Charles-Henri Flammarion, ancien président de la maison d’édition, est mort

Le monde du livre est en deuil. Charles-Henri Flammarion, héritier de la maison d’édition du même nom qu’il a dirigée jusqu’en 2003, est décédé lundi à l’âge de 74 ans. « Le monde de l’édition perd une de ses grandes figures emblématiques (…) La maison sait ce qu’elle doit à son audace visionnaire : une diversité éditoriale qui fait aujourd’hui notre force », a déclaré mardi sa présidente Anne Pawlovitch, citée dans un communiqué.

Rachat de Tintin

Charles-Henri Flammarion était l’arrière-petit-fils d’Ernest, fondateur de cette maison d’édition en 1876. Après y avoir été attaché de direction et directeur général, il est désigné en 1985 PDG de la librairie Ernest Flammarion, à la mort de son père Henri. L’entreprise devient en 1996 Flammarion SA, au moment d’une introduction en Bourse. Elle rachète en 1999 Casterman, l’éditeur de Tintin.

En 2000, il orchestre la vente de l’entreprise familiale, alors cinquième éditeur français, contrôlé avec ses frères Alain et Jean-Noël. Il explique qu’avec l’acquéreur, le groupe italien Rizzoli Corriere della Sera, il a trouvé un partenaire capable de financer sa politique d’acquisitions. Mais Rizzoli le pousse vers la sortie trois ans plus tard. Charles-Henri Flammarion dit quitter la maison « avec regret », et prend sa retraite à 57 ans. Sous sa présidence, Flammarion était devenu l’éditeur de l’écrivain français qui allait devenir le plus influent dans le monde, Michel Houellebecq. Celui-ci est resté fidèle à la même maison depuis son deuxième roman, « Les Particules élémentaires » (1998).

La secrétaire générale du pôle édition de Flammarion, Sophie Berlin, a salué les « nombreux succès en littérature » connus sous Charles-Henri Flammarion, ainsi que « son goût sûr qui a accompagné les aventures éditoriales les plus diverses : des grandes monographies d’art aux premiers livres à 10 francs » (Librio, lancé en 1994). « Un très grand éditeur, élégance et intelligence lumineuse, l’esprit toujours en éveil », a affirmé la maison d’édition Au diable Vauvert, dont il avait accompagné la création. « C’était une vraie figure d’éditeur, qui avait un profond respect pour les choses de l’esprit, en même temps qu’il était un chef d’entreprise avisé », a déclaré à Livres Hebdo l’un de ses anciens collaborateurs, Gilles Haéri, qui travaille aujourd’hui chez un concurrent, Albin Michel.

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