Chloé Delaume récompensée du prix Médicis du roman français

Chloé Delaume a remporté le prix Médicis du roman français pour Le Cœur synthétique (Seuil), décerné alors que d’autres jurys ont choisi d’attendre
la réouverture des librairies, a annoncé ce vendredi la présidente du jury Marie Darrieussecq.

« Je n’osais pas y croire. Nous étions dix et il y avait des concurrents très, très sérieux », a affirmé la lauréate sur France Inter. « Ce livre est un aboutissement, avec aussi une certaine légèreté, ce qui n’est pas le cas dans tous ses livres », a commenté Marie Darrieussecq.

Antonio Muñoz Molina, prix Médicis du roman étranger

Le Cœur synthétique raconte l’histoire d’une attachée de presse dans l’édition, divorcée sans enfant, qui à l’approche de ses 50 ans peine à trouver un sens à sa vie et un homme qui lui convienne. « C’est qu’il a tant vieilli, le Cœur d’Adélaïde. Il accepte le réel, il sait se protéger. Il ne veut plus saigner, se préfère encore vide. Le Cœur d’Adélaïde se voudrait embaumé », écrit la romancière de 47 ans.

Le prix Médicis du roman étranger est allé à Antonio Muñoz Molina pour « Un promeneur solitaire dans la foule » (Seuil). Cet Espagnol de 64 ans avait publié en 2018 cette déambulation dans les métropoles où il a vécu, Madrid, Lisbonne, Paris et New York, et où il réfléchit à la beauté du monde, celui des artistes, et à sa laideur, celui des capitalistes. « C’est une rêverie qui va nous permettre en ces temps de confinement de nous promener dans les villes et dans les rêves », a affirmé Marie Darrieussecq.

Le prix de l’essai pour le Norvégien Karl Ove Knausgaard

Enfin, le prix de l’essai a été décerné au Norvégien Karl Ove Knausgaard, 52 ans, pour Fin de combat (Denoël), sixième et dernier volet de son cycle autobiographique Mon combat. Ce livre de 1.400 pages revient sur le début en 2009 de la publication du grand œuvre d’un auteur très controversé, qui devient subitement une star. Il est confronté à la colère de son père. « C’est dans ce but, devenir riche, que, moi, j’avais exposé ma propre famille sur la place publique. Publier un tel livre était résolument inacceptable, parce qu’il était mensonger et qu’il portait atteinte au respect de la vie privée », se souvient le romancier.

Comme le Femina, le Médicis a indiqué vouloir continuer à faire vivre l’actualité du livre. « Le Prix Médicis a fait le pari que ses lecteurs, amoureux de littérature exigeante, feront le choix de leur libraire par ‘réservation et retrait’ plutôt que d’Amazon, en attendant la réouverture totale des libraires », a écrit Marie Darrieussecq dans un communiqué.

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