Clotilde Delbos, DGA de Renault Group : "Être CEO par intérim est le plus gros challenge que j’aie jamais relevé"

À la tête de Mobilize, la directrice générale adjointe et directrice financière de Renault Group crée une offre de mobilité 100 % électrique.

Madame Figaro.- Une heure de réveil ?
Clotilde Delbos. – 5 h 50.

Le pitch de votre poste ?
Directrice générale adjointe, j’épaule la direction générale et le conseil d’administration dans leurs décisions stratégiques. En tant que directrice financière, mon rôle est de les éclairer avec les bons chiffres pour réduire les coûts là où c’est nécessaire, surtout dans la situation délicate due à la pandémie, tout en préservant les investissements d’avenir. DG de Mobilize depuis janvier, je dois préparer le futur de Renault et de la mobilité.

En vidéo, dans les coulisses de la cérémonie du prix Business with Attitude 2021

Des résultats à donner ici et maintenant ?
Nous avons réussi à insuffler l’idée, au sein du groupe, que l’avenir de notre industrie est centré sur les usages plus que sur l’objet que l’on fabrique. Mobilize lancera dans quelques mois son premier véhicule proposé sur abonnement aux taxis et aux VTC. Nous avons racheté des start-up de la mobilité et installé 1000 bornes de recharge de voiture électrique dans onze pays.

Des défis pour demain ?
Trouver la clé d’une offre de services de mobilité 100 % électrique, adaptée aux usagers et aux villes, avec un business model rentable. Personne n’a encore découvert la recette et nous ferons forcément des erreurs. Je dois accepter de prendre beaucoup plus de risques que dans mes rôles précédents.

Des obstacles sur la route ?
Les seuls que j’ai rencontrés étaient liés à des divergences de valeurs. Lorsque je ne suis plus en adéquation avec celles d’un groupe, je m’en vais, comme lorsque j’ai quitté Constellium, l’ex-Pechiney, où j’ai passé vingt ans.

Vos accélérateurs de parcours ?
À 15 ans, j’ai passé un trimestre au Canada anglophone. J’y ai appris qu’on pouvait partir, s’ouvrir et s’adapter. Ce que j’ai toujours cherché, ensuite, en acceptant des postes pour lesquels je n’étais pas 100 % prête. Ou, aujourd’hui, en créant à partir d’une page blanche.

S’il faut remonter à l’origine ?
Je suis née à Nancy, de deux parents professeurs très attachés à la valeur travail. Nous étions trois enfants et j’étais celle du milieu. J’ai toujours aimé parler, convaincre. Ma mère disait que j’aurais voulu être l’aînée.

Qui vous a fait confiance ?
Jean-Dominique Sénard, président de Renault, qui m’a demandé d’être CEO par intérim (après le départ de Thierry Bolloré et Carlos Ghosn, NDLR), le plus gros challenge que j’aie jamais relevé. J’ai essayé de diriger cette entreprise de la façon la plus humaine et transparente possible. Chaque nouveau poste est une marche supplémentaire. Il faut se faire confiance pour oser la franchir.

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