Ralentisseurs : pourquoi ils nous énervent !

Conçus pour protéger les piétons, les dos-d’âne pullulent et sont souvent illégaux. Au point de devenir des nuisances, voire des dangers.

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De quoi se nourrissent les ralentisseurs ? De la poussière des pneus ? Des excès de vitesse ? En tout cas, ils se reproduisent à un rythme effréné. Ils ont commencé à fleurir autour des écoles, ce qui semblait plutôt une bonne idée. Ensuite les « gendarmes couchés », comme on les appelle dans le Sud, ont essaimé près des passages cloutés, des hameaux, puis dans les centres-villes… et finalement partout. La France en compte environ 450 000 et il n’est pas rare d’en croiser plusieurs à quelques centaines de mètres de distance. En 2021, le dos-d’âne se déplace en troupeau. « Le premier problème est qu’ils sont illégaux. Les élus les placent n’importe où et n’importe comment par rapport à la règlementation, explique Thierry Mondolo-Dominati, président de l’association Pour une mobilité sereine et durable. » Mais le pire, c’est qu’ils sont dangereux !

Avez-vous déjà essayé de franchir un ralentisseur à 30 km/h ? Oui, comme nous tous, pour vous apercevoir que c’était une très mauvaise idée. La majorité sont douloureux et dangereux à cette vitesse-là, à moins d’adorer le rodéo et de détester sa voiture. On rebondit avec une brutalité qui se répercute dans toute la colonne vertébrale. Et pour cause : beaucoup de dos-d’âne ne respectent pas la limite légale des 10 cm de haut et culminent plutôt à 20 cm ou 30 cm. Comment ne pas se casser les reins sur un tel édifice, même à toute petite allure ? Quant aux voitures, les garagistes ont beaucoup à dire sur l’usure prématurée des amortisseurs, ou sur des pièces râpées ou enfoncées sous la voiture. Pour éviter cela, certains ont trouvé la parade : ils contournent la route maudite. Mais si tout le monde connaît le truc, la petite voie tranquille d’hier se retrouve aussi fréquentée que les nationales au retour des vacances. Ce sont alors les riverains qui se plaignent.

Ceux-là même qui sont censés bénéficier de la présence d’un ralentisseur ont d’ailleurs souvent d’autres motifs de colère, comme les nuisances sonores qu’ils génèrent. Une étude menée par plusieurs associations de défense des conducteurs a montré qu’ils multipliaient par deux les nuisances sonores émises par un véhicule, et même par huit en cas de frottement. Les maisons voisines doivent aussi composer avec les vibrations et le surcroît de pollution, puisque le moteur d’une voiture consomme davantage quand il doit s’arrêter et repartir. « Un dos-d’âne crée une augmentation d’environ 30% des émissions de CO2 d’une voiture », souligne Thierry Mondolo-Dominati. Pour résumer, tout le monde déteste les ralentisseurs : automobilistes, voitures, riverains… et même la planète ! Pourquoi continue-t-on à en construire, déjà ?

Un site pour les signaler

Il existe un texte de loi qui définit les règles d’implantation d’un ralentisseur. Mais les élus se basent plutôt sur un guide conçu par un organisme d’État qui a formulé de nouvelle normes en supprimant dans les faits les limites légales de 10 cm de haut et de 4 m de large. Ce texte n’a pourtant aucune valeur règlementaire ! L’association 40 millions d’automobilistes a créé une page pour signaler les dos d’ânes hors la loi et, à terme, les faire supprimer : 40millionsdautomobilistes.org/consultation-dos-dane

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