Ils ont fait l'actu. Juliette Armanet, la "showgirl" des festivals de l'été

Novembre 2021, Juliette Armanet sort Brûler le feu, un deuxième disque après quatre ans d’absence et le succès fulgurant de l’album des débuts Petite amie vendu à plus de 200 000 exemplaires. L’auteure-compositrice-interprète confie, à ce moment, son sentiment d’être attendue au tournant, pour ce disque de l’après. « J’ai l’impression de me jeter toute nue dans le vide, sans filet, raconte-t-elle. Quand on lance un premier album, on ne s’attend à rien. On espère. »

Quelques mois après, alors qu’elle est en pleine tournée marathon pour défendre ce second opus, la chanteuse dit ne pas regretter d’avoir « pris son temps ». Elle qui a toujours de belles images pour évoquer son rapport à la musique, de la composition à l’interprétation est devenue maman entre temps et a affirmé son style.

Le public s’est approprié le disque

Elle est fière de constater, quelques mois après sa sortie, concerts après concerts que le public s’est aussi approprié ce disque solaire, mélancolique et énergique, nommée trois fois aux Victoires de la musique 2022. « Tout le monde m’a dit qu’il fallait se dépêcher pour faire ce deuxième disque (…) On est à une époque où l’on ne peut plus prendre son temps, les gens vont t’oublier, poursuit l’artiste. Et en vérité, j’ai pris le temps que je voulais pour le faire, j’en avais besoin. Et en fait, j’ai bien fait. Parce que quand je retourne sur scène et quand je retrouve mon public, quand je ressens tout ce qui se passe sur scène, avec cette ferveur incroyable, cette générosité de dingue, des salles qui sont complètes, un public tellement généreux et émouvant. Je me dis que ça y’est, il y a une intimité, j’ai une histoire avec mon public et là, j’en profite pleinement en ce moment. »

La scène, son talon d’Achille

Alors qu’elle enchaîne les festivals, Juliette Armanet confie avoir encore le trac avant de monter sur scène. « C’est à la fois mon talon d’Achille et peut-être aussi là-haut où je vais chercher mon énergie, la scène, poursuit-elle. Le fait de monter sur scène, pour moi, c’est le moment le plus sacré, parce que c’est là où on voit qui sont les gens. C’est pour ça que j’adore être en festival parce qu’il y a des artistes dont je n’aime pas forcément les albums. Par contre, je peux être complètement cueillie sur scène par un artiste en me disant ‘Ah tiens, je ne l’avais pas du tout ressenti comme ça, sa musique’. »

« Le lieu de la scène, c’est le lieu de la vérité. C’est le lieu aussi des maladresses, c’est le lieu du vivant, c’est le lieu le plus pur je trouve, et c’est aussi un lieu d’abandon. »

à franceinfo

« En festival, on oublie la promo, les réseaux, tout le travail de studio pour offrir sa musique pleinement, recevoir l’émotion du public à fond, confie Juliette Armanet. Il y a des soirs où c’est complètement magique, d’autres un peu moins et ça fait complètement partie du game, que ce soit des vagues. »

« Je suis une showgirl, mais pas à l’américaine »

Juliette Armanet dit remplir soir après soir, en juillet elle fait quasiment un concert par jour, sa boîte à souvenir. Il y a les moments sur scène « un peu honteux » mais c’est ce qui fait la beauté d’une prestation. « On glisse, on chante faux, on se trompe, on avale ses cheveux parce qu’il y a du vent, explique-t-elle. Je suis restée coincée l’autre jour dans ma veste. C’était beau, les gens riaient. Je suis une showgirl, mais pas à l’américaine. J’aime pas quand ça ne déborde pas, j’aime bien justement quand il y a un pas de côté. Il faut toujours garder de l’autodérision et ça n’empêche pas d’être à fond dans ce qu’on chante. »

Juliette Armanet confie avoir parfois avoir du mal à dormir après un concert intense. « Quand je me couche le soir, je repense à tout ça et je me dis mais c’est quand même complètement dingue ce que je viens de vivre là, sourit-elle. On a joué à Fourvière, à Lyon, et c’était un déluge, littéralement de pluie, des seaux d’eau. Les gens sont restés pendant deux heures et demie. »

« Près de 4 000 personnes qui restent avec des ponchos multicolores pour écouter la musique que j’ai écrite, je crois que c’est ce qui m’est arrivé de plus ouf quand même qui puisse m’arriver. »

à franceinfo

« Récemment, on a joué avant PNL, se souvient l’artiste. C’était complètement lunaire parce que le public était vraiment venu pour voir PNL et du coup, ils ne connaissaient pas du tout le projet. C’était complètement deux planètes quoi. Voilà, comme si c’était le début. Et en fait, c’est les meilleurs moments. On n’a rien à perdre, on a tout à prouver et j’adore moi. »

Jusqu’à la fin de l’année, Juliette Armanet enchaîne les concerts, notamment dans les Zenith de France. Dans ces grandes salles de spectacle, elle espère créer de l’intimité et de la démesure.

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