"C’est toxique" : la championne olympique Sydney McLaughlin dénonce la pression et la haine sur les réseaux sociaux

Elle est rentrée aux Etats-Unis avec deux médailles d’or de double championne olympique aux Jeux Olympiques de Tokyo cet été. Au sommet de sa discipline, la recordwoman du monde du 400 m haies dénonce aujourd’hui l’envers de la médiatisation inhérente à son statut. Mardi 24 août, l’Américaine Sydney McLaughlin a dénoncé dans une vidéo la pression et la toxicité des réseaux sociaux, exacerbée lorsque l’on est une personne célèbre.

Sur son compte Instagram, la jeune femme de 22 ans fond en larmes alors qu’elle dénonce la méchanceté gratuite et les torrents de haine injustifiés qu’elle reçoit tous les jours : “Il y a tant de choses que je ne comprends pas ici. Je ne pense pas être méchante ou impolie avec les gens, je ne leur fais rien et ils se sentent offensés. Je peux faire des choses bien, et m’occuper de mes affaires, ils seront offensés”.

Cette vidéo de 10 minutes a en réalité été filmée deux jours après les essais olympiques aux États-Unis, en juin. Sur le moment, l’athlète y évacue sa tristesse et sa frustration concernant la situation qu’elle vit sur les réseaux sociaux mais ne la poste pas. C’est en la revoyant quelques semaines plus tard, qu’elle se rend compte que le message doit être partagé.

Sportive, célèbre et punching-ball

Dans ce dernier, elle dénonce la pression et les risques pour la santé mentale que les réseaux sociaux peuvent infliger au quotidien à toute personnalité, d’autant plus lorsqu’elle est publique. Elle explique que sa notoriété de sportive s’accompagne en effet d’un lot de messages de vexation et haine que Sydney McLaughlin a de plus en plus de mal à supporter : “Nous n’avons pas été conçus pour supporter un tel poids, pour attirer une telle attention, nous ne sommes pas faits pour être célèbres”.

Nous n’avons pas été conçus pour supporter un tel poids, pour attirer une telle attention, nous ne sommes pas faits pour être célèbres 

“Je suis heureuse de ne plus vivre pour le regard des autres, car ce genre de moment aurait pu me mettre à terre pendant trois semaines”, constate la jeune femme, alors que l’attention médiatique et publique s’était à nouveau enflammée à l’approche des JO.

Les attaques l’ont pourtant profondément remuée. Sydney McLaughlin confie en larmes : “Je suis reconnaissante de pouvoir parler à tellement de gens [sur les réseaux sociaux] mais je n’en veux pas, c’est toxique, ça me rend véritablement malade”. 

Elle poursuit : “On n’est pas obligés d’être amis, vous pouvez ne pas adhérer à mes messages, mais dans le monde du sport, à 21 ans [désormais 22], avoir participé deux fois aux Jeux olympiques et être recordwoman du monde, je demande juste un peu de respect”.

Une remise en question constante de ses compétences

Autre fait qu’elle dénonce : le lien faux et sournois que certains font entre son nombre de followers et sa place gagnée en tant qu’athlète dans l’équipe Américaine. Comme si sa notoriété sur les réseaux sociaux prédominait d’une quelconque manière ses performances et son mérite.

Ça me sidère. Des gens qui ont été mes coéquipiers, qui m’ont vu mourir tous les jours à l’entraînement, croient que je suis ici aujourd’hui parce que j’ai des abonnés

“Ça me sidère. Des gens qui ont été mes coéquipiers, qui m’ont vu mourir tous les jours à l’entraînement, croient que je suis ici aujourd’hui parce que j’ai des abonnés”, scande la double championne olympique en titre.

Comme elle l’explique très bien : “Je ne peux pas contrôler qui appuie sur le bouton “suivre”, mais je peux contrôler ce que je fais sur cette piste, et c’est la chose qui n’est pas respectée et ça me dépasse”.

La question de la santé mentale dans le milieu sportif enfin posée

Le message véhiculé par la sportive Sydney McLaughlin fait écho à une prise de parole de plus en plus ouverte sur la santé mentale dans le sport. L’une des premières à avoir mis l’accent sur la pression médiatique subie par les athlètes est Naomi Osaka. En juin dernier, elle s’est d’ailleurs retirée de Roland-Garros pour préserver sa santé mentale.

Plus récemment, lors de JO de Tokyo c’est l’icône américaine de la gymnastique Simone Biles qui a fait passer sa santé mentale avant la compétition. La jeune femme s’est retirée de la compétition générale pour se concentrer sur sa santé mentale.

Des décisions fortes qui, on l’espère, interpelleront enfin les fédérations et libèreront la parole d’autres athlètes.

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