Dans les archives de Match – Dans les coulisses du mariage de Charlène et Albert

Il y a dix ans, nos envoyées spéciales sur le Rocher dévoilaient les coulisses des noces de Charlène et Albert de Monaco… Avec Rétro Match, suivez l’actualité à travers les archives de Paris Match.

L’année 2011, jalonnée de bouleversements majeurs pour le monde, aura aussi été l’année… des princesses. Début juillet 2011, deux mois après les noces grandioses de Kate et William à Londres, le Gotha a cette fois rendez-vous sur le Rocher : Albert de Monaco épouse Charlene Wittstock. « Enfin ! », se réjouit Match : « Le long règne du prince célibataire s’est achevé ! »

Qu’il était attendu, ce mariage ! Depuis cinq ans exactement, et la première apparition de la jolie nageuse sud-africaine au bras du souverain monégasque, dans les tribunes du Stade olympique de Turin. Le chemin a été long, mais Charlène avait pour elle la plus belle qualité des athlètes : la persévérance.

À 53 ans, Albert a épousé Charlene, 33 ans, le 1er juillet devant la loi des Hommes, puis le lendemain, 2 juillet, devant celle de Dieu. Nos envoyées spéciales à Monaco, Ghislaine Ribeyre et Isabelle Léouffre, avaient dévoilé alors les coulisses des noces de Charlène et Albert…

Voici le reportage consacré aux coulisses du mariage de Charlène et Albert de Monaco, tel que publié dans Paris Match en 2011.

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Albert et Charlène, cérémonie royale

De nos envoyées spéciales Ghislaine Ribeyre, Isabelle Léouffre avec Caroline Tossan (Enquête Benjamin Locoge et Agathe Godard)

Enfin ! Le long règne du prince célibataire s’est achevé. Albert II, descendant d’une très ancienne lignée de souverains adoubés par Louis XIV, fidèle à l’esprit des pirates qui, les premiers, ont accosté sur le Rocher, a ramené du bout du monde sa princesse de Monaco. Et son peuple se réjouit. Dans cette principauté sans couronne, l’amour tient lieu de sacre. Celui de Rainier pour une star de cinéma avait fait la prospérité du plus petit des Etats. La beauté de Charlène, l’ancienne nageuse, annonce de nouveaux bonheurs. Décidément, au début du IIIe millénaire, la noblesse n’a plus rien d’héréditaire. Le passé appartient peut-être aux Grimaldi. Mais, bénie par cette pluie de roses, Charlène est leur avenir.

Pour affronter la pression qui entourait le « plus beau jour de sa vie », elle a utilisé une méthode de sportif de haut niveau : la visualisation mentale, se projeter dans les différentes étapes d’une compétition. Ça lui a réussi : pendant trois jours, elle n’a pas eu une seule faiblesse. Imperturbable. Presque trop : certains commençaient déjà à voir dans son sourire raisonnable quelque chose de résigné. Mais une larme, unique comme un joyau, a coulé sur sa joue. Au moment de déposer son bouquet de mariée dans la petite église d’un très ancien village. Et en fendant l’armure, elle a remporté sa plus belle victoire. Comme l’avait fait Grace Kelly avant elle, Charlène ne cherche plus à retenir son émotion. Vivats et applaudissements ont accueilli cette offrande à Sainte-Dévote : Charlene peut désormais s’écrire Charlène, à la française. En deux jours, elle a gagné un accent et le cœur d’un pays.

Samedi soir, 21 h 10. Le crépuscule tombe sur Monte-Carlo quand le couple princier sort de sa limousine. La foule l’acclame devant les terrasses de l’hôtel de Paris tandis que Charlène et Albert rejoignent d’un même pas tranquille les têtes couronnées d’Europe et les chefs d’Etat pour un court cocktail de bienvenue. Dans les cheveux de la princesse brille une tiare en diamants, cadeau de mariage de son époux. « Un jaillissement, une vague qui déferle, entourée d’écume », comme la décrit son créateur, Lorenz Bäumer, qui a conçu ce diadème moderne et raffiné, à l’image de la jeune femme. Ceux qui ont rencontré Charlène à l’occasion de la préparation de son mariage sont tombés sous son charme. « Pertinente, gentille, légère », elle a aussi surpris par sa force de caractère. « Il y a un décalage entre le personnage public, un peu en retrait, et la personne privée, qui sait exactement ce qu’elle veut, raconte Lorenz Bäumer. Elle a joué avec la parure en la faisant basculer de tous côtés autour de sa tête. Elle a ainsi décuplé les possibilités de ce bijou qui se transforme en broche ou en ornement pour cheveux. »

Malgré le protocole, Charlène a donc su imposer sa touche personnelle. « Je veux quelque chose de simple et de sobre, parce c’est de là que je viens », a-t-elle répété. Elle a suggéré de faire appel à la soliste Pumela Matshikiza pour un chant traditionnel sud-africain. C’est elle aussi qui a choisi de placer au sein des bouquets de la Cour d’honneur des protéas blanches, les fleurs de la région du Cap. Et elle est probablement la première princesse de l’Histoire à avoir imaginé elle-même sa tenue de mariage civil – avec un peu d’aide de Karl Lagerfeld et de deux couturières de la maison Chanel. Elle a imaginé un ensemble qui lui ressemble : moderne (un pantalon large et vaporeux), des lignes nettes, un bleu qui rappelle la couleur de ses yeux. Même la couleur de son rouge à lèvres a été créée spécialement…

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Bien sûr, les invités ont apprécié. Sur la terrasse transformée en jardin suspendu, ils ont eu l’impression de se retrouver au cœur du palais princier, qui domine la colline en face de l’Opéra. Les nappes anciennes et dépareillées (c’est plus chic) proviennent de la collection privée des Grimaldi, tout comme les poissons et les bateaux en argent qui ornent la table en T de 20 mètres de long – pour y recevoir 80 proches – présidée par les mariés. Partout, des candélabres diffusent une lumière intime, et nombreux sont ceux qui se sentent « comme à la maison ».

Place aux discours. Le père de Charlène se félicite de l’accueil réservé aux siens par les Monégasques. Chris Levine, le témoin d’Albert, souhaite « bienvenue dans la famille » à sa nouvelle parente, et Albert se lance dans une déclaration enflammée, en public et en anglais, à sa princesse : « J’ai attendu longtemps avant de trouver l’élue de mon cœur… » Quand, à minuit, la pièce montée arrive, Charlène et Albert retrouvent leur âme d’enfant, et se répètent : « Regarde ! Regarde ! » Au même instant, Umberto Tozzi chante « Ti Amo ». Puis, c’est « L’été indien » de Joe Dassin qui ouvre le feu d’artifice.

Malgré la présence du Gotha, le mariage a pris les allures d’une réunion de famille

Malgré la présence du gotha, Albert et Charlène ont réussi à faire de leur mariage une réunion de famille. Pour les Monégasques, observer Caroline et Stéphanie côte à côte, émues, souriantes, admirer leurs enfants, les voir poser ensemble, ça n’a pas de prix. Mais ils sont aussi curieux de faire la connaissance du clan de la mariée. Juste avant la cérémonie religieuse, Michael Wittstock a offert à sa fille une croix de saint Christophe, le saint patron des voyageurs. « Pour qu’elle ait de la chance dans son nouveau voyage», a-t-il confié au journal «Bild am Sonntag». Les Monégasques n’en finissent plus de noter les ressemblances entre Charlène et Lynette, sa mère. La famille Wittstock n’est pas tout à fait au complet : Sylvia, la grand-mère de Charlène, 91 ans, est immobilisée à Johannesburg par une fracture de la hanche. Mais la princesse sait qu’à des milliers de kilomètres, installée devant un écran géant, elle ne rate pas une seconde du mariage de sa petite-fille…

Les deux clans étant présents, encore fallait-il qu’ils se rencontrent. Vendredi, vers 18 h 30, après le mariage civil, les Grimaldi et les Wittstock se réunissent dans un coin de la place du Palais. Pierre Casiraghi plaisante avec Gareth et Sean, les frères de Charlène ; Chris Levine discute avec Alex Dellal, l’amoureux de Charlotte. Lynette Wittstock, émue, laisse échapper un « Oh My God ! » en s’asseyant à côté de Donatella Knecht de Massy, la témoin de Charlène, elle aussi d’origine sud-africaine. Caroline, qui passe de groupe en groupe, est particulièrement joyeuse.

Charlène fait également son entrée dans une autre famille : celle des Monégasques. Le couple a tenu à ce que la journée du vendredi soit uniquement consacrée aux sujets d’Albert. Pas de cantatrice célèbre, mais des chorales locales. Pas de dîner protocolaire, mais un immense buffet sur la place du Palais. Dans la salle du Trône, Philippe Narmino, président du Conseil d’Etat et officier d’état civil de la famille souveraine, accueille le couple et leur famille par un discours en français, en anglais… et en monégasque. Après la brève cérémonie (vingt minutes) et la traditionnelle apparition au balcon, Albert et Charlène se lancent dans un long bain de foule, en faisant le tour de la place du Palais. Chacun veut les féliciter, les embrasser, les toucher… et leur coller des enfants dans les bras, pour un baiser et une photo.

Mais il y a aussi les moments réservés aux intimes, des fêtes rien que pour eux. Avant le mariage civil, Charlène rassemble ses copines (dont la top model Karolina Kurkova et ses deux témoins, Donatella Knecht de Massy et Isabell Kristensen) dans une suite de l’hôtel Hermitage. Une coupe de champagne à la main, avec un disque de Coldplay en fond sonore, on discute coiffure et maquillage. Plus tard, juste avant la réception pour les résidents monégasques, sur le port, le couple princier a réussi à caser un cocktail pour ses amis à l’hôtel Hermitage. Dans la nuit, après le concert de Jean-Michel Jarre, direction le restaurant Le Fusion, pour une « after ». Charlène s’éclipse la première, mais Albert reste avec ses amis jusqu’à 1 h 45… Ce n’est plus un mariage, mais un marathon de célébrations.

Charlène: «Les photos d’Albert et moi en train de nous marier vont parler plus fort que des ragots sans fondements»

Pendant ce temps, les invités VIP arrivent en flux continu. Pour ses hôtes de marque, la petite principauté a vu les choses en grand : accueil personnalisé à l’aéroport, suite à l’hôtel de Paris ou à l’Hermitage, coiffeur et maquilleur à disposition, organisation millimétrée. Certaines invitées ont apporté des ribambelles de malles. Pas Inès de la Fressange et ses filles : 60 kilos de bagages à elles trois. En vraie Parisienne, Inès joue avec le dress-code : des bijoux, certes, mais alors des manchettes achetées en Inde pour l’équivalent de 4 euros. Et des ballerines à la place des talons aiguilles.

Dimanche, à 1 heure du matin, Charlène peut ouvrir le bal au bras de son mari, sous les dorures de l’Opéra Garnier. Elle a gagné son conte de fées. Et elle espère avoir fait taire les méchantes rumeurs qui ont empoisonné les jours précédant ses noces. Deux heures avant son mariage civil, elle s’était confiée à son amie Natalie Livingstone, journaliste pour le « Vogue » américain. Des « mensonges de bout en bout », voire une « tentative de sabotage », dit-elle des bruits qui courent : « Je ne veux même pas y répondre, sauf pour dire que les photos d’Albert et moi, amoureux, en train de nous marier, vont parler beaucoup plus fort que des ragots et des rumeurs sans fondement. » Une calomnie qui, loin de l’abattre, l’a rendue plus forte : « Albert et moi affronterons les problèmes ensemble, main dans la main. »

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