Sandra Oh, l’actrice authentique aux rôles puissants

Elle reste indissociable de son rôle culte de Cristina Yang dans Grey’s Anatomy. Pourtant, Sandra Oh a débuté sa carrière bien avant le lancement de la série de Shonda Rimes et a conquis le petit écran avec des rôles pointus. 

Enfance et premiers rôles au Canada

Sandra Oh est née le 20 juillet 1971 à Nepean, près d’Ottowa. Fille d’immigrés sud-coréens venus s’installer au Canada dans les années 60, elle grandit avec une soeur et un frère, Ray et Grace, et dans une éducation religieuse marquée.

Passionnée de musique et danseuse de ballet, elle s’intéresse au cinéma dès son adolescence et fait ses premiers pas d’actrice amatrice devant la caméra de sa soeur. Elle s’inscrit dans une formation pour devenir comédienne et étudie pendant trois ans à l’Ecole Nationale de Théâtre au Canada.

À 23 ans, elle décroche son premier rôle dans le téléfilm canadien Le journal d’Evelyn Lau, dans le rôle d’une adolescente prostituée. Ses premiers pas devant la caméra, restent pour elles une étape marquante, sur laquelle elle s’est confiée à l’édition américaine de Vanity Fair : « Un ami de ma soeur a vu une publicité pour une audition pour de jeunes actrices asiatiques. Je m’en souviens très bien. Ma soeur m’a appelée (…) Je rappelle avoir dit ‘C’est pour moi, c’est pour moi !’ Ce rôle a été fondamental. »

La même année, elle apparaît pour la première fois dans un premier rôle au cinéma, dans Double Happiness de la réalisatrice Mina Shum, depuis devenue son amie. Ses premiers pas au cinéma sont rapidement remarqués. Elle reçoit le prix Génie, récompensant le cinéma canadien, en 1994 et en 1999.

Sandra Oh mène alors une carrière entre le Canada et les Etats-Unis, après s’être installée à Los Angeles, en 1996. Après avoir enchaîné plusieurs seconds rôles, elle devient actrice régulière de la sérié HBO Arli$$, et s’offre sa première véritable expérience dans la comédie. 

Avec un rythme d’un film par an, elle est une nouvelle foi remarquée pour son rôle dans Sideways (2004) de son époux de l’époque, Alexander Payne. 

Reconnaissance internationale avec Dr. Cristina Yang 

En 2005, dix ans après ses débuts, Sandra Oh décroche un des rôles principaux de la nouvelle série d’ABC, Grey’s Anatomy. Elle devient Dr. Cristina Yang, une jeune interne en médecine aux côtés de Meredith Grey (Ellen Pompeo), devenue sa meilleure amie, Izzie Stevens (Katherine Heigl) et Alex Karev (Justin Chambers). L’actrice remporte son premier Screen Actors Guild Awards la même année. 

« J’ai voulu jouer Cristina dans Grey’s Anatomy parce qu’elle était l’antagoniste, alors que Meredith Grey est la protagoniste. J’ai trouvé Cristina intéressante, avec beaucoup de qualités que je n’avais pas l’impression d’avoir », racontait l’actrice à Vanity Fair.

J’ai trouvé Cristina intéressante, avec beaucoup de qualités que je n’avais pas l’impression d’avoir.

Et son rôle d' »antagoniste » reste toujours dans les mémoires. Chirurgienne cardio-thoracique passionnée, Cristina Yang demeure l’un des meilleurs personnages de la série (qui en est bientôt à sa 18e saison), reconnue comme celle qui aura manié persévérance, humour et droiture à la perfection. 

Sandra Oh garde son rôle régulier pendant neuf ans. Sa dernière apparition, à l’issue de la saison 10, offre aussi une scènes préférées des fans, où Cristina et Meredith dansent dans une salle de garde en guise d’au revoir. Et pourtant, Sandra Oh a expliqué à Hollywood Reporter « avoir lu la scène et l’avoir détestée », mais avoir été « très émue » en tournant son ultime moment avec Ellen Pompeo. 

« Créativement, j’ai eu l’impression d’avoir tout donné et je me sentais prête à laisser Cristina partir », justifiait-elle au média américain après sa dernière apparition dans Grey’s Anatomy.

En acceptant ce rôle majeur pour sa carrière, à 34 ans, la Canadienne a aussi été obligée de suivre une thérapie pour mieux vivre sa célébrité soudaine. Sandra Oh a récemment partagé ce souvenir dans l’émission Sunday Today : « Je suis passée de ne pas pouvoir sortir, comme me cacher au restaurant, à ensuite être capable de gérer l’attention, tout en ne perdant pas la perception que j’avais de moi-même. »

Entre seconds rôles au cinéma et séries remarquées

Après près de dix années de tournage intenses pour Grey’s Anatomy, Sandra Oh, qui n’a jamais arrêté le cinéma, s’y consacre davantage.

En 2014, elle apparaît dans la comédie Tammy, avec Melissa McCarthy et Susan Sarandon. Dans Catfight, sorti en 2016, elle forme un couple lesbien malheureux avec Anne Heche. 

Après d’autres projets, son grand retour arrive en 2018, avec la nouvelle série britannique aussi attendue qu’acclamée, Killing Eve, écrite par Phoebe Waller-Bridge. Elle incarne d’Eva Polastri, agente du MI6 (les services secrets britanniques) face à Vilanelle (jouée par Jodie Comer), une tueuse à gage psychopathe.

Grâce à son interprétation dans la première saison, Sandra Oh devient la première femme d’origine asiatique à remporter le Golden Globe de la Meilleure actrice dans une série dramatique. Elle enchaîne avec un SGA Award l’année suivante. En 2019, elle devient aussi la première actrice canadienne d’origine asiatique à présenter le Saturday Night Live.

Alors que la quatrième et dernière saison de Killing Eve est attendue impatience pour 2022, Sandra Oh s’est offert un autre rôle principal dans la mini-série Netflix The Chair (Directrice), disponible depuis le 21 août sur la plateforme.

Toujours aussi géniale, elle campe ici le rôle de la docteure Ji-Yoon Kim, professeure d’anglais et première femme asiatique à être nommée à la tête de l’université de Pembroke. En proie à de nombreuses interrogations personnelles, en tant que mère célibataire, son personnage doit aussi gérer une crise d’ampleur dans l’université, où la tradition des professeurs plus âgés se heurte aux étudiants progressistes et engagés.

Sandra Oh est aussi attendue en 2022 dans Alerte rouge, le prochain film d’animation Pixar, où elle prêtera sa voix au personnage de Ming Lee. 

Engagée avec le mouvement Stop Asian Hate

Après la fusillade d’Atlanta du 16 mars 2021 ayant fait huit morts dans un salon de massage asiatique, la Canadienne a manifesté son soutien à la communauté asiatique états-unienne via un post Instagram : « J’envoie mon amitié et mon soutien aux familles des huit âmes assassinées en Géorgie le 16 mars. Et à toutes les victimes de violence raciste. Je suis dévastée et profondément en colère. Je sais que beaucoup d’entre vous sont effrayés, mais ne nous laissons pas avoir peur. Rappelez-vous #cestunhonneurdetreasiatique. S’il vous plaît, joignons-nous TOUS ensemble au mouvement #stopasianhate ». 

Quelques jours plus tard, Sandra Oh participe à une manifestation Stop Asian Hate à Pittsburg. Lancé en 2020, le mouvement dénonce la haine anti-asiatique omniprésente et grandissante depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Dans un discours enflammé prononcé en plein milieu de la foule à l’aide d’un mégaphone, l’actrice d’origine sud-coréenne lance : « Je suis fière d’être asiatique. J’ai ma place ici (…) Beaucoup d’entre nous n’ont pas la chance de pouvoir dire cela, alors je voulais juste nous donner l’occasion de pouvoir le crier. »

Je suis fière d’être asiatique. J’ai ma place ici. 

Interrogée par la National Public Radio sur cet engagement, Sandra Oh a révélé qu’elle se trouvait à Pittsburg, pour le tournage de The Chair, quand la manifestation a eu lieu : « Je ne me considère pas comme une grande activiste (…) Je pensais bien qu’il y aurait une manifestation à Pittsburgh. Il y a beaucoup d’universités là-bas… J’en ai trouvé une, alors j’ai amené toute l’équipe. C’était important pour moi de le faire. J’ai senti que j’avais besoin de me connecter avec la communauté asiatique américaine. »

Sandra Oh et Lev Rukhin

En 2003, l’actrice a épousé le réalisateur américain Alexander Payne (Nebraska). Ils se sont séparés en 2005 et ont divorcé l’année suivante. Elle a depuis veillé à garder sa vie privée secrète.

Sandra Oh fréquente depuis quelques années le photographe russe Lev Rukhin. 

Désormais âgée de 50 ans, Sandra Oh n’a jamais eu d’enfant et ne regrette pas son choix. Auprès de nos confrères britanniques de Marie Claire, l’actrice a évoqué ce non-désir de maternité, en accord avec « une vie extrêmement épanouissante » : « Je suis tante, non seulement pour mes neveux et nièces, mais aussi pour beaucoup d’enfants de mes amis. »

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