Découvrez un extrait de "La Chasse", le nouveau thriller de Bernard Minier

Bernard Minier compte parmi les dix auteurs les plus lus en France. Femme Actuelle vous fait découvrir un extrait de son nouveau thriller, La Chasse, paru aux éditions XO (480 p., 21,90€).

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S’il n’était pas si modeste, Bernard Minier pourrait se vanter de compter parmi les dix auteurs les plus lus (et donc les plus vendus !) en France en 2020. Il vient d’entrer dans ce classement ô combien convoité (le top 10 des romanciers francophones, publié par le Figaro dans son édition du jeudi 21 janvier le selon les chiffres de GfK.) Vous avez sans doute lu l’un de ses thrillers, Glacé, son premier roman, Une Putain d’HIstoire ou encore La Vallée. Mais connaissez-vous l’homme qui se cache derrière le romancier? (Pour découvrir les cinq choses à savoir absolument sur lui, cliquez ici).

Et si vous n’avez pas encore dévorer La Chasse, son neuvième et dernier roman, alors découvrez en l’extrait que Femme Actuelle vous propose de découvrir ci-dessous. Bonne lecture!

“PLEINE LUNE. Comme dans ces films de série Z qu’il affectionnait.Des histoires avec des zombies ou des vampires. Pas de vampires ici. Ni de zombies. Mais bien pire. C’était derrière lui: pas loin. Quelque part dans la forêt. Il respirait mal sous ce truc en peau.

Il avait eu le temps d’entrevoir leurs visages, après qu’on l’eut sorti du coffre de la voiture, clignant des yeux, aveuglé par l’incendie des torches et des phares. Une fraction de seconde,

pas plus. Suffisamment pour lui permettre de comprendre. Une lueur dans leurs regards lui avait dit que ce n’était pas un jeu. Ou que, si c’en était un, c’était un jeu… mortel.

Ils l’avaient laissé prendre un peu d’avance. L’obscurité peuplait la forêt. Il s’était dit qu’il avait une chance. Tu parles. Où il se trouvait, il n’en avait pas la moindre idée. On l’avait gardé. prisonnier dans un endroit qui puait le crottin, les bêtes, le cuir, où tintaient des objets métalliques derrière une porte, où il entendait les hennissements des chevaux et le choc mat des sabots frappant le sol. Il ne connaissait ce bruit que par la télé. Il n’avait jamais vu un cheval de sa vie.

Puis on l’avait enfermé. dans le coffre d’une voiture grand modèle, qui sentait le neuf. Et on avait roulé, peut-être une heure, peut-être deux. Avant de le libérer au milieu de la forêt.

La forêt recouvrait les collines, la nuit recouvrait la forêt, la peur recouvrait ses pensées. Sa peur avait un son – celui de sa propre respiration terrorisée et de son coeur qui battait –, elle avait une odeur – celle de sa transpiration et de cette chose puante sur sa tête –, elle avait une couleur : noir, noir de la forêt, noir de l’âme de ces hommes, noir de sa propre peau.

Courir… Sauter, grimper, tomber, repartir…

A bout de souffle, accrochant des branches au passage, franchissant des ruisseaux qui murmuraient sous les feuilles, trébuchant dans l’obscurité. sur une racine ou un rocher. Il ne s’était pas encore tordu une cheville, mais ça n’allait pas tarder. Le truc qu’on lui avait mis sur la tête l’asphyxiait et il n’était pas parvenu à le retirer à cause de la courroie serrée sous son menton. Il n’y avait même pas d’orifice pour la bouche. Et ça chlinguait le fauve, le vomi, là-dessous. Il clignait des yeux à cause des gouttes de sueur qui lui brûlaient la cornée. Il avait les jambes de plus en plus lourdes et un point de côté: une douleur qui lui comprimait les organes juste sous les côtes. Il n’était pas habitué à courir. Encore moins en pleine forêt. Lui qui ne connaissait que sa cité, ses cages d’escalier, ses coursives et ses points de deal. Il suait comme un porc. Pourtant, il était nu. Ses testicules ballottaient entre ses cuisses pendant qu’il courait de plus en plus maladroitement, ses pieds et ses genoux meurtris par les cailloux. Il aurait dû avoir froid, par cette nuit glaciale de la fin octobre. Mais la course et la trouille lui faisaient bouillir le sang, tandis que des panaches de buée s’élevaient autour du machin passé sur sa tête, dans la clarté cendrée de la lune.

Soudain, il découvrit au-dessus de lui, par les trous de la chose en peau, entre deux murailles d’arbres hautes et noires, une grande lueur éblouissante, une sphère de lumière vaporeuse qui éclatait dans le ciel nocturne, tel un puissant projecteur. Un halo iridescent pour le guider. Il reprit espoir. Un espoir insensé .. Il y avait quelqu’un, une maison… du secours…”

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