Jean-Paul Belmondo, acteur culte du cinéma français

Charmant, séducteur, aventurier. Prêt à bondir de son cabriolet. Sur l’affiche du festival de Cannes 2018, qui lui rendait hommage, il était Pierrot le fou. Un homme excessif et généreux qu’il n’a cessé d’incarner à l’écran. Décédé le 6 septembre 2021 à Paris à l’âge de 88 ans, “Bébel”, saura encore longtemps nous émouvoir grâce au riche héritage cinématographique qu’il laisse derrière lui.

Retour sur la carrière d’un acteur devenu légendaire, qui a su passer avec brio de la Nouvelle Vague -qui l’a révélé- à la comédie et au film d’action.

Années 50 : des débuts mitigés

Issu d’une famille modeste, Jean-Paul Belmondo, né en 1933 à Neuilly-sur-Seine, n’excelle pas dans les études et se lance à fond dans le sport, en pratiquant la boxe en amateur pendant de nombreuses années avant d’atteindre le niveau professionnel à l’adolescence. À 16 ans, des problèmes de santé le ramènent chez ses parents en Auvergne. Dans le calme et la nature, il se découvrira une passion pour la comédie.

Jean-Paul Belmondo se lance dans des cours de théâtre en interprétant des classiques, le temps de se préparer au concours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Il échouera deux fois avant d’être admis en auditeur libre. C’est en 1952 qu’il y parviendra enfin, au bout de la troisième fois, et y restera quatre années. Cette expérience l’aide à trouver son style. Il s’y trouvera aussi une joyeuse bande composée de grands acteurs dont Bruno Cremer, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort. Durant ces années, Jean-Paul Belmondo fera la connaissance d’Elodie Constant, danseuse, qui deviendra sa compagne. Ils ont une fille, Patricia, née en 1954.

Charismatique, Jean Paul Belmondo peine pourtant à séduire ses professeurs. À la fin de son conservatoire, il interprète un texte de Feydeau qui sera acclamé par le public mais n’aura pour autant aucune reconnaissance du milieu, qui lui refuse l’entrée à la Comédie Française.

C’est à la fin des années 50 que Jean-Paul Belmondo se tournera vers le cinéma où il s’essayera à plusieurs petits rôles : les films dans lesquels ils jouent ne sont pas de rand succès, mais les critiques et les réalisateurs commencent à le remarquer.

Sa carrière décolle calmement. L’acteur décroche des cachets pour améliorer ses finances. Il ne brille pas encore. C’est à cette époque qu’il épouse Élodie Constant. Ensemble, ils auront deux autres enfants : Florence en 1960, Paul en 63.

Années 60 : la gloire de Bébel

1959, année charnière. Jean-Paul Belmondo obtient son premier rôle important, dans À double tour, de Claude Chabrol. Il enchaîne avec le film d’un réalisateur qui le suivait depuis un moment : Jean-Luc Godard. Ce dernier lui propose de jouer dans À bout de souffle aux côtés de Jean Seberg, un film phare de l’époque. L’acteur se révèle, prend de l’assurance. Une assurance qui lui permet de tourner une trentaine de films dans les années 60, chacun lui apportant un succès supplémentaire, jusqu’à le propulser au rang d’acteur incontournable du cinéma français.

“Bébel” se distingue par ses cascades, son jeu hyper expressif. Entre comédies, films d’auteur, et ceux d’aventure, dans lequel il s’impose, Jean-Paul Belmondo s’adapte et dévoile ses différentes palettes. Des films de Jean-Luc Godard et de François Truffaut, à ceux de Claude Sautet, d’Henri Verneuil, de Gérard Oury… Jean-Paul Belmondo s’entoure des plus grands : Jean Gabin, son “rival” Alain Delon, Lino Ventura, Bourvil, Ursula Andress, Anna Karina, Jeanne Moreau, François Dorléac, Annie Girardot, Catherine Deneuve… Les années 60 deviennent sa décennie de tous les succès. 

Années 70 : le triomphe, enfin

Les films à succès s’enchaînent : Le magnifique, Borsalino, Peur sur la ville, Flic ou Voyou, Le Professionnel, L’As des as, Le Marginal... Autant de long-métrages cultes que l’on aime visionner et re-visionner aujourd’hui. Dans cette décennie, Jean-Paul Belmondo ne tourne quasiment que des films d’aventure et policiers où il s’adonne aux cascades spectaculaires.

Parfaitement intégré dans la “pop culture”, l’acteur ne réalise que des succès commerciaux. Certains sous entendent qu’il est plus cascadeur qu’acteur, quand d’autres critiquent le caractère répétitif de ses rôles. Qu’importe, “Bébel” a son univers, son style, son identité, et son lot de fans avec. L’aventure, c’est son créneau, mais à la fin des années 80, alors âgé de 52 ans, il se blessera sérieusement sur le tournage du film Hold-up en réalisant une cascade. 

Des années 90 à 2020 : la discrétion 

Fin des années 80, Jean-Paul Belmondo réduit la cadence et se fait plus discret. Belmondo remonte sur les planches aux côtés de Robert Hossein. Au cinéma, le style a changé. Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch lui vaut le César du meilleur acteur en 1989.

Au début des années 2000, Jean-Paul Belmondo n’apparait plus nulle part, ni au théâtre, ni sur grand écran. L’acteur est victime en 2001 d’un accident vasculaire cérébral. S’en suit une longue période de rééducation. Il épouse l’année suivante Natty avec qui il est depuis treize ans. Et deviendra père pour la quatrième fois, à 70 ans, de Stella Belmondo. Le couple divorce en 2008 et l’acteur rencontre Barbara Gandolfi. Le couple se sépare en 2012.

Depuis 2010, les festivals de cinéma sont marqués par des hommages qui lui sont adressés pour l’ensemble de sa carrière. Et l’on se souvient encore de celui que lui avait rendu l’Académie des César en février 2017. Belmondo, entouré de “la grande famille du cinéma française”, unanimement debout joue là le rôle de sa vie. Le plus bouleversant.

Jean-Paul Belmondo et Catherine Deneuve

Jean-Paul Belmondo et Alain Delon

Jean-Paul Belmondo et Elodie Constant

Jean-Paul Belmondo et Jeanne Moreau

Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg

Jean-Paul Belmondo et Ursula Andress

Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin

Jean-Paul Belmondo

Jean-Paul Belmondo et Sofia Loren

Jean-Paul Belmondo et Gina Lollobrigida

Jean-Paul Belmondo, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan

Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale

Jean-Paul Belmondo, Vanessa Paradis et Alain Delon

Jean-Paul Belmondo et Bourvil

Jean-Paul Belmondo à la Cérémonie des César en 2017


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