A Marseille, après quatre mois sans quotidien, les kiosquiers aux abois

« On est en train de crever et personne ne bouge » : si quelques kiosquiers marseillais ont enfin réussi à contourner le
blocage né du dépôt de bilan du distributeur Presstalis, la plupart sont aux abois, après quatre mois sans
quotidiens nationaux.

Depuis la liquidation de la SAD et la Soprocom, ses filiales en province, mi-mai, Presstalis (désormais France Messagerie) a remis sur les rails son système de distribution. Sauf dans les Bouches-du-Rhône.

Privés de titres nationaux depuis le 12 mai

« Il me vient une idée : Le Monde ne devrait-il pas être rebaptisé le Francilien ? », s’insurge un lecteur marseillais, dans un courrier à son journal préféré. « Ce que le coronavirus n’avait pas réussi à faire, la déconfiture de Presstalis l’a fait », ironise un autre habitué du journal, abonné depuis 1966.

Privés des titres nationaux depuis le 12 mai, les 280 kiosquiers et marchands de journaux des Bouches-du-Rhône sont victimes d’« un déni de démocratie », dénonçait le 31 août Culture Presse, l’association représentative de la profession, en stigmatisant « les blocages de la CGT et des salariés ex-SAD ».

« Si nous occupons notre dépôt (à Marseille), c’est seulement pour protéger le matériel », rétorque Maxime Picard, de la CGT. Officiellement licenciés depuis la liquidation de leur entreprise, les ex-SAD veulent reprendre leur activité sous la forme d’une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif).

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