Je joue plus à ce jeu de con”

En 1980, à un an du scrutin, Coluche se déclare candidat à l’élection présidentielle. La blague de l’humoriste devient peu à peu une affaire sérieuse. Mais elle a failli virer au drame, comme le raconte le journal L’Opinion.

Avant l’humoriste Volodymyr Zelensky président de l’Ukraine en 2019, il y aura eu, en France, l’humoriste Coluche candidat à l’élection présidentielle. L’affaire commence comme une blague, pour dénoncer les inégalités de la France de 1980 et l’inaction du pouvoir politique. Pourtant, en décembre, le Quotidien de Paris publie un sondage qui donne de 10% à 12,5% des voix à l’humoriste. L’affaire devient sérieuse, la classe politique se met en branle, et la candidature de Coluche manque de virer au drame.

François Mitterrand, qui sera finalement élu président de la République l’année suivante, veut convaincre Coluche qu’ils sont dans le même camp, contre Valéry Giscard d’Estaing, et qu’il doit donc se retirer de la course. Il envoie alors deux de ses proches, Gérard Colé et Jean Glavany, à la rencontre de l’humoriste. L’invitation va prendre une tournure tout à fait inattendue pour les deux émissaires de François Mitterrand.

Coluche menacé de mort

« Coluche nous a ouvert, l’air renfrogné, en peignoir de bain« , se souvient Jean Glavany dans les colonnes de L’Opinion. L’humoriste emmène ses deux visiteurs dans son bureau. Et leur montre un courrier glaçant qu’il a reçu quelques jours plus tôt. Dans l’enveloppe, une balle de revolver. Elle est accompagnée d’une lettre anonyme menaçante : « La prochaine, elle est pour toi.« 

L’humoriste laisse alors peu de doute à ses visiteurs sur la suite qu’il va donner à sa candidature. « Moi, je joue plus à ce jeu de con. J’arrête« , leur déclare-t-il. Coluche est ensuite placé sous protection policière. Son régisseur sera assassiné. Les menaces de mort se multiplient. Le 15 mars 1981, Coluche jette officiellement l’éponge. « Je préfère que ma candidature s’arrête là, parce qu’elle commence à me gonfler« , annonce-t-il à la presse. Au second tour, il appelle à voter pour François Mitterrand. Il décède dans un accident de moto en 1986.

Crédits photos : BERTRAND RINDOFF PETROFF / BESTIMAGE

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