Donner son corps à la science, ça se discute !

Cet acte généreux soulève des questions, liées en partie au scandale de la gestion des cadavres du Centre du don de l’université Paris-Descartes.

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Ça fait avancer la médecine

Vrai. L’idée est de léguer sa dépouille à une faculté de médecine ou à une école de chirurgie. Elle servira aux étudiants dans leur apprentissage de l’anatomie, des gestes ou chirurgies, et à des chirurgiens souhaitant répéter avant certaines interventions délicates. Cela permet de rendre plus sûres les techniques médicales et opératoires. Les corps sont aussi utilisés pour faire avancer les connaissances scientifiques, par exemple dans le domaine de l’imagerie ou la conception de nouveaux matériels médicaux.

Il y a pénurie de dons

Vrai. Chaque année, 2 500 à 3 000 personnes font don de leur corps à la science. Trop peu au regard du nombre d’étudiants à former. En cause entre autres, une confusion avec le don d’organes : on peut penser que si on est donneur d’organes, notre dépouille servira aussi pour la science… alors qu’il s’agit de deux procédures distinctes.

Ça ne coûte rien

Faux. Certaines personnes y voient une solution pour éviter à leurs enfants de payer des obsèques coûteuses mais ce n’est pas entièrement gratuit. L’établissement assure à ses frais l’inhumation ou la crémation mais on peut avoir à prendre en charge le coût de transport du corps vers la faculté (quelques centaines d’euros en moyenne, jusqu’à plus de mille parfois). Cette somme est due au moment de l’inscription ou bien après le décès, selon les centres de don. Afin que les ayants droit ne soient pas sollicités, des structures proposent de l’adosser à un contrat assurance obsèques.

Les proches ne peuvent pas s’y opposer

Vrai et Faux. En principe, c’est une disposition testamentaire et la famille ne peut légalement pas refuser. Dans les faits, si elle s’y oppose, le centre préfère en général éviter le conflit et renoncer au don. D’où l’importance d’en parler avant à son entourage et d’expliquer ses raisons. Ce choix peut en effet être difficile à accepter car il implique qu’il n’y aura pas de cérémonie d’enterrement ou de crémation. Dans la plupart des cas, les corps sont ensuite incinérés anonymement et les cendres dispersées dans un jardin du souvenir. Certains centres organisent un hommage afin d’offrir aux familles un moment de recueillement.

On peut toujours changer d’avis

Vrai. Pour s’inscrire comme donneur, il faut envoyer une demande manuscrite signée et datée à l’un des établissements comportant un service de don du corps (i y en a vingt-huit en France). On reçoit ensuite une attestation à insérer dans le livret de famille et une carte de donneur à toujours conserver sur soi (l’un des deux doit être présenté au moment du décès). Mais on peut à tout moment revenir sur sa volonté : il suffit de détruire sa carte de donneur et d’en informer l’établissement choisi par écrit.

Merci au Pr Christophe Destrieux, neurologue et professeur d’anatomie, président de l’Association pour le don du corps de Tours.

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