Crédit à la consommation : attention aux pièges

Vous souhaitez changer de voiture, partir en voyage ou vous faire plaisir. Plutôt que de puiser dans votre épargne, vous pouvez emprunter. Nos conseils pour financer vos envies en toute sécurité.

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Depuis deux ans, la pandémie nous a obligés à différer un grand nombre de projets. Bonne nouvelle : pendant ce laps de temps, les taux d’intérêt ont continué de baisser. Aujourd’hui, ils restent à un niveau historiquement bas. Si vous rêvez de refaire la déco de votre salon ou de vous offrir de belles vacances, pourquoi ne pas souscrire un crédit à la consommation. Même si cela heurte votre âme de fourmi, cette stratégie se révèle souvent financièrement intéressante. Car, à condition d’avoir les moyens de rembourser les mensualités, mieux vaut vous endetter à faible coût – il existe des crédits à moins de 1% aujourd’hui – et laisser votre épargne vous rapporter. Pour réaliser une vraie bonne affaire, suivez nos sept conseils.

Crédit à la consommation : choisir la meilleure formule

Il existe deux types de crédit à la consommation : les prêts « amortissables » ou personnels, et les prêts « renouvelables ». Les premiers « sont souscrits pour un montant, une période et un taux d’intérêt précis et, tous les mois, il faut rembourser une mensualité fixe », explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux. Pour eux, les taux d’intérêt moyens varient actuellement entre 0,8 et 7 %.

Les seconds sont des enveloppes de trésorerie : vous disposez d’un « montant empruntable », dans lequel puiser selon vos besoins. Si vous ne l’utilisez pas, il ne vous en coûte rien. Dans le cas contraire, le compteur à intérêts tourne jusqu’à ce que vous ayez remboursé la somme due et les intérêts. Le taux d’intérêt des prêts renouvelables est élevé et s’échelonne de 9 à 20 % en moyenne. Plus vous prenez de temps à éteindre votre dette et plus la facture du prêt renouvelable grimpe. À titre d’exemple, pour 800€ empruntés à 15 % et remboursés en quatre mois, les intérêts sont d’environ 40€, mais ils triplent si vous mettez un an à rembourser.

Notre conseil : pour des montants supérieurs à quelques centaines d’euros, souscrivez sans hésiter un crédit amortissable, bien moins onéreux qu’un renouvelable.

Protéger ses droits

Trois règles sont à connaître. D’abord, sachez que, « pour les crédits supérieurs à 1.000€, un prêteur a l’obligation de proposer un crédit à la consommation et un crédit renouvelable, libre à l’emprunteur de choisir entre les deux », rappelle Laure Prenat, directrice générale de Panorabanques.com, comparateur de banques. Pensez à anticiper vos besoins : seul le crédit renouvelable est utilisable immédiatement. En revanche, il faut légalement attendre quatorze jours après la souscription d’un prêt personnel avant de récupérer vos fonds. Ce délai peut passer à huit jours si vous en faites la demande explicite.

Enfin, aucun établissement ne peut vous prêter à un taux d’intérêt supérieur au taux d’usure. Ce dernier est fixé, selon les montants empruntés et le type de crédit, chaque trimestre par la Banque de France (données accessibles sur : www.banque france.fr/statistiques/taux-et-cours/taux-dusure). À titre d’exemple, pour le troisième trimestre 2021, il était de 5,08 % pour les prêts de plus de 6.000€, de 9,83 % pour ceux entre 3.000 et 6.000€ et de 21,09 % pour ceux de moins de 3.000€.

Notre conseil : si votre prêteur ne respecte pas la loi, passez votre chemin.

Crédit à la consommation : comparer ce qui est comparable

Si vous hésitez entre deux offres de prêt, la seule donnée valable pour les évaluer est le TAEG (taux annuel effectif global) qui intègre la totalité des frais (dossier, assurance…). « Toutes les offres de crédit sont standardisées, elles doivent préciser le coût total du crédit en euros, qui inclut les remboursements d’intérêts et les autres frais obligatoires », explique Abdellhakim Bouabid, responsable de l’octroi et de la lutte contre la fraude chez Sofinco. Sur la simulation, le coût total du crédit donne aussi une bonne indication et permet d’affiner votre décision si vous hésitez entre deux durées.

Notre conseil : pour bénéficier d’une mensualité allégée, demandez à rallonger de quelques mois la durée de remboursement. Parfois le surcoût à payer est très faible, et cela évite de vous retrouver avec un budget trop serré.

Faire le tour de la concurrence

Même si aujourd’hui les taux sont très bas, cela vaut la peine de frapper à différentes portes afin d’obtenir les meilleures conditions possibles. Consultez votre banque, puis passez par un courtier ou cherchez sur Internet si un établissement spécialisé vous propose mieux (Cetelem, Cofinoga, Sofinco…). Lorsque vous prévoyez d’acquérir un bien type véhicule, électroménager…, regardez les offres de financement des concessionnaires et commerçants. Bon à savoir : contrairement à ce qui se pratique avec le crédit immobilier, il n’y a pas de négociation possible avec le crédit à la consommation, affirme Cécile Roquelaure, directrice des études chez le courtier en crédits Empruntis.

Notre conseil : attention, les offres évoluent régulièrement. Effectuez votre tour de marché seulement quand vous avez besoin de votre crédit.

Crédit à la consommation : profiter des promotions

Les prêteurs font régulièrement des offres avantageuses à certaines périodes de l’année (vacances d’été, rentrée scolaire, salon de l’auto, Noël…). Mais elles durent souvent moins de quinze jours. En plus, « dans ce cas, le taux très faible ne concerne qu’un montant donné et une période de remboursement précise », rappelle Maël Bernier. Pour bénéficier de la promotion, il faut que la mensualité de crédit ne dépasse pas 35 % de vos revenus mensuels disponibles, elle ne sera donc pas forcément accessible à tous.

Autre point : les banques fixent leurs propres grilles de taux de crédit. Ils dépendent principalement de la durée et du montant emprunté, mais aussi de votre profil (revenus, patrimoine…) et de la période. Quand vous réalisez des simulations, faites varier les montants. « En faisant bouger le curseur de quelques centaines d’euros, un emprunteur pourra parfois tomber sur une promotion et donc obtenir un crédit moins cher », constate Cécile Roquelaure. Si, par exemple, vous prévoyez d’emprunter 9.500€ pour acheter un véhicule d’occasion, vérifiez qu’un taux promotionnel n’est pas accessible pour un prêt à partir de 10.000€…

Notre conseil : petite astuce, parfaitement légale : si le montant du crédit promotionnel est supérieur à celui dont vous avez besoin, souscrivez-le quand même. Puis, une fois l’argent sur votre compte, remboursez par anticipation le surplus inexploité !

Vérifier les avantages de l’assurance

Légalement non obligatoire, l’assurance DIIT (décès, invalidité, incapacité de travail) peut être souscrite en même temps que le crédit. Si vous êtes victime d’un sinistre grave (maladie, accident…), elle remboursera les échéances à votre place. Utile dans des cas critiques, en revanche, elle est très onéreuse cher si vous avez les moyens de vous en passer. Vérifiez donc si vous disposez de suffisamment d’épargne de côté pour continuer à rembourser vos mensualités en cas de coup dur. Si c’est le cas, vous pouvez vous dispenser de l’assurance.

Notre conseil : lorsque vous regardez vos différentes propositions de crédit, comparez les TAEG avec l’assurance. Car certains établissements affichent des taux d’intérêt très alléchants mais facturent leur assurance très cher !

Jouer franc jeu

Si vous rencontrez des soucis financiers passagers (baisse de revenus, dépenses imprévues…), contactez rapidement votre établissement pour le prévenir de votre nouvelle situation. « Il nous est beaucoup plus facile d’agir avant les premiers impayés, nous pouvons à tout moment suspendre et reporter des mensualités de crédit, voire revoir ou restructurer un emprunt », confie Abdellhakim Bouabid.

Notre conseil : agissez sans perdre de temps. À défaut, vous vous retrouverez dans une situation financière bien plus compliquée, car de multiples frais viendront alourdir votre dette.

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