Des personnalités de la culture appellent les États-Unis à permettre l'évacuation d'une trentaine d'artistes afghans vers la France

Des personnalités culturelles ont appelé vendredi 27 août les Etats-Unis à inclure 36 artistes et intellectuels afghans bénéficiant d’un laissez-passer de Paris dans les ultimes opérations d’évacuation à Kaboul. Cet appel, lancé dans une lettre signée de directeurs de théâtre, écrivains et cinéastes, dont le prix Goncourt Atiq Rahimi ou le réalisateur iranien Mohsen Makhmalbaf, a été adressée au secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken, à l’ambassadeur américain en Afghanistan Ross Wilson et au chargé d’affaires Brian Aggeler.

“Cette liste de 36 personnalités et leurs familles, pour laquelle l’Etat français a accordé une lettre d’invitation officielle — un laissez-passer certifiant leur autorisation à voyager— nous vous demandons de bien vouloir nous faire la grâce d’accepter de l’intégrer à vos ultimes opérations d’évacuation. Vous seuls pouvez le faire désormais”, indique la lettre en question. Dans celle-ci, les signataires ne précisent pas les noms des personnalités afghanes mais soulignent qu’elles “incarnent une partie du trésor intellectuel afghan que la coopération internationale doit solidairement et à tout prix réussir à préserver d’une destruction promise”.

Une lettre envoyée uniquement aux autorités américaines

Interrogé sur la raison pour laquelle cette lettre n’a pas été adressée aux autorités françaises, Joris Mathieu, directeur du TNG-Centre dramatique national de Lyon et un des artistes à l’initiative de la lettre, a expliqué que “cette démarche interv(enait) après que tout a été mis en oeuvre avec l’Etat français et les services de l’ambassade pour mener ces évacuations avec succès” mais que comme “les dernières journées seront consacrées presque uniquement aux opérations américaines, nous pensons que seuls eux peuvent le faire”.

Les autres signataires sont Maria Carmela Mini, directrice du festival Latitudes contemporaines festival, Guilda Chahverdi, ancienne directrice de l’Institut français d’Afghanistan, du réalisateur afghan Siddiq Barmak et Mohammad Mehdi Zafari, cinéaste et ancien directeur délégué de l’Institut français d’Afghanistan.

“Nous n’avons aucun doute sur le sort qui leur sera réservé dès lors qu’il n’y aura plus de présence étrangère sur le territoire. Nous vous demandons à la fois de nous aider à sauver ces individus pour ce qu’ils sont, mais aussi pour la perspective d’un futur meilleur qu’ils représentent pour tout un pays”, peut-on lire dans cette lettre.

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