Chômage après 55 ans : comment réduire son impact sur votre pension de retraite

Près de quatre nouveaux retraités sur dix se retrouvent sans emploi l’année qui précède la quille. Certaines astuces permettent de limiter les dégâts.

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Reculer son licenciement

Quand on perd son emploi après 55 ans, on peut être indemnisé par Pôle emploi pendant trois ans, contre deux ans à deux ans et demi avant cet anniversaire. Sous certaines conditions, cela peut même durer plus longtemps, jusqu’à l’obtention du taux plein. Pour ce faire, il faut être en cours d’indemnisation à 62 ans, au moins depuis un an ; avoir été affilié durant minimum douze ans à l’assurance chômage ; et disposer d’au moins 100 trimestres validés à l’assurance vieillesse.

Vous remplissez toutes ces conditions ? Si vous êtes licenciée juste avant 59 ans, vos allocations chômage s’arrêteront juste avant vos 62 ans, ce qui vous empêchera de profiter de ce dispositif. Dans ce cas, tentez de repousser votre licenciement jusqu’à votre 59e anniversaire. Vous l’obtiendrez facilement si vous négociez un “package” de départ (en rognant sur d’autres avantages) mais plus difficilement s’il s’agit d’un licenciement économique et que vous n’êtes pas la seule concernée. “Poser ses congés payés au lieu de se les faire payer peut également décaler la date fatidique de quelques précieuses semaines”, complète Rémy Gautier, directeur de la production chez Maximis Retraite.

Passer en retraite progressive ou à temps partiel

Votre employeur semble ouvert au dialogue et souhaite seulement diminuer sa masse salariale ? Alors, envisagez avec lui une retraite progressive : à condition d’avoir au moins 60 ans et de justifier de 150 trimestres d’assurance, ce dispositif permet de percevoir une partie de sa pension tout en continuant à travailler à temps partiel (entre 40 % et 80 %). Attention, il vous faudra du coup effectuer deux fois les démarches auprès des organismes de retraite : d’abord pour obtenir une liquidation à titre provisoire, puis quand vous partirez définitivement (le montant sera recalculé avec les droits acquis durant l’activité partielle). Si vous ne remplissez pas les conditions, sollicitez un temps partiel afin de limiter votre décote. Vous pouvez le présenter comme une étape pour décaler votre licenciement et vous permettre d’avoir le chômage jusqu’à l’âge d’une retraite à taux plein.

Vérifier son éligibilité à la retraite anticipée

“Beaucoup de gens ignorent qu’ils peuvent partir à la retraite à taux plein dès ans au lieu de 62 ans, parce qu’ils ont commencé à travailler avant 20 ans et validé le nombre de trimestres exigé”, constate Rémy Gautier. Prenez garde à ne pas perdre le bénéfice de ce départ anticipé pour carrière longue, car seuls quatre trimestres au titre du chômage indemnisé peuvent être retenus pour évaluer l’éligibilité. Exemple ? Licenciée à 58 ans, vous serez indemnisée huit trimestres, mais seuls quatre seront retenus dans le calcul : quatre trimestres risquent donc de vous manquer pour partir à 60 ans. Essayez de décaler votre départ à 59 ans, ou de retravailler ailleurs un an avant de percevoir le chômage.

Reprendre un job pour une courte durée

Exercer durant quelques mois une activité vous permettra de recharger vos droits au chômage pour au moins quatre mois, mais aussi de valider des trimestres afin de partir sans décote trop élevée : il suffit de gagner 6 150 euros dans l’année pour en valider quatre en 2021.

Cotiser de votre poche

Prenez Pauline, licenciée à 58 ans : son entreprise refuse de décaler son licenciement ou de la passer à temps partiel. Pour atteindre l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans et toucher jusque-là une indemnité chômage, elle peut aussi demander (dans les six mois après la fin de son contrat) à “cotiser à titre volontaire”. En pratique, elle ne perçoit pas d’allocations durant sa première année de chômage et rachète une année de cotisation vieillesse (le coût variant de 3 780 à 7 600 euros selon le dernier revenu d’activité). À 59 ans, elle fait ensuite valoir ses droits au chômage. Avec quatre trimestres manquants cet investissement évite une décote de 5 % sur l’ensemble des retraites et se rentabilise en cinq à huit ans (selon le montant de la retraite). Mais cette solution n’est envisageable que si l’on peut vivre une année sans ressources, en acquittant les cotisations.

Les conseils de l’expert

“Faites-vous conseiller. Il serait dommage de perdre le bénéfice d’un dispositif à quelques semaines près ou de racheter des trimestres sans vous rendre compte que vous avez droit au chômage jusqu’à l’obtention du taux plein automatique.”

Merci à Rémy Gautier, directeur de la production chez Maximis Retraite.

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