Isabelle Adjani : quand Serge Gainsbourg voulait lui offrir ses chansons destinées à Jane Birkin

Avec Bambou, Brigitte Bardot et évidemment Jane Birkin, Isabelle Adjani a été l’une des muses du grand Serge Gainsbourg. Pour le JDD, elle revient sur sa relation au chanteur-compositeur à la personnalité si complexe.

Isabelle Adjani vient juste de finir le tournage du prochain film de Yamina Benguigui, et incarnera prochainement Diane de Poitiers pour Josée Dayan, puis la peintre Suzanne Valadon (mère de Maurice Utrillo) pour Safy Nebbou sur un scénario cosigné par Virginie Despentes et Santiago Amigorena. En bref, à 64 ans l’actrice a de très nombreux fers sur le feu auxquels s’ajoute une collaboration avec le groupe The Penelopes sur une ballade anglaise Meet me by the gates. Ce projet est pour la comédienne l’occasion de revenir avec nos confrères du Journal du Dimanche sur son rapport à la musique et à celui dont elle fut un temps, la muse, Serge Gainsbourg.

« J’étais très intimidée par sa séduction sombre et un peu mutique  »

Tout commence alors qu’Adjani n’a que 18 ans avec la chanson Rocking-chair. « Pour une adolescente qui écoutait Je t’aime moi non plus en cachette comme moi c’était un émoi presque érotique de chanter cette chanson à la perversité joliment articulée », se souvient la maman de Barnabé et Gabriel-Kane. Quelques années plus tard, ils se retrouvent autour de l’écriture à quatre mains du cultissime Pull Marine, dans le même temps Gainsbourg travaille avec Jane Birkin sur Baby Alone in Babylone. « Il me faisait écouter les chansons prévues pour l’album et me disait: “C’est à vous si vous voulez “, a-t-elle raconté. J’étais horrifiée même s’ils étaient séparés je n’aurais jamais accepté de piller les trésors de sa muse et reine !

L’actrice aux yeux de chat avoue avoir été fascinée par l’homme à la tête de chou : «  J’étais très intimidée par sa séduction sombre et un peu mutique (…) il a dû contribuer à ma fascination pour les bad boys. (…) Quand on était avec Serge, on avait la conscience de côtoyer un mythe vivant, tout le monde l’adorait du chauffeur de taxi au pianiste du Ritz.” L’interprète de La Reine Margot se souvient du goût prononcé du génial Gainsbarre pour les voix  »haut perchées, le plus haut possible, là où la voix s’étrangleainsi quepour les voix qui boudent ou chuchotent”. Adjaniévoque enfin sans difficulté la part d’ombre du papa de Charlotte Gainsbourg et reconnaît avec une certaine tristesse :  » Il avait quelque chose d’inaccessible et de fragile, l’aura d’un poète du XIXe siècle, d’un Baudelaire. Mais l’alcool a été son Voldemort.

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