Steve Jobs : Sa fille Lisa règle ses comptes !

Dans “Petite Chose”, son best-seller enfin traduit en français, Lisa Brennan-Jobs règle le compte de son père en quelque cinq cents pages. Père absent, et méchant quand il était présent, Steve Jobs, le fondateur d’Apple a attendu six ans avant de reconnaître sa fille.

Bien avant son mariage avec Laurene Powell en 1991 et même bien avant sa romance avec la chanteuse Joan Baez au début des années 80, Steve Jobs fréquentait depuis le lycée Chrisann Brennan. Ces deux-là s’étaient rencontrés au lycée d’Homestead à Cupertino en Californie. Ils sont en couple par intermittences pendant cinq ans jusqu’à ce que Chrisann tombe enceinte en 1977, l’année même où Jobs fonde Apple. Lisa naît le 17 mai 1978 à Portland en Oregon et son père ne la reconnaît pas, déclarant même devant la justice, alors que Chrisann tente de faire reconnaître sa fille, qu’il est stérile et que la jeune femme s’offre au premier venu. Mais nier sa paternité ne l’empêche pas de nommer l’un de ses ordinateurs l’Apple Lisa, en 1983. Durant des années, Chrisann Brennan vit des allocations familiales. “À l’âge de 7 ans, j’avais déjà déménagé treize fois avec ma mère”, raconte Lisa dans Paris Match.

Aujourd’hui quadragénaire, Lisa sort le livre Petite Chose, dans lequel elle met à mal le mythe de Palo Alto. Elle y brosse le portrait d’un père tyrannique et froid. Après l’avoir ignorée durant son enfance, l’inventeur du Mac lui propose de s’installer chez lui “pour six mois”. Il la force à prendre son nom, elle décide de l’accoler au sien, il s’en agace, lui “reproche de ne pas jouer le jeu de la famille”.

Douloureuse relation

Steve Jobs ne supporte pas grand monde. Un soir au restaurant, Sarah, la cousine de Lisa, fait l’erreur de commander un hamburger. Un crime pour Jobs qui est végétarien. Il ne supporte pas sa voix, le lui fait savoir et la fait pleurer. À 17 ans, Lisa lui présente Josh, un petit ami qu’il traite de “branleur”. Lisa prend ses distances et s’inscrit à Harvard, son père ne lui parle plus, ne lui répond plus. Jusqu’au jour où elle s’aperçoit qu’il refuse même de payer sa dernière année d’études. “À deux doigts de l’exclusion”, elle n’a aucun moyen de payer. Ce seront finalement des voisins avocats qui la financeront. Fureur du père : “Elle doit être traitée à la dure !”

Et puis, il y a cet ordinateur qui porte son nom, ça doit bien vouloir dire quelque chose. Une fois au lycée, elle s’est finalement décidée à interroger son père à ce sujet, mais Steve Jobs a nié d’une “voix dédaigneuse” en ajoutant un “désolé petite”. Jusqu’au début des années 2000, lorsque la famille fait escale chez Bono dans sa villa du Sud de la France. Le chanteur demande alors : “Au fait, ton premier ordinateur, tu l’as appelé Lisa… C’est un hommage à ta fille ?” Jobs confirme en bredouillant. “C’est la première fois qu’il l’admet, a alors dit la jeune femme à Bono. Merci d’avoir posé la question.”

Tous les fins ne sont pas heureuses

La fin arrive, tous les savent. Durant les derniers instants du PDG d’Apple, Lisa retourne en Californie. Sur son lit de mort, il s’excuse enfin. “Je suis absolument désolé. Je me suis très mal comporté envers toi, je te suis redevable.” Lisa dit ne pas être amère : “Avec moi, il a fait énormément d’efforts. Mais il n’était pas doué pour les sentiments, ne parlait pas beaucoup et ne savait pas comment s’y prendre avec une gamine.”

Emporté le 5 octobre 2011 après huit années de lutte contre un cancer du pancréas, Steve Jobs avait trois enfants avec son épouse Lauren Powell : Reed voit le jour en septembre 1991, Erin en août 1995 et Eve en 1998. Lisa hérite de quelques millions : “C’était très généreux de sa part, je m’y attendais pas.” La fortune de 21 milliards est revenue à Laurene, puis elle ira aux trois autres enfants, à sa mort.

À la sortie du livre, la veuve et les orphelins de Steve Jobs ont publié un communiqué de presse : “Lisa fait partie de notre famille, alors c’est avec tristesse que nous avons lu son livre, qui diffère énormément de nos souvenirs de cette époque. La représentation qui est faite de Steve n’est conforme ni au mari ni au père que nous connaissions. Steve adorait Lisa, et il regrettait de ne pas avoir été le père qu’il aurait dû être pendant sa petite enfance. Ce fut un grand réconfort pour Steve d’avoir Lisa chez nous et avec nous les derniers jours de sa vie, et nous sommes tous reconnaissants d’avoir passé des années ensemble en famille.”

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