Comment maîtriser une allergie aux acariens ?

  • Qu’est-ce que des acariens ? Où les trouve-t-on ?
  • Quels sont les symptômes d’une allergie aux acariens ?
  • Comment pose-t-on le diagnostic ?
  • Quels sont les traitements proposés aux patients ?
  • Allergies aux acariens : à quels labels se fier ?
  • Que penser des sprays et huiles essentielles anti-acaricides ?
  • Est-il possible de développer des allergies croisées ?

Le seul mot qui nous vient à l’esprit à la seule pensée ou évocation des acariens est : dégoûtant ! D’autant plus lorsque l’on sait qu’ils squattent nos maisons allègrement, dorment avec nous et courent avec leur petites pattes poilus le long de notre corps. Pire : chez certains d’entre nous, ils peuvent déclencher des allergies pouvant déboucher sur des pathologies contraignantes comme l’asthme. 

Selon un rapport publié en mars 2019, un Français sur quatre serait touché par une allergie respiratoire. Dans 40% des cas, celle-ci serait provoquée par des acariens et poussières diverses.

La guerre aux acariens est déclarée. 

Qu’est-ce que des acariens ? Où les trouve-t-on ?

Invisibles à l’oeil nu, les acariens sont des sortes d’araignées microscopiques à 8 pattes qui se nourrissent de débris de peau humaine et animale. Ils sont présents dans toutes les maisons et se nichent de préférence en profondeur dans les matelas, les rembourrages, les tapis, les coussins…

“Pour se développer, les acariens ont besoin de chaleur et d’humidité : c’est pourquoi ils abondent dans les régions humides et disparaissent dans les climats secs et au-delà de 1500 m. d’altitude en Europe. L’automne est la plus mauvaise saison pour les personnes allergiques aux acariens”, note l’Association Française pour la Prévention des Allergies (AFPRAL).

Quels sont les symptômes d’une allergie aux acariens ?

“Les symptômes d’une allergie aux acariens (ou allergie à la poussière) ressemblent beaucoup aux symptômes d’un rhume : démangeaisons des yeux ou larmoiements, maux de tête, maux de gorge, nez qui coule ou bouché, toux et éternuements répétés“, nous confie Noémie Gest, allergologue au groupe hospitalier Saint-Joseph de Paris. “Mais d’autres parties du corps peuvent également être affectées, comme les poumons avec de l’asthme et la peau avec des dermatites atopiques“, ajoute la spécialiste.

À savoir : un enfant allergique aux acariens a cinq fois plus de risques de développer un asthme en grandissant.

L’allergie aux acariens n’est pas vraiment provoquée par les acariens eux-mêmes, mais surtout par les débris de ces micro-organismes morts et leurs excréments. Les symptômes entraînés par l’inhalation de la poussière domestique peuvent être présents toute l’année mais sont plus fréquents lors du pic d’exposition aux acariens en automne et hiver (car le logement est moins souvent aéré et davantage chauffé), mais aussi au cours des périodes de reproduction (octobre, novembre, mars, avril).

Aussi, “ces symptômes sont souvent plus intenses pendant la nuit et le matin au réveil car les acariens affectionnent particulièrement la literie, après une nuit entière passée sous la couette, on a donc été exposé à ces petites bêtes pendant plusieurs heures”, décrit le site Ma vie d’allergik.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Avant toute chose, il vous faut consulter un médecin allergologue. Puis, “pour déterminer si une personne est allergique aux acariens, deux tests peuvent être pratiqués : un test cutané et/ou un test sanguin”, rapporte la Dre Noémie Gest.

Le test cutané, aussi appelé prick test, consiste à tester la réaction de la peau, généralement à l’intérieur de l’avant-bras, au contact d’une toute petite quantité d’allergène. Le médecin pique légèrement la peau au travers de chaque goutte pour introduire la substance au niveau de l’épiderme. En cas d’allergie, un gonflement et une rougeur qui s’accompagnent de démangeaisons peuvent survenir. Le test est considéré comme positif si le diamètre de l’induration est supérieur à 3mm par rapport au témoin négatif.

Un test sanguin consiste à effectuer une analyse de sang afin de déterminer si le sérum contient des anticorps spécifiques de l’allergie et contre quels allergènes ils sont orientés. Les résultats sont plus longs à obtenir que les tests cutanés immédiats et sont plus coûteux, mais offrent un avantage si le patient a des lésions étendues de la peau ou s’il utilise des anti-histaminiques de façon chronique.

Quels sont les traitements proposés aux patients ?

Plusieurs approches thérapeutiques peuvent être proposées aux personnes allergiques aux acariens.

D’une part, les traitements non pharmacologiques comme par exemple les mesures d’évictions chimiques et physiques des acariens. On recense parmi elles :

  • L’utilisation de housses pour matelas et literie anti-acariens.
  • L’éviction des tapis, moquettes, peluches et meubles rembourrés et autres nids à poussière de la chambre à coucher.
  • Le maintien d’une température ambiante dans la chambre de 18 à 19° C et une humidité de moins de 50%.
  • Le lavage régulier à 60° C de la literie (draps, fourres de duvet et d’oreiller 1 x/semaine ; oreiller, duvet, couverture en matière synthétique ou coton tous les deux mois).
  • Le passage de l’aspirateur si possible avec filtre HEPA (High efficiency particulate air filter) une fois par semaine avec un masque (ou demander à un membre du foyer de le faire).
  • L’aération quotidienne de la chambre entre 30 et 60 minutes.
  • Le dépoussiérage des meubles et surfaces (sol, cheminée…) avec un chiffon humidifié une à deux fois par semaine. À éviter : les plumeaux et dépoussiérants en bombe.

D’autre part, l’approche pharmacologique que l’on sépare en deux catégories : premièrement les traitements symptomatiques de l’asthme, de la rhinite et de la dermatite atopique et deuxièmement l’immunothérapie spécifique, également nommée désensibilisation. Cette dernière est longue et relativement coûteuse, mais elle peut être prise en charge. Elle est donc à proposer à chaque patient, surtout si le traitement symptomatique est insuffisant.

Allergies aux acariens : à quels labels se fier ?

Avant d’utiliser des produits destinés à atténuer les manifestations allergiques, il est important de vérifier quels labels ils comportent et ce qu’ils signifient.

Le label ECARF : créé en 2006 par l’European Center for Allergy Research Foundation (Allemagne), il est présent dans une trentaine de pays et certifie 1 216 produits et services (cosmétiques, textiles, lessives, électro-ménager, peintures, hôtels, écoles) considérés comme adaptés aux besoins des personnes souffrant d’allergies. Un comité scientifique valide l’obtention du label selon une liste de critères stricts (absence des 26 substances identifiées comme allergènes dans les cosmétiques, filtre HEPA sur les aspirateurs, textiles sans traitement chimique…)

Les labels Allergènes Contrôlés et Air Intérieur Controlé : mis en place par les allergologues de l’ARCAA (Association de Recherche Clinique en Allergologie et en Asthmologie), ces labels sont attribués à des produits dont la concentration en allergènes est significativement réduite. Les fibres de garnissage anti-acariens Allerban de Dacron, les produits détergents L’Arbre vert et les purificateurs d’air à base de photocatalyse Daikin sont pour l’instant les trois seuls produits labellisés.

Le label Recommandé par l’AFPRAL : lancé en 2005 par l’Association Française pour la Prévention des Allergies, une association de patients, il peut être accordé à tous types de produits (cosmétiques, alimentaires, filtre d’habitacle automobile…). Il indique que des efforts ont été fournis par le fabricant pour prévenir le risque allergique et mettre en place un étiquetage clair. Un comité scientifique composé de pédiatres et d’allergologues décide de l’attribution du label.

Le label Standard 100 by Oeko-TEX : système de certification mondial, il concerne les produits textiles et contrôle les valeurs limites d’une centaine de substances nocives (colorants azoïques, formaldéhyde, pentachlorophénol…). Plus le contact avec la peau est important, plus les exigences sont strictes. Des milliers d’articles sont certifiés, notamment les textiles Petit Bateau, Linvosges ou La Redoute.

L’Ecolabel : introduit par la Communauté européenne et délivré par l’Association Française de Normalisation, garantit la limitation des impacts des produits sur l’environnement. 45 catégories de produits sont écolabellisés, des produits qui contiennent moins de substances organiques nocives ou allergisantes.

Que penser des sprays et huiles essentielles anti-acaricides ?

Selon la Dre Noémie Gest, les sprays vendus en grande surface comme étant anti-acariens sont à bannir. S’ils peuvent s’avérer efficace contre ces derniers, ils ne sont pas optimaux et peuvent amplifier les problèmes respiratoires des allergiques et auraient ainsi un effet néfaste sur la santé. En effet, la dispersion d’un produit par aérosol émet des particules fines qui peuvent pénétrer profondément dans les bronches.

De plus, beaucoup contiennent de la perméthrine, un produit chimique de la famille des pyréthrinoïdes, un pesticide. Celle-ci est suspectée de causer des cancers, des lymphomes et des leucémies chez les agriculteurs. Elle est d’ailleurs interdite d’utilisation sur les surfaces agricoles depuis 2000, mais reste autorisée pour un usage domestique car les doses sont plus faibles.

Outre les bombes acaricides, il peut être tentant de se tourner vers les huiles essentielles, réputées être naturelles et sans dangers. Faux ! Certaines précautions sont à prendre et de manière générale, tous les sprays aux huiles essentielles censés assainir l’air intérieur sont à proscrire lorsque l’on est allergique.

Selon une étude parue en mars 2017 dans 60 Millions de consommateurs, ils contiennent plusieurs irritants. En les utilisant, les personnes asthmatiques risquent donc de voir leur maladie s’aggraver.

Est-il possible de développer des allergies croisées ?

“En cas d’allergie aux acariens, il est possible par allergie croisée de réagir aux escargots“, note l’AFPRAL. Selon le Dre Noémie Gest, il est également possible de développer des allergies aux fruits de mer, notamment aux moules.

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