La série "H24", la surprise du mois

« H24, 24 heures dans la vie d’une femme » n’est pas une série au sens classique du terme, plutôt un concept audacieux, voire légèrement vertigineux : vingt-quatre courts métrages qui racontent vingt-quatre heures de la vie des femmes (un épisode de trois minutes environ par heure) à partir de faits divers réels réinterprétés par vingt-quatre écrivaines européennes – Alice Zeniter, Lola Lafon, Anne Pauly ou encore Siri Hustvedt ou Sofi Oksanen.

Ci-dessous, la pastille « Signes », avec Diane Kruger. 

Raconter le quotidien de femmes

Toutes se sont prêtées au jeu de raconter, souvent à la première personne sous forme de monologue, ces moments banals, tragiques ou héroïques qui font nos existences.

Créée par Nathalie Masduraud et Valérie Urréa (qui réalisent nombre d’épisodes), la série met en scène une actrice différente par épisode : Diane Kruger, Valeria Bruni-Tedeschi, Anaïs Demoustier, Florence Loiret-Caille, pour n’en citer que quelques-unes.

Parmi toutes ces propositions, parfois inégales, certains courts emportent l’adhésion et l’enthousiasme grâce à une inventivité formelle proche de la performance d’artiste et une volonté rageuse de convaincre : on pense, par exemple, à l’épisode écrit par Lola Lafon sur une jeune sportive victime d’attouchements, à celui signé Alice Zeniter sur la discrimination sur le lieu de travail, magnifiquement chorégraphié, ou encore à Camille Cottin confrontée en surimpression à ses souvenirs d’agression urbaine, dans le court écrit par Khaouter Adimi.

Des microhistoires universelles

Souvent, c’est une trouvaille formelle « toute simple » qui donne à l’objet son ampleur, comme d’enfermer Luana Bajrami dans une majestueuse piscine vide, avec cette bizarrerie presque insoupçonnable de la filmer en maillot dehors, mais habillée lorsqu’elle est plongée dans l’eau, pour dire pudiquement la force mortelle de son enfermement, sur un texte de Chloé Delaume.

Ce qui prime, au-delà des inévitables imperfections, c’est surtout la force incroyable créée par la diversité des points de vue et des formes. Toutes ces voix semblant s’élever de partout pour raconter avec style des microhistoires universelles venues former une sorte de chœur antique féminin profondément ancré dans notre époque.

"H24" disponible sur Arte

Sur Arte, à partir du 23 octobre à 23h45.

Recueil des textes H24, 24 heures dans la vie d’une femme, éd. Arte/ Actes Sud, 10 €.

Ce papier a été initialement publié dans le numéro 830 de Marie Claire, daté octobre 2021.

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