Droguées à leur insu, des étudiantes boycottent le monde de la nuit du Royaume-Uni à la Belgique

«Balance ton bar» : en Angleterre, en Belgique ou même en France, les témoignages de jeunes femmes droguées puis agressées dans des bars et boîtes de nuit se multiplient.

«12 octobre 2013. Café Central. Droguée à mon insu», «C’était en décembre 2015, j’avais 17 ans», «En 2017 j’ai été au Murano avec une amie, je ne me souviens de rien», «Il y a 7 ans, j’arrive sobre au Jeux d’hiver, après le deuxième verre, blackout total». Des témoignages anonymes comme ceux-là, il y en a près d’une soixantaine sur le compte Instagram «balance ton bar». D’initiative bruxelloise, ce compte a été créé afin de relayer les violences sexuelles subies par de nombreuses femmes droguées à leur insu dans des bars belges.

La même histoire semble inlassablement se répéter. La soirée d’une jeune femme bascule après seulement un verre d’alcool. S’ensuivent perte de mémoire, agression sexuelle voire séjour à l’hôpital pour certaines. Ce phénomène glaçant ne date pas d’hier : si certaines déclarations sont très récentes, certains faits remontent à plusieurs années. Avec toujours ce même constat : aucune des victimes n’a le souvenir d’avoir accepté un verre d’un inconnu.

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Waff, El Café, Fuse, Wood, You… Près d’une trentaine d’établissements de la capitale belge, bars et discothèques confondus, sont nommément cités. En soutien aux victimes, une grande marche rassemblant près de 1.300 personnes a été organisée. En France, des cas similaires de jeunes femmes droguées au GHB ont été rapportés à Montpellier, Reims ou encore Grenoble. Des pages «balance ton bar» sont ainsi apparues à Toulouse, Lyon, Paris ou Lille.

L’Angleterre semble, elle aussi, subir une vague de témoignages d’étudiantes droguées à leur insu. Ici, ce n’est plus le GHB, dixit la drogue du violeur, qui est utilisé par les agresseurs. Un nouveau procédé serait apparu : des injections à l’aiguille hypodermique, qui inquiètent particulièrement le Royaume Uni.

Ce sont les témoignages de deux étudiantes de l’université de Nottingham qui ont délié les langues. Les deux jeunes femmes ont pris la parole dans les médias britanniques en montrant, pour preuve, leurs ecchymoses et traces d’aiguilles sur la peau. Rien que dans la région de Nottinghamshire, depuis début octobre, la police a reçu 15 signalements de «piqûre présumée par un objet pointu» de la part de 14 femmes et d’un homme, comme le révèle le Guardian. Lancé dans une cinquantaine de villes britanniques, le mouvement «Girls Night In» demande au gouvernement et aux responsables des clubs d’agir.

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