Avatar bûche, cadeau virtuel… Comment fêtera-t-on Noël dans le métavers ?

  • La cinquième vague de Covid-19, rend évident l’intérêt du métavers. Aller zoner dans un monde parallèle pourrait d’ailleurs se démocratiser dans les années à venir.
  • Dans ce monde virtuel, on peut avoir un sapin, des NFT en guise de cadeaux, et se présenter sous la forme de l’avatar de notre choix.
  • 20 Minutes livre trois scénarios d’un Noël en famille dans le monde virtuel.

Si vous avez passé le premier confinement à organiser des apéros sur Skype ou sur Zoom, fêter Noël dans le métavers ne devrait pas vous troubler. Et, avouons-le, en pleine cinquième vague de
Covid-19, portée par le
variant Omicron, pouvoir manger la dinde en famille sans risquer de contaminer votre Papy diabétique et accessoirement antivax, ce ne serait pas du luxe. Ça tombe bien, les projets de métavers se multiplient : « Horizon Worlds » de
Facebook (Meta) ; Microsoft, The Sandbox, Roblox… Aller zoner dans un monde parallèle pourrait se démocratiser dans les années à venir.

Dans sa définition la plus courante, le métavers désigne un monde jumeau virtuel dans lequel on entre grâce aux technologies immersives, principalement les lunettes de réalité virtuelle, dans la veine de Ready Player One de Steven Spielberg d’après le roman d’Ernest Cline. Il peut également être décrit comme une fusion du monde virtuel et du monde réel grâce à la réalité augmentée, sur les pas de
Pokémon Go : des éléments virtuels apparaissent dans la réalité.

Avec l’explosion des NFT (non fungible token ou jetons non-fongibles), des objets virtuels à l’identité, l’authenticité et la traçabilité incontestables et inviolables grâce à la blockchain, on pourra non seulement socialiser dans l’espace numérique mais aussi faire ses emplettes, collectionner des œuvres, habiller son avatar… Trois scénarios plausibles (quoique) pour fêter Noël en famille sans bouger de chez soi.

Chacun chez soi, des lunettes et basta

Plutôt que de prendre le risque de contaminer ses proches, mieux vaut rester chez soi, enfiler son casque VR et passer le 24 décembre au soir ou le 25 en distanciel. Cela évite de se prendre la tête sur notre tenue vestimentaire, d’autant que, côté avatars, il y a de quoi se faire plaisir dans le métavers. « L’outil MetaHuman creator d’Epic Games permet de générer un double hyper réaliste. Ou, au contraire, on peut choisir un avatar complètement surréaliste, prendre l’apparence d’une dinde aux marrons, d’une bouteille de champagne, d’une bûche… », décrit Sylvain Louradour, auteur du livre The New Now de l’observatoire de l’innovation digitale Netexplo. Tout est possible. Et, avec les NFT, il est désormais possible d’acheter des « vrais » cadeaux virtuels à sa famille avec des crypto-monnaies (en particulier l’Ether). Une œuvre d’art numérique, des crypto-baskets de grandes marques pour crâner avec une pièce authentifiée.

Nike, Adidas, Guerlain, Dolce & Gabbana, pour ne citer qu’eux, se sont récemment mis aux cryptos. « Comme on sait que les NFT valent par leur position sur le marché, et donc leur valorisation. On pourrait avoir des cadeaux qui se valorisent dans le temps », poursuit-il. Et ça fait des tas de possibilités de cadeaux à déposer sous le sapin virtuel.

Le seul bémol dans ce scénario, c’est la dégustation de la dinde. On peut envisager que chaque membre de la famille se fasse livrer le même repas pour partager des sensations identiques. Mais ce n’est pas très pratique… Mieux vaut imaginer des nouvelles expériences sensorielles. « Dans le métavers, on peut manger une dinde au parfum de fraise, imagine Sylvain Louradour. Avec Norimaki synthesizer, un écran à lécher, on peut faire l’expérience de goûts complètement inédits. » On risque de finir la soirée affamés, mais on ne pourra plus dire que les fêtes de fin d’année font grossir.

Tous à table mais chacun dans son monde

Pour pousser le «cauchemar» encore plus loin, on peut imaginer un repas de famille où tous les membres autour de la table portent un casque VR sur la tête. Ils interagiraient dans le métavers plutôt que dans le réel. « On pourrait configurer le décor comme on veut, soit un préfabriqué, dans le genre de celui de Horizon Worlds de Meta (Facebook), soit des décors créés de toutes pièces », décrit Sylvain Louradour. Mais Olivier Godest, directeur général du salon Virtuality, n’y croit pas une seconde.

« Si je réfléchis en termes d’usages, je trouve ça caricatural. L’expérience de réalité virtuelle se prête bien à du gaming, à des expériences de découverte, d’immersion documentaire, mais je ne suis pas sûr que les gens aient envie de boire des coups avec un casque sur la figure », explique ce dernier. On peut envisager une séance de réalité virtuelle en fin de repas. Cela dit, évitez de forcer sur la boisson qui pourrait accentuer la cinétose. Une personne sur trois, après une exposition à la réalité virtuelle, peut développer des symptômes plus ou moins prononcés de cybermalaise.

L’hologramme de l’oncle Alfred pour l’apéro

Le scénario le plus probable serait de voir apparaître oncle Alfred sous forme holographique. Ambiance Star Wars. « Pour moi, le métavers, c’est une addition de technologies différentes. Comment le virtuel se mêle au réel », insiste Olivier Godest. L’idée n’est pas de passer l’intégralité du repas en distanciel mais d’avoir des petites incursions de virtualité tout au long de la soirée. « A la fin du repas, on appelle grand-père ou tonton et il apparaît à table sous forme d’avatar sur le modèle de la présentation de Horizon Worlds », poursuit le fondateur de Virtuality.

De même, le shopping de Noël pourrait faire le pont entre virtuel et réel. L’achat d’un vêtement serait doublé de l’acquisition de son jumeau virtuel certifié par la marque. « Les centres commerciaux du métavers viendraient en complément des sites Web classiques. On retrouvera le business de création de vitrines pour donner de l’inspiration aux gens », décrit-il. Soit on achète en euro un cadeau réel dans le métavers, soit il se double d’un NFT dans le virtuel qu’on pourrait payer en euro ou en crypto, soit on choisit un objet exclusivement virtuel financé par l’ether (ou autres). Un monde des possibles s’offre à nous.

Un sapin qui ne perd pas ses épines, un repas ultra-diététique, des proches en forme d’avatar et des cadeaux accessibles seulement dans le numérique. Si ça, ce n’est pas de la féerie, qu’est-ce que c’est ?

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