Saïd Bogota (Pattaya) accusé de tentative d’assassinat : comment son handicap a marqué son enfance

À l’affiche du film Pataya, diffusé ce mercredi 15 septembre sur TMC, Saïd Bogota a comparu devant la cour d’assisses de l’Essonne pour tentative d’assassinat. À la barre, l’acteur souffrant de nanisme est revenu sur les moqueries dont il a été victime tout au long de sa jeunesse.

L’émotion était palpable au sein de la cour d’assises de l’Essonne. Le mardi 14 septembre, Saïd Bogota comparaissait devant la justice pour avoir tenté d’assassiner le compagnon d’une ex-petite amie en décembre 2018 à Ivry-sur-Seine alors qu’il était mineur. Appelé à la barre pour répondre aux accusations d’enlèvement et de séquestration, le comédien de Taxi 5 atteint de nanisme est revenu sur son enfance douloureuse. Celui qui est à la fiche du film Pataya, diffusé ce mercredi 15 septembre sur TMC, a longtemps été victime de moqueries et d’humiliations du fait de son handicap. “Le regard des gens, les pointages du doigt, les surnoms qu’on me donne, ma mère qui pleure”, détaille-t-il avec émotion devant la cour criminelle. Tout au long de sa plaidoirie, le comédien de 31 ans a expliqué comment “il offrait des cadeaux pour avoir des amis”. Malgré une “enfance heureuse” auprès des parents originaires d’Algérie, l’accusé a évoqué ses envies de suicide au cours de son adolescence.

Après cette intervention, les proches de l’acteur de Kaïra Shopping se sont succédés à la barre. Une fois devant les jurés, la mère de Saïd Bogotoa n’a pu retenir ses larmes à l’évocation des épreuves quotidiennes de son fils. En pleurs, elle a narré les rackets à l’école et les employeurs “qui ne voulaient pas de lui”. Mon fils a toujours été rejeté. Une fois, une maman est venue me dire qu’elle ne voulait pas que Saïd s’assoie à côté de son fils parce qu’il lui faisait peur”. Côté coeur, tout n’a pas non plus été rose pour le jeune homme. À la suite d’une déception sentimentale, le comédien s’est scarifié les bras. “Il n’a jamais été accepté. Auprès des filles, ça ne marchait pas. Il n’a jamais eu de petite copine. On disait qu’il était petit, pas beau, raconte sa soeur. “Aujourd’hui, je n’arrive plus à me regarder dans un miroir. Je me trouve laid – un monstre – pour ce que j’ai fait”, lâche Saïd Bogota qui a présenté ses excuses à la victime. Elle sera entendue mercredi et le verdict rendu le 21 septembre. La renommée et sa filmographie ne peuvent suffire pour effacer les blessures du passé.

«Mon fils a toujours été rejeté» : au procès de l’acteur Saïd Bogota, jugé pour enlèvement, séquestration et tentative d’assassinat, ses proches décrivent une vie de moqueries
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“Je veux être un être humain comme tout le monde”

Malgré l’horreur des photographies de la victime, la tête et le corps éclaboussés de sang, Saïd Bogota tente de défendre son humanité. Je veux être un être humain comme tout le monde, avoir une copine, des enfants, aller travailler, métro, boulot, dodo”, affirme-t-il à la cour d’assises. Dès lors, l’expert psychiatrique a tenté d’expliquer cet excès de violence qui lui est reproché. “Le sentiment de rejet en lien avec son handicap physique” que l’acteur a éprouvé tout au long de sa vie est “une clé importante pour comprendre son fonctionnement”, avance le psychiatre Vincent Mahé.

La célébrité lui ayant apporté un peu de confiance et l’affection donnée par sa petite-amie de l’époque ont pu être à l’origine de ce drame. “Sa relation survient après des années de désert affectif. Quand elle s’éloigne, voire se moque de lui, il parle de trahison. Cela provoque de la colère, de la rancœur, de la rage, avec une dimension passionnelle”. Reste à savoir si ces déclarations bouleversantes et à coeur ouvert suffiront à alléger la peine infligée par les magistrats.

Crédits photos : Capture d’écran Facebook @SaidBogotaOff

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