Des écrivains français vont « payer les amendes » des librairies ouvertes

Les écrivains français mobilisés contre la fermeture des librairies, considérées comme des commerces non essentiels. « Les écrivains français ont décidé de payer les amendes que les libraires recevront », a annoncé l’auteur du Zèbre et cofondateur de l’association Lire et faire lire, Alexandre Jardin, sur le plateau de BFMTV ce dimanche.

L’écrivain a expliqué que les romanciers sont en train de s’organiser afin de payer les éventuelles contraventions des librairies ouvertes malgré l’interdiction liée au confinement. Le choix d’Alexandre Jardin comme porte-parole du mouvement des écrivains n’est pas anodin. Ce dernier, qui a perdu en octobre son beau-père, Pierre Caro, du Covid-19, ne peut pas être taxé de prendre la pandémie à la légère.

« Ce n’est pas possible que des flics débarquent dans des librairies »

« Nous ne laisserons pas nos libraires tomber », promet Alexandre Jardin. Et de citer l’exemple de la librairie cannoise Autour d’un livre, dont l’amende sera payée par Didier van Cauwelaert, prix Goncourt en 1994 pour Un aller simple. « Ce n’est pas possible que des flics débarquent dans des librairies », a-t-il encore défendu.

La fermeture des librairies, suivie par la fermeture des rayons livres dans les grandes surfaces, a suscité une vague d’indignation sans précédent dans le monde des livres. Le critique François Busnel lance une pétition contre la fermeture des librairies. L’Académie Goncourt a décidé de reporter sine die la remise de son prestigieux prix
par « solidarité ».

Des personnalités politiques de tous bords se sont également exprimées. « Laissons ouvertes les librairies, les bibliothèques, nous avons besoin de cette fonction-là, de s’évader », a déclaré François Hollande. « Amazon c’est la mort de nos librairies », a défendu Anne Hidalgo. « C’est un cri de colère ! Car ceux qui considèrent les livres comme “un bien non-essentiel” sont ceux qui ont naturellement accès à la culture. Privilège de classe ! », a critiqué Rachida Dati. Sur les réseaux sociaux, de nombreux anonymes soutiennent la réouverture des librairies.

« Ce qui se joue, c’est la survie d’une filière »

« Ce qui se joue en ce moment avec les fêtes de fin d’année, c’est la survie d’une filière », a plaidé Alexandre Jardin, alors que les professionnels estiment que le click and collect  ne sauvera pas les librairies.

Librairies indépendantes et les grands réseaux (Cultura, les centres Leclerc), le Syndicat national de l’édition, et de nombreux écrivains ont entamé la discussion avec le gouvernement et la ministre de la culture Roselyne Bachelot : « On propose de modifier les horaires d’ouverture, plus tôt, plus tard (…) On propose des jauges réduites… Énormément de choses », a détaillé l’écrivain, qui soutient une gestion locale des interdictions : « Les élus locaux savent où sont les clusters, où sont les dangers ».

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