Cancer du sein : certains polluants le rendraient-ils plus agressif ?

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Responsable de plus de 12 000 décès par an, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. De nouvelles recherches menées par une équipe française suggèrent que sa gravité pourrait aussi être lié à la pollution.

Ils s’appellent POPs mais ils n’ont de cool que leur nom… Ces polluants organiques persistants augmentent le risque de développer un cancer du sein. On sait déjà que l’exposition aux polluants environnementaux serait un facteur de risque. Une nouvelle étude française menée par une équipe de l’Inserm s’est penchée cette fois sur l’impact de l’exposition à ces polluants (que l’organisme ne peut pas éliminer) sur le développement du cancer. Autrement dit, joueraient-ils aussi un rôle sur la gravité de la maladie et la formation de métastases ? On sait en effet que la présence de métastases à distance de la tumeur d’origine est un marqueur d’agressivité du cancer. Le taux de survie à cinq ans du diagnostic est alors de seulement 26 %.

Pour le savoir, les scientifiques ont analysé des échantillons de tissus adipeux proches des tumeurs de 91 femmes, dont certaines en surpoids, pour y rechercher la présence de polluants. Sans surprise, ils y ont trouvé les fameux « POPs», en particulier de la dioxine. Ils ont mis en évidence chez toutes les patientes un lien entre concentration de dioxine et de PCB (polluants générés par des procédés industriels) et taille de la tumeur, ainsi que stade métastasique plus élevé. Les malades qui présentaient les plus grosses concentrations de PCB avaient également un plus grand risque de récidive. En résumé, plus la concentration en POPs dans le tissu adipeux est importante, plus le cancer du sein est agressif.

Xavier Coumoul qui a dirigé ces travaux, explique que “les adipocytes, les cellules du tissu adipeux qui stockent les graisses, jouent un rôle important en tant que cellules associées dans le développement du cancer du sein. En effet, le tissu adipeux fonctionne comme une glande endocrine (sécrétant des hormones dans la circulation sanguine) et nous avions précédemment montré que les POPs étaient responsables d’une inflammation de ce tissu adipeux changeant la nature et le comportement des adipocytes. La sécrétion excessive de molécules inflammatoires et le relargage des POPs stockés par ces adipocytes pourraient alors favoriser la formation de métastases.”

Les chercheurs se veulent toutefois prudents quant à ces travaux préliminaires – qu’ils publient dans la revue Environment International – du fait du petit groupe de femmes observé.

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