Procès Daval : les troubles d’érection de Jonathann au cœur du débat

Mardi 17 novembre 2020 s’ouvrait la deuxième journée du procès de Jonathann Daval, devant la cour d’assises de Haute-Saône. Le témoignage du médecin légiste a mis à mal la thèse du viol post-mortem, et a également soulevé la question des troubles psychologiques de l’accusé.

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Plus de trois ans après la mort d’Alexia Daval – et alors qu’il devait être reporté en mars 2021 à cause de l’épidémie de Covid-19 – le procès de Jonathann Daval s’est finalement ouvert lundi 16 novembre 2020 devant la cour d’assises de Haute-Saône, à Vesoul. L’informaticien de 36 ans doit répondre de “meurtre sur conjoint” sur son épouse Alexia, décédée dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017, et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce procès était particulièrement attendu par les Français, encore très marqués par les circonstances de la mort d’Alexia Fouillot. Pour rappel, l’accusé s’était fait passé pour un mari éploré pendant plus de trois mois, au côté de sa belle-famille. Il avait même accusé son beau-frère du crime, avant de finalement avouer avoir étranglé Alexia à leur domicile, pendant près de quatre minutes. Il l’avait alors habillée de ses vêtements de sport pour faire croire à une disparition lors de son jogging matinal.

La thèse du viol post-mortem écartée par le médecin légiste

Cette première journée d’audience fut particulièrement éprouvante. Les avocats des parties-civiles ont en effet soulevé une nouvelle thèse : celle d’un viol post-mortem sur Alexia. Mardi 17 novembre, la deuxième journée a démarré avec le témoignage d’Antoine Tracqui, médecin légiste en charge de l’autopsie et des analyses sur le corps de la victime. Dès le début de son exposé, les parents d’Alexia ont quitté la salle, tandis que Jonathann Daval s’est bouché les oreilles pour ne pas entendre les détails concernant la dépouille de sa femme. Comme le rapportent nos confrères de L’Est Républicain, le professeur a notamment mis à mal la théorie d’une agression sexuelle après le meurtre. “A t-on la preuve, médico-légalement parlant, de l’existence d’un rapport sexuel post-mortem, en dehors de l’imagination de certains ?”, a demandé l’avocat de la défense, Me Randall Schwerdorffer.

Non seulement je n’ai pas de preuves, mais je n’ai pas d’arguments positifs en ce sens”, a-t-il affirmé avant de préciser “qu’il n’y a pas de signe évident de violence sexuelle. Une réponse qui a permis au magistrat de faire une nouvelle sortie musclée devant les caméras : “J’ai entendu les parents d’Alexia dire hier qu’ils voulaient la vérité, quelle vérité ? La vérité, ou une vérité qui n’existe pas ? On peut vous l’affirmer, il n’y a aucun élément en dehors de l’imaginaire fertile des conseils de la famille d’Alexia, pour dire qu’il y a eu un viol ante et post-mortem. Ce sont des propos parasitaires et totalement délirants !”, s’est exclamé Me Schwerdorffer.

Les troubles d’érection de Jonathann Daval passés au crible

A la barre, Antoine Tracqui s’est livré à une analyse détaillée du dossier médical de Jonathann Daval. Le professeur est notamment revenu sur les troubles de l’érection du présumé meurtrier, centraux dans les disputes du couple. Ayant des difficultés à procréer, Alexia Daval prenait des traitements hormonaux qui l’auraient rendue agressive selon l’accusé.Elle lui reprochait notamment ses problèmes d’érection, et le fait de ne pas avoir des rapports sexuels aboutis. Elle lui demandait aussi de prendre plus d’assurance, plus de responsabilités dans sa vie”, racontait le directeur d’enquête Franck Paredes la veille. La défense de Jonathann Daval a posé de nombreuses questions au médecin concernant l’origine de ces troubles. “Jonathann est jeune, en relativement bonne santé : il n’ y a aucune raison de penser qu’il puisse y avoir un tant soit peu de substrat organique dans la survenue de son impuissance. C’est une impuissance purement psychologique, explique le Pr. Tracqui.

Jonathann Daval suivait depuis septembre 2016 un traitement à haute dose pour ces problèmes. “Ces médicaments sont destinés à améliorer la confiance en soi. On va en prendre pour avoir une érection de qualité, un rapport de qualité. Une fois que la confiance est restaurée, on va se pouvoir se passer du produit. Pour que cela fonctionne, il faut qu’il y ait du désir”, indique le légiste. Après avoir passé au crible 27 ans de dossiers médicaux, Antoine Tracqui fait état de “troubles du comportement en lien avec l’apparence physique” apparus très tôt chez Jonathann Daval. “Un autre élément qui pourrait donner du grain à moudre à une analyse psychologique, la présence de troubles obsessionnels compulsifs quand il était enfant et une obsession de la propreté”, poursuit-il, comme le rapporte LCI. “Chez M. Daval, il semble donc que la cause des troubles sexuels soit purement psychogène, conclut finalement le médecin.

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