Aurélie Saada : "Des Noëls d’enfant exotiques et merveilleux"

Chanteuse glamour, aux textes sensuels et intimes, on connaît Aurélie Saada comme « la moitié » de Brigitte. En 2008, ce tandem tout en glamour et en paillettes marque la scène française par ses influences sexy et seventies.

Une décennie de création et de scènes

Pendant près de quinze ans, Aurélie Saada et Sylvie Hoareau vont se jouer de la figure de l’éternel féminin. Leur nom est un hommage à Brigitte Bardot, Brigitte Lahaie et Brigitte Fontaine. Folk, psychédélique, hip-hop, oriental, elles ne s’interdisent aucun genre. 

En 2010, elles se font remarquer avec leur EP Battez-vous. La reconnaissance du public se fera par la scène, avec une série de concerts en France comme à l’étranger En 2011, l’album Et vous, tu m’aimes ? est certifié double disque de platine. En 2012, le duo est récompensé aux Victoires de la Musique par le prix de l’artiste révélation scène. En 2014, le single À bouche que veux-tu rencontre un grand succès.

En 2017, leur troisième album Nues est certifié disque d’or. En février 2021, on comprend à demi-mot sur les réseaux sociaux que le duo se sépare.

Rose, premier long métrage d’Aurélie Saada, en salles depuis le 8 décembre

Avec Rose, Aurélie Saada signe un premier film juste et touchant. Rose perd son mari à 78 ans. Que va-t-elle devenir sans celui qui a partagé sa vie durant des décennies. Ses trois enfants l’entourent tant bien que mal mais elle, que va-t-elle faire ?

Rose, c’est l’histoire d’une émancipation. Celle d’une épouse dévouée, d’une mère aimante qui en affrontant la solitude et le deuil, va partir à la découverte de la femme qu’elle est. C’est bouleversant de vérité et de sensualité. Françoise Fabian est magistrale dans ce rôle.


franceinfo : « Exotiques et merveilleux », c’est en ces termes que vous qualifiez vos Noëls d’enfant. Pourquoi ?

Aurélie Saada : Parce que je suis d’une famille originaire de Tunisie, mes parents juifs tunisiens ont émigré en France. Pour nous Noël, c’était exotique, c’était génial ! Ma grand-mère faisait la crèche, il y avait le sapin mais aussi la Menorah (le chandelier à sept branches). C’était vraiment un moment de fête, c’était quelque chose de magique.

Et puis, il y avait la famille mais aussi les copains, tous ceux qui n’avaient pas de famille justement ou qui ne voulaient pas passer les fêtes avec elles. C’était très sympathique.

La tradition, c’est qu’il n’y avait pas de tradition ?

Exactement, c’était tout nouveau pour nous. Je pense que mes parents étaient tellement heureux d’être en France et d’embrasser cette culture-là que cela nous faisait rire.

Dans votre famille, la cuisine est une déclaration d’amour. Et il y en avait des bons petits mets pendant cette période de fête. Petite, vous aimiez à rester dans la cuisine afin d’aider à préparer les repas. Quelles sont les senteurs qui vous reviennent ?

Quand je pense à mon enfance, je pense au cumin, parce qu’on en mettait à peu près partout. Tout est bon quand il y a du cumin ! Et puis dans les plats sucrés, il y avait de la fleur d’oranger. Je pense que la dinde aux marrons devait donc avoir du cumin quelque part ! Et la bûche de Noël, un peu de fleur d’oranger.

Décorer le sapin était aussi une fête. Est-ce que vous le faisiez avec votre complice de toujours, votre sœur ?

Oh oui ! Mes parents nous laissaient vraiment très libres ma sœur et moi, on s’amusait beaucoup dans l’appartement. Les objets étaient là pour qu’on vive avec, ils n’étaient pas cachés dans des vitrines, enfermés à l’abri des enfants.

On avait le droit de jouer avec tout, tout en respectant. Comme s’ils nous responsabilisaient très tôt. Donc oui, je crois que très vite on s’est occupé de la décoration du sapin. C’était assez bizarre, on devait sacrément mélanger les couleurs mais cela faisait partie du jeu.

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