Emmanuel Macron « de mauvaise foi » ? Les ministres n’en reviennent pas…

La question brûlante des retraites fait son retour dans l’agenda d’Emmanuel Macron, alors que le chef de l’État rencontre ce mardi 6 juillet les partenaires sociaux à l’Élysée. Dans son entourage, ses proches s’agacent de l’indécision du président sur ce dossier épineux, dévoile Le Monde ce lundi 5 juillet.

La réforme des retraites, les syndicats n’en veulent pas avant la prochaine présidentielle. Mais quand Emmanuel Macron se lancera-t-il dans ce dossier explosif ? Suspendu à cause de la crise sanitaire, ce vaste chantier devait être abordé ce mardi 6 juillet, à l’occasion d’une rencontre entre le président et les partenaires sociaux, à l’Élysée. Le chef de l’État aurait décidé de relancer le débat à la rentrée, avant le scrutin. Principale mesure : un passage de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, ses proches ont pointé sa “mauvaise foi” sur ce sujet, selon les termes d’un cadre de la Macronie auprès du Monde, ce lundi 5 juillet.

Comme le relate le journal, le sujet des retraites s’est invité au menu du conseil des ministres du 9 juin, moins d’une semaine après le déplacement d’Emmanuel Macron dans le Lot. “Je ne comprends pas pourquoi ce sujet revient, il faut apaiser la société”, avait alors déclaré le chef de l’État, face aux mines médusées des membres du gouvernement présents. Ni une ni deux, il a immédiatement retourné sa veste, en s’exclamant : “La question n’est pas de savoir si nous ferons cette réforme mais quand”. D’après Le Parisien, le locataire de l’Élysée devrait s’exprimer lors de son allocution du 14 juillet. Début juin, Emmanuel Macron avait ouvert la porte à de nouvelles mesures “dans les mois qui viennent”.

Une prise de risque avant la présidentielle

Cette réforme divise au sein même de la majorité, tant ce chantier avait provoqué un très vif mouvement de contestation dans le pays, fin 2019. Pour Bruno Le Maire, il ne faut pas “perdre de temps”. “On peut faire sereinement une réforme des retraites, sans brutalité”, a fait savoir le ministre de l’Économie sur l’antenne de LCI. La prudence est plutôt de rigueur du côté de Richard Ferrand. “Engageons-nous à ce que ce soit notre première réforme du second quinquennat d’Emmanuel Macron”, a déclaré le président de l’Assemblée nationale dans les colonnes du Journal du dimanche.

Battu aux régionales, Emmanuel Macron affronte la campagne présidentielle sans réel ancrage local. La réélection aisée des présidents sortants, à commencer par Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Valérie Pécresse (Île-de-France), a infligé un camouflet aux ministres engagés dans la course. Cette réforme des retraites, décriée par les partenaires sociaux et le patronat, est une prise de risque à moins d’un an de la présidentielle.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias.

Crédits photos : Romain Gaillard / Pool / Bestimage

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