01/29/2023

Ils servent à améliorer la texture, la couleur, la conservation ou le goût des aliments, mais ils n’apportent rien de bon pour la santé. Si leur usage est réglementé, les nutritionnistes recommandent tout de même de les éviter.

Avec Marie-Laure André, diététicienne nutritionniste.

Restez informée

  1. Fuir la charcuterie pleine de nitrites
  2. Bannir les édulcorants
  3. Privilégier le fait maison
  4. Se méfier des gâteaux et des viennoiseries
  5. Prendre le temps de lire les étiquettes
  6. Les livres qui aident

Fuir la charcuterie pleine de nitrites

Cet additif, qui donne sa couleur rose au jambon, joue un rôle dans sa conservation et dans son goût. On le retrouve également dans les saucissons et dans 75 % de la charcuterie de grande distribution. Dans un rapport publié au mois de juillet, l’ANSES, l’agence française de sécurité sanitaire, confirme que les nitrites sont associés à un risque de cancer, notamment colorectal. Un rapport parlementaire recommande leur totale interdiction d’ici 2025. Oui, mais en attendant ?

Mes réflexes gagnants : « On peut opter pour du « sans nitrite », qui s’affiche déjà depuis quelque temps au rayon charcuterie« , conseille Marie-Laure André, diététicienne nutritionniste. En revanche, il faut pour cette fois faire attention au bio : « Les sels nitrités font partie de la trentaine d’additifs autorisés, même si c’est en faible quantité », pointe la spécialiste.

Bannir les édulcorants

Aspartame, saccharine, acésulfame K, sucralose… Ces ingrédients occupent une place de choix dans les produits allégés, comme les yaourts, les sodas ou les bonbons « sans sucre ». La grande étude Nutrinet-Santé, menée entre 2009 et 2021, a montré que consommer régulièrement des édulcorants augmentait de 13 % les risques de cancers. Par ailleurs, l’intestin les digère très mal, ils provoquent des maux de ventre et sont suspectés d’appauvrir le microbiote.

Mes réflexes gagnants. Les nutritionnistes recommandent d’éviter tous les produits allégés. Si on fait attention à sa ligne et qu’on ne peut pas se passer de douceur, on aromatise ses laitages avec des épices ou un peu de confiture. Quant aux sucreries, mieux vaut se faire plaisir ponctuellement avec un vrai bonbon plutôt que de gober des confiseries bourrées d’ersatz de glucides.

Privilégier le fait maison

Les aliments ultra-transformés, comme les plats préparés, les soupes ou les purées en sachet contiennent une liste souvent longue d’additifs. « Beaucoup posent problème, comme les colorants de synthèse, les conservateurs ou les exhausteurs de goûts« , rappelle Marie-Laure André. Des études scientifiques pointent des risques de cancers, d’allergies, ou de destruction du microbiote intestinal. Les quantités sont réglementées, mais on connaît mal les synergies possibles, lorsque plusieurs additifs sont mélangés.

Mes réflexes gagnants. « Préférer les produits frais et bio reste la meilleure garantie« , conseille la diététicienne nutritionniste. Si on a besoin de gagner du temps, on peut se fournir en surgelés et en conserves de légumes, de viande ou de poisson non transformés. Par contre, si on en a l’occasion, préparer des plats à l’avance et les placer au congélateur permet de disposer d’alternatives saines pour les jours où l’on n’aura pas envie de cuisiner.

Se méfier des gâteaux et des viennoiseries

En 2019, une enquête du magazine 60 millions de Consommateurs révélait que les pains, brioches et gâteaux contenaient de nombreux additifs, même ceux préparés en boulangerie. Un pain un peu élaboré pouvait en contenir jusqu’à 24. Il s’agit en particulier de substances qui agissent sur la texture, comme les épaississants.

Mes réflexes gagnants. Légalement, la baguette tradition ou le pain au levain ne peuvent pas contenir autre chose que de la farine, du sel, de l’eau, du levain, et quelques adjuvants comme le gluten ou un antifongique. Intéressez-vous aux pains et pâtisseries bios puisque le peu d’additifs autorisés n’est pas mis en cause.

Prendre le temps de lire les étiquettes

Si on doit acheter un aliment transformé, on sélectionne son produit car tous ne se valent pas : un même plat (par exemple des lasagnes) a une composition différente (ingrédients, additifs…) selon les marques. D’une manière générale, on peut traquer et éviter les substances les plus controversées.

Mes réflexes gagnants. Quelques additifs sont particulièrement à proscrire, comme le E466 ou le E433, deux émulsifiants pro inflammatoires. Ils sont associés à une augmentation du risque de diabète de type 2. Les colorants artificiels (E100-E199) sont suspectés de provoquer des cancers et le glutamate de sodium (E624-E625), un exhausteur de goût très répandu, est considéré comme neurotoxique. Il perturbe aussi l’appétit et la digestion. Le benzoate de sodium (E211), un conservateur, pourrait induire des réactions allergiques et favoriser l’hyperactivité chez les enfants. En cas de doute, ou si l’on n’arrive pas à retenir tous ces noms, des livres, des sites internet comme celui de l’UFC-Que Choisir, ou encore des applications pour smartphones, comme Yuka, permettent de mieux s’y retrouver.

Les livres qui aident

Ces deux petits ouvrages font toute la lumière sur ces longues listes d’additifs que nous infligent les industriels. À consulter au moindre doute, même au supermarché.

Le nouveau guide de poche des additifs, Rosalie Chancerelle, éd. Leduc.
Les additifs alimentaires, un danger méconnu, Marie-Laure André, éd. Jouvence.

Merci à Marie-Laure André, diététicienne nutritionniste.

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