Tatiana Silva : "Ma vie est une succession de hauts et de bas"

Belle, élégante et professionnelle côté pile, blessée, courageuse et combative côté face. Dans le livre qu’elle publie ces jours-ci*, Tatiana Silva lève le voile. Rencontre avec celle qui présente la météo le week-end sur TF1 et anime Les Docs du week-end sur la Une et 90′ Enquêtes sur TMC.

Votre livre raconte vos blessures intimes et le cheminement pour en guérir. Pourquoi et pour qui l’avez-vous écrit ?

Tatiana Silva : Pour me décharger de bagages un peu lourds et montrer que, derrière la façade lisse, mon chemin de vie qu’on prend pour une ascension inexorable est une succession de hauts et de bas.

Des parents séparés à votre naissance, une mère très pauvre, un père très absent… Où étaient les bonnes fées ?

Je crois qu’elles étaient là parce que ma mère m’a donné un amour inconditionnel. Elle m’a accompagnée chaque jour, presque chaque heure de ma vie jusqu’à succomber à un cancer. Du jour au lendemain, à 16 ans, sachant à peine faire cuire un œuf, je me suis retrouvée dans une chambre d’étudiant avec 625 € par mois, dont 350 de loyer…

Et votre père ?

Autant ma mère était cartésienne, autant il était mystique. Nos rapports commençaient à se stabiliser quand il est mort à son tour, sept ans après. J’étais encore anesthésiée et je ne me suis pas rendu compte à quel point c’était douloureux. Alors j’ai serré les dents et j’ai fait comme j’ai pu.

Miss Belgique en 2005, présentatrice météo à la télé belge puis sur TF1 depuis 2017, quel parcours !

Même si je me suis présentée au concours de Miss Belgique, je n’avais pas envisagé de le gagner. Je voulais juste rencontrer les partenaires et sponsors pour trouver un boulot. Si mon titre a fini par me servir, les débuts étaient moins reluisants. Les Miss Belgique ne sont pas salariées. Comme j’avais un loyer à payer, je faisais princesse le soir et j’étais vendeuse le jour. Une fois ma couronne rendue, j’ai trouvé un boulot de réceptionniste. C’est là qu’une cliente m’a reconnue et prévenue qu’il y avait un casting pour la météo.

Vous n’avez pas voulu devenir mannequin ou comédienne ?

Ma plastique m’a apporté beaucoup de choses mais elle m’a aussi beaucoup freinée. Quand on est jolie et sans diplôme, c’est qu’on n’a pas été capable de faire des études ou qu’on est superficielle. Un diplôme, c’est comme une habilitation. Je me disais "quelqu’un va découvrir un jour que je n’ai rien à faire ici". Mon sentiment de légitimité est arrivé quand TF1 m’a engagée parce que je sais qu’ils sont à cheval sur la météo.

Le parcours d’Évelyne Dhéliat vous a-t-il inspirée ?

À son contact, j’ai compris qu’on pouvait faire carrière avec classe et bienveillance. Il me reste à montrer qui je suis vraiment. Au fond de moi, je suis plus émission de témoignages ou d’aventures que Danse avec les stars, que je ne regrette absolument pas. D’ailleurs, c’est moi qui ai lancé aux producteurs : "Sur un malentendu, s’il y a un désistement, sachez que je suis partante !" Depuis, j’ai appris à lâcher prise et à introduire un peu de douceur dans mes bulletins et dans ma propre vie.

Que souhaiteriez-vous faire dans l’avenir ?

Animer un talk-show, une émission de terrain… Mais il faudrait que la grille coïncide avec mes envies. Sinon, j’adorerais recréer Allô Macha à la radio. Je trouve ça incroyable de donner l’antenne aux gens, de les laisser s’exprimer sur ce qui freine leur vie, leurs amours…

Et vous ? Vous parlez peu de vos amours…

Je donne beaucoup mais j’ai fixé ma limite, mon jardin secret. Peut-être que l’amour fera l’objet d’un autre livre… Pour le moment, je ne suis pas prête.

Pourtant, vous abordez la douleur d’un avortement…

C’était important d’expliquer combien c’est psychologiquement difficile à vivre. J’ai avorté parce qu’à l’intérieur j’étais encore une petite fille qui n’avait pas la force de s’occuper d’un petit être. Mais depuis, j’ai appris à m’aimer. Il y a désormais de la place pour des enfants. J’ai la certitude que j’aurai un enfant dans deux ans ou dans quatre avec quelqu’un que j’aime.

*Tout commence par soi (Albin Michel), 22 septembre 2021.

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