"Omar m'a tuer" : les nouvelles analyses ADN vont-elles innocenter Omar Raddad ?

Omar Raddad, accusé d’avoir assassiné Ghislaine Marchal, pourrait voir son affaire être révisée. En cause : « des éléments nouveaux cruciaux, fondamentaux, qui font naître un doute sur sa culpabilité« , comme l’a confié son avocate à France 2 le jeudi 25 novembre 2021.

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C’est l’une des phrases les plus célèbres de l’histoire judiciaire française. En 1991, Ghislaine Marchal est assassinée dans sa villa de La Chamade, sur les hauteurs de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Le corps de la riche héritière est retrouvé au sein d’une cave dans l’une des parties annexes de sa demeure. Sur l’une des portes entourant la scène de crime, cette inscription : « Omar m’a tuer » (sic) et, sur une seconde : « Omar m’a t« . L’une des voisines de la riche victime a indiqué aux enquêteurs que le jardinier, qui travaillait pour les deux femmes était venu chez elle le dimanche 23 juin 1991. Son nom ? Omar Raddad. Pour les enquêteurs de l’époque, la culpabilité du jardinier marocain de Ghislaine Marchal ne fait aucun doute. Et voilà les prémices d’une affaire judiciaire qui fait toujours la Une de l’actualité des décennies plus tard.

Des traces ADN dans l’inscription sur la porte

Parce que l’affaire vient tout juste de vivre un nouveau rebondissement. Jeudi 25 novembre 2021, Omar Raddad et ses avocats étaient au palais de justice de Paris. Le but : engager une révision de son procès daté de 1994. Son avocate, Maître Sylvie Noachovitch, a répondu aux différentes questions de la presse et notamment à nos confrères de France 2, à l’issue de cette nouvelle audition. « Nous avons été entendus avec Omar Raddad par la commission d’instruction de la Cour de révision et nous attendons sereinement la décision qui sera rendue le 16 décembre prochain« , a ainsi déclaré l’avocate. Et de confirmer s’appuyer sur « des éléments nouveaux cruciaux, fondamentaux, qui font naître un doute sur sa culpabilité » de son client.

Ces éléments : quatre traces ADN sur différentes pièces à convictions, dont les deux portes où les phrases accusant Omar Raddad ont été écrites. Maître Sylvie Noachovitch a ainsi affirmé être sûre de cette nouvelle preuve. Selon elle, une trace ADN « est mêlée au sang de la victime, et ne peut donc pas être un ADN de pollution« . Traduction : la trace appartient forcément à une personne présente pendant le crime et non pas aux enquêteurs, journalistes ou autres anonymes ayant eu accès à la scène de crime et aux preuves pendant le procès. Lors de son premier procès, en 1994, Omar Raddad avait été condamné à 18 ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal. Le 10 mai 1996, le président Jacques Chirac avait accordé une grâce partielle au jardinier. Il a donc passé, au total, plus de sept ans en prison. Omar Raddad a toujours clamé son innocence.

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