INTERVIEW – Bénabar : « J’ai découvert qu’on pouvait se dévoiler sans être impudique »

Ce vendredi 17 décembre, Bénabar fait partie des invités d’un nouveau numéro de La boîte à secrets sur France 3. En parallèle, le chanteur vient de sortir un nouvel album intitulé On lâche pas l’affaire. Pour l’occasion, il a accepté de se confier à Gala.fr.

À travers son nouvel album, On lâche pas l’affaire, Bénabar s’est dévoilé sous un nouveau jour à son public. S’il a souvent usé de pirouettes pour parler de ses sentiments, le chanteur a cette fois décidé de parler frontalement de sujets qui le touchent. D’amour notamment, mais pas seulement. À l’occasion de la sortie de cet opus, dévoilé quelques mois seulement après Indocile Heureux, et de son passage dans La boîte à secrets ce vendredi 17 décembre, l’interprète de L’effet papillon a accepté de répondre aux questions de Gala.fr.

Gala.fr : Ce vendredi 17 décembre, vous faites partie des invités de La boîte à secrets. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette soirée ?

Bénabar : Étant pudique, j’étais un peu réservé à l’idée de participer à cette émission. Mais c’était très émouvant. Il y a quelque chose de très amical et joyeux qui s’est dégagé sur le plateau. Et puis, je trouve que c’est intéressant de réunir trois univers différents, avec Hélène Ségara, Chantal Goya et moi. Personnellement, j’aime bien ce genre de mélange.

Gala.fr : Est-ce que vous avez versé quelques larmes durant le tournage, comme c’est souvent le cas pour les invités de cette émission ?

Bénabar : Alors je n’ai pas versé de larmes, parce que je suis un homme viril (il rit). Mais je dois dire que j’ai été touché. C’était vraiment touchant d’avoir sa famille, ses amis. Et puis, il y a une surprise à la fin qui m’a quand même pas mal ému…

Gala.fr : Thomas Pesquet vous a adressé un joli clin d’œil depuis la station spatiale internationale !

Bénabar : Oui, il m’a fait l’amitié de me faire un petit coucou quand il était encore dans la station. Vous verrez, c’est assez croustillant comme passage. Il commence en disant : ‘Salut Bruno, c’est Thomas. Écoute, je suis désolé, je n’ai pas pu venir aujourd’hui, j’avais un déplacement professionnel’…

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Gala.fr : Vous avez aussi une autre actualité, votre nouvel album On lâche pas l’affaire, dévoilé quelques mois après Indocile heureux. En sortir deux en moins d’un an, ce n’est pas courant. Pourquoi ce choix ?

Bénabar : Comme je ne tournais pas après Indocile heureux, ce qui aurait été le cas en temps normal, j’ai connu cette période de vide que j’ai rempli créativement. Je crois qu’il y a des moments où on a encore des choses à dire. J’étais sur une certaine lancée et ça m’a permis de refaire un album. Personnellement, la crise sanitaire m’a plus apporté que retiré, je dis ça avec beaucoup de réserve parce que je sais que ça a été dur pour plein de gens. Comme le titre de l’album, j’avais envie de ne pas me laisser aller, d’aller de l’avant et de communiquer ça aux gens.

Gala.fr : Au sujet du titre de l’album justement, est-ce qu’il correspond à votre caractère dans la vie ?

Bénabar : Dans la vie, c’est vrai que je suis plutôt persévérant. Et puis comme je fais partie de ceux qui sont facilement déprimés, je suis un peu conditionné depuis longtemps pour essayer de me pousser et de ne pas me laisser aller. C’est dans ma nature.

Gala.fr : Dans votre album, figure la chanson Monogame, dans laquelle vous dites : « je suis devenu monogame, parce que tu es toutes les femmes ». Ça a dû plaire à votre femme Stéphanie !

Bénabar : Oui je crois… Moi je n’aurais jamais écrit une bêtise pareil (il rit), c’est pour ça que j’ai repris les mots de Pierre-Yves Lebert. On a beaucoup travaillé sur la chanson, j’ai donné des directions de texte, mais c’est vraiment lui qui a écrit. Moi je pense que je n’aurais pas osé faire quelque chose d’aussi direct.

Gala.fr : Il y a d’ailleurs plusieurs titres très « premier degré ». C’est d’ailleurs peut-être ce qui rend cet album aussi personnel ?

Bénabar : Sans doute. En tout cas, ça a créé un petit déblocage chez moi. J’avais un peu cette trouille d’être impudique ou trop dans le premier degré. Quand je parlais de sentiments, amour ou autre, j’avais toujours un peu tendance à utiliser des pirouettes et à détourner les choses. Y aller frontalement, ça m’a aidé dans l’interprétation. En fait, j’ai découvert qu’on pouvait se dévoiler sans être impudique de façon dérangeante.

Gala.fr : Il paraît que votre femme n’est pas impressionnée par votre métier. Ça vous permet de garder les pieds sur terre ?

Bénabar : Oui, il y a ma femme et puis les copains, je continue à avoir les mêmes depuis le lycée. Et puis je crois que c’est une nature. Moi je suis comme je suis, je ne suis pas sensible aux lunettes de soleil en boîte de nuit, les cocktails au Festival de Cannes ne m’intéressent pas…

Gala.fr : Il y a aussi la chanson Pétersbourg, où vous vous êtes rendus pour votre voyage de noces. Là encore, c’était un autre hommage à votre épouse ou vous aviez simplement envie de chanter votre amour à cette ville ?

Bénabar : J’avais envie de chanter cette ville qui m’a toujours ému. C’était un rêve d’y aller, pour le côté romantique, mais aussi très littéraire. Il y a aussi le jeu de mots qui me semblait efficace, ‘Pétersbourg parce que je ne suis pas un saint’. Moi je crois aussi au fait qu’on n’est pas des saints. Je trouve qu’il y a une façon de condamner un peu rapidement tout le monde, notamment sur les réseaux sociaux. Il faut aussi se regarder soi-même. On a le droit de faire des erreurs, des fautes, c’est important de le savoir.

Gala.fr : Et puis, il y a ce duo avec Renaud, Chez les Corses. Il paraît que c’est votre femme qui vous a soufflé l’idée ? Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la genèse de ce projet ?

Bénabar : Le concept à la base, c’était sur le modèle de ‘Jef t’es pas tout seul’ (chanson de Jacques Brel, ndlr), c’est-à-dire que je parlais à un copain déprimé, je lui disais ‘allez ça va aller mieux, viens on va manger chez les Corses’. Quand j’ai commencé à travailler, ma femme Stéphanie m’a dit que ça pourrait être un duo. C’était resté dans un coin de ma tête. Une fois en studio, on m’a redit la même chose. Après, j’ai eu l’idée d’un mec déprimé qui va voir quelqu’un d’encore plus déprimé et là on a tout de suite pensé à Renaud. Bertrand Lamblot, le directeur artistique de l’album, a dit : ‘Bon, qui l’appelle ?’ On savait tous de qui on parlait !

Gala.fr : Est-ce qu’une tournée est prévue ?

Bénabar : On projette de partir en février 2022, si tout va bien. J’essaie d’être philosophe. J’ai quand même assez bon espoir, ce qui n’est pas forcément mon genre car je ne suis pas le plus optimiste des hommes, mais là je le sens bien. On va faire un mélange de ces deux derniers albums, avec des anciens titres aussi. Pour moi, la scène, c’est vraiment un best of, indépendamment des albums.

Crédits photos : JULOT BANDIT

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