La "punition" de cet entraîneur de foot ? Coacher une équipe féminine

C’est une news que l’on croirait sortie du Gorafi. Ou plutôt, de sa version germanique. Accusé de “comportement antisportif” après s’en être pris à un arbitre lors d’un match de quatrième division régionale en janvier dernier, Heiko Vogel, l’entraîneur de l’équipe de foot du Borussia Mönchengladbach, s’est vu sévèrement réprimandé par la Fédération ouest-allemande de football (WDFV). La sanction ? 1 500 euros d’amende. Mais surtout, l’obligation de devoir entraîner une équipe féminine.

Entraîner, d’accord, mais “ponctuellement”, comme le précise RMC Sport. Oui oui, ce n’est pas une blague. Cet entraînement d’une équipe de foot féminin durant six séances (seulement) serait donc à caser dans la même catégorie que l’amende à payer, ou encore que l’exclusion du banc dudit entraîneur lors des deux prochaines rencontres de l’équipe du Borussia Mönchengladbach. Une analogie pas vraiment flatteuse.

“Cela démontre qu’à quelque niveau que ce soit, les femmes et les filles jouant au football ne sont pas prises autant au sérieux que les hommes et les garçons, puisqu’elle place l’entraînement d’une équipe féminine au même niveau qu’un travail social”, a réagi l’association féministe Frauen im Fussball (Les femmes dans le football).

Vidéo: Le XI des joueurs qui font une meilleure carrière avec leur sélection qu’en club (Dailymotion)

“Une honte pour le football allemand”

Borussia Monchengladbach’s under-23 coach Heiko Vogel was ordered to train the women’s team as a punishment for “unsporting behaviour,” the West German FA confirmed to @uersfeld. https://t.co/XHT84eVxai

“Le football féminin est un sport, et celles qui y participent sont aussi professionnelles que leurs homologues masculins. Si vous accordez malgré tout de bonnes intentions aux ligues de football, cela envoie quand même un message fatal, car entraîner une équipe féminine ou de filles fait partie ici d’une punition après une faute”, ont développé les porte-paroles de Frauen im Fussball. Difficile d’envoyer un message plus discriminatoire, d’autant plus lorsqu’il émane directement d’une fédération de football.

Face aux réactions indignées, la Fédération ouest-allemande de football n’a d’ailleurs aucunement réagi. Pour le moment du moins. Le flot de commentaires critiques et la médiatisation de l’événement pourrait bien changer la donne. “Pourquoi ces joueuses devraient-elles vouloir apprendre quelque chose de Heiko Vogel ? C’est lui qui pourrait s’instruire, dans les cours d’anti sexisme par exemple”, fustige une internaute. “En quoi le coaching d’une équipe féminine est-il une punition ? C’est juste du sexisme”, poursuit une autre à l’unisson.

“Honteux. Cela montre à quel point les fédérations apprécient leurs équipes féminines, si elles pensent que les coacher est une punition. C’est embarrassant pour le Borussia Monchengladbach et aussi pour le football allemand. Je ne peux même pas imaginer ce que les joueuses de l’équipe féminine doivent penser”, s’alarme encore un spectateur anonyme. Les paroles des footballeuses n’ont pas encore été recueillies.

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