Deux ONG lancent une « académie » d'influenceurs pour le climat à Marseille

  • L’ONG Geres, accompagnée par Eurasia Net, tous deux installées à Marseille viennent de lancer un projet « d’académie » de futurs influenceurs pour la solidarité et le climat.
  • Une dizaine de jeunes seront formés pour développer des vidéos virales engageant des « challenges écologiques et solidaires ».
  • L’idée est aussi de faire émerger une nouvelle génération d’influenceurs et de bousculer la logique très intéressée, très marketing du monde des influenceurs.

L’initiative de deux jeunes Marseillais , qui
avaient buzzé en éteignant les enseignes des magasins restés allumés la nuit, a fait des émules. L’ONG Geres, accompagnée par Eurasia Net, tous deux installées à Marseille, viennent de lancer un projet « d’académie » de futurs influenceurs pour la solidarité et le climat.

Un formulaire d’inscription a été publié et les lauréats, disposeront de quatre sessions de formations à l’automne prochain. Le Geres, qui porte le projet, amène ses « compétences techniques et théoriques sur le changement climatique et Eurasia Net ses savoirs faires sur la formation des jeunes », explique Mathieu Grapeloup, en charge de la communication. « C’est un travail de coconstruction où nos deux structures ont une complémentarité assez forte », résume Vicky Atlani, chargée de projet chez Eurasia Net, ONG spécialisée dans le volontariat international.

« Logique de viralité »

Financé par l’Agence française de développement (AFD) et la Coordination Sud, cette « académie » se donne pour objectif d’aider des jeunes à développer leur communauté sur les réseaux sociaux et de les accompagner dans la création de « challenges positifs » dans une « logique de viralité ».

« TikTok est un réseau qui marche fort chez les jeunes et qui se prête bien à cela », estime Mathieu Grapeloup. Ces « challenges » seront à trouver par les jeunes sélectionnés. « L’idée est vraiment que ce soit eux qui s’emparent de la question du climat et de la solidarité, et qu’après, ils soient capables de gérer eux-mêmes », avance Romain Donda, responsable mobilisation citoyenne chez Geres.

« Faire émerger une nouvelle génération d’influenceurs »

Au-delà de la nécessité de trouver des défis assez simples, du type un déchet ramassé par jour, ou « nettoie ton kilomètre », le but est qu’ils puissent être dupliqués à très grande échelle. Et pas question de se mettre en danger comme tenter le diable pour éteindre une ampoule ou entraver un convoi de déchet nucléaire. « Les dix jeunes seront liés par une convention avec quelques règles, notamment celles de ne pas se mettre en danger et que les actions soient accessibles à tous », précise Romain Donda.

S’adressant d’abord à un public âgé de 16 à 25 ans, cette « académie » va chercher aussi à recruter hors des sentiers battus de personnes déjà engagées. Centres sociaux, missions locales, rectorat ont été sollicités pour faire passer le message. Gestion des ressources, déchets, action de solidarité, « populariser ces thèmes auprès des jeunes est un beau projet », ajoute Vicky Atlani.  « L’idée est aussi de faire émerger une nouvelle génération d’influenceurs, basés sur l’engagement et de bousculer cette logique très intéressée, très marketing que peuvent avoir les réseaux sociaux », souhaite Mathieu Grapeloup.

De là à s’imaginer que le ou la future Greta Thunberg vienne de Marseille, il n’y a qu’un pas que les porteurs du projet ne franchissent pas. « Nous ne sommes pas dans le lobby, dans l’adresse aux gouvernants », tempère Mathieu Grapeloup. « Notre job, ce sont des actions des terrains, pas de faire du plaidoyer », complète Romain Donda. Et de conclure : « C’est vraiment une expérience, on va voir si ça prend ».

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