Nicolas Hulot accusé de viols et d'agressions sexuelles : que savaient ses proches ?

Depuis la mise en lumière par Envoyé Spécial des accusations de viols et d’agressions sexuelles contre Nicolas Hulot, une question se pose : qui savait ? Plusieurs témoignages font état d’une omerta et d’un silence autour des agissements de l’animateur et ancien ministre.

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Et si l’affaire Hulot éclaboussait la présidence d’Emmanuel Macron ? Envoyé Spécial, dans un numéro inédit diffusé jeudi 25 novembre 2021, a mis en lumière des accusations de viols et d’agressions sexuelles portées à l’encontre de Nicolas Hulot. À la suite de ces révélations, vendredi 26 novembre 2021, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Pour l’avocate de Nicolas Hulot, invitée de BFMTV samedi 27 novembre 2021, il « n’y aura pas de procès« , les faits étant prescrits. Depuis ces différentes révélations, le monde politique est en branle. Et Yannick Jadot a été le premier à dégainer avec la « mise en retrait » de son porte-parole, Matthieu Orphelin. Ce dernier a longtemps été un proche de Nicolas Hulot. Le directeur de la campagne d’EELV, Mounir Satouri, a d’ailleurs souligné les « interrogations depuis quelques jours sur l’état de la réalité de ce que savaient les proches » de l’ex-animateur de TF1.

Des témoignages troublants

La question est sur toutes les lèvres : qui savait ? Dans le reportage de France 2, Claire Nouvian, militante écologiste et ancienne journaliste, a accepté de témoigner à visage découvert. Elle raconte avoir participé, en 2008, à un épisode d’Ushuaïa Nature, l’émission présentée par Nicolas Hulot. Elle affirme avoir reçu, à l’époque, des mises en garde de la part de l’entourage de l’animateur. Pauline Lavaud, ancienne militante EELV, a raconté au micro de BFMTV, vendredi 26 novembre 2021, avoir été écartée de la campagne de Nicolas Hulot pour la primaire interne en 2011, car « elle l’excitait trop« . L’ancienne militante dénonce dans son témoignage un « système » entourant l’ancien ministre et affirme que son équipe était « au courant de sa tendance à agresser les femmes« . « Ces personnes ne cherchaient pas à protéger les femmes, elles cherchaient à protéger le candidat« , a-t-elle ainsi accusé.

La majorité présidentielle mise à mal ?

Une omerta en politique qui met à mal l’exécutif. Souvenez-vous, Nicolas Hulot a été ministre et même, numéro 3 du gouvernement d’Emmanuel Macron. En 2018, une enquête de l’Ebdo mettait déjà en lumière des accusations d’agressions sexuelles. À l’époque, l’Élysée fait bouclier. Mais avec les révélations d’Envoyé Spécial, l’ensemble de la majorité présidentielle se retrouve face aux accusations. À nos confrères du JDD, un proche d’Emmanuel Macron décrypte : « La différence, par rapport à 2018, c’est l’ampleur des témoignages. À l’époque, il fallait rester dans le schéma de la présomption d’innocence. En politique, le seul pouvoir que vous avez, c’est quand le soupçon est tellement fort qu’il faut faire partir la personne. C’est ça qui a fait la décision de 2018« . Emmanuel Macron et son entourage ont donc décidé de riposter. « À en écouter certains, tout était déjà connu. Alors pourquoi se sont-ils tus ?« , s’agace un conseiller de l’exécutif auprès du JDD. Pour rappel, Nicolas Hulot est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

Ancienne militante EELV, Pauline Lavaud raconte avoir été écartée de l’équipe de campagne de Nicolas Hulot car « elle l’excitait trop » pic.twitter.com/yFFiViKwLO

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