Un membre du Conseil supérieur de la magistrature mis en examen pour agressions sexuelles

Jean Cabannes, 65 ans, a été contraint de démissionner de son poste au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Il est soupçonné de quatre agressions sexuelles.

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C’est par un communiqué daté du 11 novembre que le Conseil supérieur de la magistrature fait état de la démission de l’un de ses membres, Jean Cabannes. Intitulé “démission d’un membre du conseil, personnalité qualifiée”, le communiqué précise avoir eu connaissance le 19 mai dernier, de sa mise en examen dans une procédure pénale. Convoqué devant la formation plénière de l’institution le 17 juin, il avait présenté sa démission quelques jours plus tôt, le 12 juin. “La formation plénière a pris acte de cette démission” conclut le communiqué.

Repéré par de forts tremblements de ses mains

Une information passée inaperçue jusque là et révélée par le Parisien. Selon le quotidien, les faits remontent au 5 février dernier. Une jeune femme de 19 ans est agressée sexuellement dans le métro. D’après les caméras de vidéosurveillance de la RATP, on observe clairement un homme en costume, changeant régulièrement de rame à chaque station de la ligne 7. Selon les enquêteurs, ce comportement est typique des prédateurs qui cherchent une proie.Plus troublant, trois autres victimes de violences sexuelles, en 2018 et 2019, ont été signalées dans le même secteur, et selon le même mode opératoire. Comme le raconte le quotidien, les images font état d’un même détail, un fort tremblement des mains du suspect. Il en résulte la mise en garde à vue d’un homme, le 18 mai, et mis en examen le lendemain et placé sous contrôle judiciaire. Le suspect est Jean Cabannes, 65 ans, officier de l’ordre national de la Légion d’honneur et du Mérite. Ce haut fonctionnaire, ancien directeur de cabinet du Président du Sénat, est membre du Conseil supérieur de la magistrature depuis janvier 2019 pour un mandat de quatre ans. Il aurait commis ces agressions sur son chemin pour se rendre au CSM.

Le suspect identifié notamment grâce à son portable

D’après l’enquête, c’est le témoignage de la quatrième victime, en février, qui aurait permis de faire avancer l’affaire. Elle décrit le comportement d’un homme venu se poster juste derrière elle, et se touchant le sexe. Selon son témoignage, elle lui aurait demandé d’arrêter. Il aurait alors souri, se touchant les lèvres. Durant les semaines suivantes, les enquêteurs parviennent à identifier le suspect, notamment grâce à des commerçants, et le prennent en chasse dans le métro. Ils parviennent à l’identifier, y compris grâce son téléphone portable qui bornait aux lieux et horaires des agressions. Interpellé, il aurait nié les faits, parlant d’une coïncidence, avant d’avancer d’autres versions. Placé sous contrôle judiciaire avec suivi psychologique, il a présenté sa démission un mois plus tard au CSM. “Mon client est outré et choqué par ces accusations qu’il vit comme une véritable infamie, indique son avocat, il nie farouchement les faits qui lui sont reprochés. D’ailleurs, sur les photos, les jeunes filles ne l’ont pas toutes reconnues”.

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