Le jour où Ségolène Royal a humilié une militante en plein meeting

Un peu moins d’un an avant d’affronter Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait humilié une militante socialiste lors d’un meeting, en septembre 2006, pendant lequel elle avait été agacée par son intervention. La candidate avait fini par présenter ses excuses.

« Que penses-tu de l’importance de marquer le clivage gauche-droite pour gagner en 2007 ? » Cette question posée par une militante bretonne à Ségolène Royal lors de son meeting organisé lors de la Fête de la rose à Quimperlé, dans le Finistère, le 10 septembre 2006, avait agacé la principale intéressée. À ce moment-là, la femme politique était candidate à la primaire socialiste et avait fui quelques semaines plus tôt le débat avec le MJS à La Rochelle en août 2006. Elle était donc embêtée de se retrouver malgré elle confrontée à l’une de ses militantes prénommée Nolwenn, qu’elle a décidé de ne pas épargner, jusqu’à l’humilier en public. « Il me paraît essentiel ce clivage. Pourquoi, tu as un doute ? (…) Vas-y, vas-y, aie le courage de tes opinions. Quand on est jeune, on peut tout se permettre », avait-elle lancé à celle qui lui reprochait ses positions sur la carte scolaire ou les 35 heures notamment. Avec ses « Allez vas-y… », Ségolène Royal avait laissé la militante des Jeunes socialistes sans voix, faisant ainsi place à des rires et des applaudissements humiliants.

Le ton était encore monté davantage quand la jeune femme de 23 ans, visiblement intimidée, s’était tournée vers l’un de ses amis du MJS pour qu’il lui vienne en aide. « Mais tu n’es pas obligée de demander l’autorisation au garçon qui est à côté de toi. Tu es une femme, tu peux parler en toute liberté… », avait lancé la candidate. « Il faut rassembler à gauche, et en même temps, il faut regarder les choses telles qu’elles sont parce qu’en 2002 on n’a pas passé le second tour, alors il ne suffit pas de s’autoproclamer à gauche », avait déclaré plus politiquement Ségolène Royal face à un public conquis. « Je pense qu’il faut répondre aux questions qui se posent, qu’il faut regarder les vrais problèmes que traversent les familles populaires », avait-elle ajouté.

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Après l’humiliation, les excuses

« Mme Royal a perdu ses nerfs », entendait-on alors dans les rangs de ses adversaires de l’UMP, comme l’avait noté La Dépêche du Midi. « Ce n’était peut-être pas nécessaire de m’humilier d’une façon aussi cassante », avait estimé Nolwenn dans Le Monde. « Je n’ai pas compris la violence de sa réponse », avait ajouté dans La Dépêche la militante qui se défendait d’avoir été « manipulée ». Dans le journal local, celle qui était encore en couple avec François Hollande avait fait part de ses « regrets si Nolwenn s’est sentie humiliée ». « Je lui ai parlé comme une mère à un jeune… », s’était justifiée Ségolène Royal dans les colonnes du Monde.

« Si elle s’est sentie humiliée, ce n’était pas du tout l’objectif et je m’en excuse », avait à l’époque déclaré dans Libération celle qui était présidente de la région Poitou-Charentes. La députée des Deux-Sèvres avait alors tenu à s’excuser de vive voix auprès de la militante qu’elle avait appelée à deux reprises. « Nous sommes tombées d’accord toutes les deux sur le fait que c’était un incident regrettable », avait conclu dans le quotidien Nolwenn, qui avait compris que son échange tendu avec Ségolène Royal avait pu choquer car c’était la « première fois » que la femme politique montrait « ce visage-là ». Cette séquence qui aurait pu être dévastatrice ne lui a néanmoins pas empêché de remporter la primaire socialiste et de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle de 2007 face à Nicolas Sarkozy.

Article écrit en collaboration avec 6Medias

Crédits photos : BAHI / BESTIMAGE

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