Gianrico Carofiglio : "Exercer la gentillesse requiert du courage"

Ex-magistrat antimafia, homme politique et expert en arts martiaux, l’écrivain italien publie un essai antitension et antimorosité.

Pendant vingt-sept ans, Gianrico Carofiglio a été magistrat, spécialisé dans les affaires de crime organisé. Ce travail l’a fait réfléchir à la manière de désarmer la haine et de résoudre les conflits. Cette ceinture noire 6e dan de karaté s’inspire du jujitsu, l’art de la non-résistance, qui utilise la force de l’adversaire pour le vaincre. Selon cet auteur, la gentillesse est une véritable arme.

Comment définiriez-vous la gentillesse  ?
Il faut d’abord distinguer la gentillesse de la tolérance. La tolérance présuppose la réciprocité. Les membres d’une société tolérante sont liés par un contrat implicite qui les engage à être en désaccord. Quand un membre ou un groupe de la société cesse de respecter les gens différents de lui, la réciprocité n’a plus cours. Mais on peut traiter ce groupe avec gentillesse, sans aucune tolérance pour son idéologie. L’exercice de la gentillesse requiert du courage. La gentillesse authentique se manifeste quand, pour la pratiquer, nous devons surmonter la peur, la colère, parfois le désespoir.

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Qu’est-ce que cela implique  ?
La gentillesse requiert de se placer dans un état d’attention vigilante vis-à-vis des autres. C’est une aptitude morale, une disposition à l’égard de son prochain. Faire preuve de gentillesse alliée au courage – ces deux qualités sont inséparables – signifie assumer les responsabilités de nos actions et de notre être au monde.

Vous faites également de l’humour une arme. Expliquez-nous…
Il faut distinguer l’humour du sarcasme, qui est destructeur. C’est un outil très puissant pour démystifier les mensonges et comprendre le monde. C’est comme un tour de magie : un simple mot d’esprit révèle une vérité.

De la gentillesse et du courage, de Gianrico Carofiglio, Éditions Les Arènes, 144 pages, 12 €.

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