INTERVIEW – Dr Gérald Kierzek : « Il faut supprimer le pass sanitaire »

Gérald Kierzek a souvent été invité à commenter la crise sanitaire sur les plateaux télévisés. Le médecin urgentiste au planning chargé entre ses patients et ses interventions médiatiques a accepté de répondre aux questions de Gala.fr.

Gérald Kierzek est un médecin urgentiste dont la présence dans les médias s’est accentuée depuis le début de la crise sanitaire, en mars 2020. Visage connu des téléspectateurs puisqu’il intervient souvent sur TF1 et LCI, Gérald Kierzek est également directeur médical de Doctissimo. Alors que la rentrée scolaire arrive et que la France vient de traverser sa 4e vague du coronavirus, il a accepté de répondre à nos questions.

Gala.fr : Vous êtes médecin urgentiste. Votre quotidien doit être compliqué depuis près de deux ans, alors, comment allez-vous ?
Gérald Kierzek
: Mais très bien ! Un peu lassé par ces 20 mois de crise. J’essaie de pondérer mon discours, même si ça passe mal… Je trouve qu’on est dans l’hystérie, et que de la bienveillance ferait du bien. Revenons au basique : soignons les malades. J’ai mal à ma médecine.

Gala.fr : Qu’en disent vos confrères ?
Gérald Kierzek : Ils disent que leurs patients n’y comprennent plus rien car ils entendent tout et son contraire à la télé. Il y a une crise de confiance envers les médecins, et je le vois. Le médecin était celui qui avait raison, maintenant on voit que la médecine n’est pas une science exacte, que les médecins se tapent dessus à la télé, que les situations peuvent évoluer… On me dit que je suis rassuriste, mais non, je suis dans le pragmatisme, tout en respectant le code de déontologie.

Gala.fr : Ne faut-il pas mettre en cause le gouvernement, qui a parfois voulu être médecin à la place des médecins ?
Gérald Kierzek : En mars 2020, le politique s’en remettait au scientifique. Seconde étape, le politique comprend que le virus ne va pas tuer toute la population et il veut s’affranchir des médecins. Ca a peut-être été maladroit après avoir déclaré “Nous sommes en guerre“. Après ça, c’est compliqué de reprendre la main. Rappelez-vous, Emmanuel Macron avait été qualifié d’épidémiologiste premier. Et quand je regarde cet épidémiologiste premier, je trouve qu’il a eu plus d’intuition que les épidémiologistes de profession qui étaient sur les plateaux TV et qui disaient tout et leur contraire. C’est d’ailleurs ça qui a amené le politique a faire du “toujours plus”.

“Le politique est pris entre le scientifique et le médiatique”

Gala.fr : Et cette surenchère a créé un mouvement de peur dans la population !
Gérald Kierzek : C’est clair. On est dans le toujours plus ! Regardez les prévisions alarmistes qui annonçaient 300 000 contaminations… Je pense que le politique a du mal à retrouver le calme face à la panique générale entraînée par les médecins. Face à ça, le politique est pris entre le scientifique et le médiatique.

Gala.fr : On sait que Emmanuel Macron a été en contact avec Didier Raoult. Et vous, vous a-t-il consulté ?
Gérald Kierzek : Bien sûr, on échange. Le président récupère des informations de plein de gens, et heureusement. Il a eu de l’intuition, a su écouter et a fait du ‘en même temps sanitaire’ intelligent.

Gala.fr : Cette crise a montré à quel point les hôpitaux allaient mal.
Gérald Kierzek
: Oui, car nos directeurs ne sont pas des médecins mais des financiers. Il faut rouvrir des hôpitaux, des maternités, rouvrir des lits, et pas qu’en réanimation. Arrêtons les technocrates à la tête des hôpitaux et du système de santé. Il faut aussi que des soignants soient à la tête des ARS ou ADS, en mi-temps à l’hôpital et dans ces structures. Pareil pour le poste de ministre de la Santé, un mi-temps sur le terrain avec les patients, et au ministère.

“Le vaccin ne sauve pas tout le monde”

Gala.fr : Vous avez dit que le pass sanitaire pourrait aggraver l’épidémie. C’est surtout d’un point de vue social.
Gérald Kierzek : Le vaccin n’est pas la panacée universelle. Il ne sauve pas tout le monde, il réduit les formes graves chez les personnes à risque. Seul, ça ne nous sortira pas de l’épidémie. Il faut vacciner les plus fragiles et laisser les gamins. Le pass sanitaire, c’était pour contraindre à la vaccination sans le dire. Moi, je suis contre, et je l’ai déjà dit. Il faut que ça s’arrête au 15 novembre. Si on sort de l’hystérie et de la panique. En médecine, on dit que c’est la dose qui fait le poison, donc il ne faut pas en faire trop. Il faut vivre avec le virus, comme il l’avait dit l’année dernière. Il faut qu’il reprenne la main, et qu’il ne mette pas la main dans l’engrenage du toujours plus.

Gala.fr : Comme la grippe, va-t-il falloir se faire vacciner chaque année ?
Gérald Kierzek
: Pour les personnes à risque, pourquoi pas, mais pour le moment, nous n’avons pas de données médicales. Et le dire, c’est hyper anxiogène pour la population.

Gala.fr : La vaccination ne pourrait pas favoriser la mutation du virus ?
Gérald Kierzek
: C’est une question ! Ça pourrait, et je le dis bien au conditionnel, créer une pression de sélection et sélectionner des mutants. Si vous vaccinez une population en pleine épidémie, le virus va chercher à se multiplier autrement et passer à côté. Je pense qu’il faut compter sur l’immunité naturelle. On a oublié que les êtres vivants ont un système immunitaire qui marche très bien dans 99% des cas. Je préfère que les gens se contaminent un peu à bas bruit, les enfants notamment qui n’ont pas de risque, pour développer cette barrière naturelle immunitaire.

“C’est une honte de devoir donner ses données médicales”

Gala.fr : D’ailleurs, considérer un test PCR de moins de 72h comme un pass sanitaire, n’est-ce pas du n’importe quoi ? Une fois ce test effectué, chacun peut-être en contact avec le virus pendant ces 72h !
Gérald Kierzek : Mais bien sûr ! Après l’instant T du test, le pass sanitaire est à jeter à la poubelle. Il est à supprimer ce pass sanitaire. C’est une honte de devoir donner ses données médicales, c’est pas possible !

Gala.fr : Peut-on voir la fin de cette pandémie ? Ca paraît presque inimaginable !
Gérald Kierzek
: C’est la fin de la gestion hystérique qu’il faut attendre, surtout.

Gala.fr : Accepteriez-vous d’être ministre de la Santé ?
Gérald Kierzek
: Non, je suis médecin (il rit). Mais je veux un ministre de la Santé qui tire d’autres conclusions. Qu’il mise sur la précaution pour le futur, car on en aura d’autres des pandémies, ou des difficultés sanitaires. Il faut qu’on dope le système immunitaire de nos populations pour les protéger à l’avenir.

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Crédits photos : IBO/SIPA

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