"Le goût du bonheur", un nouvel album 100% inédit de Gérard Lenorman

Gérard Lenorman est auteur, compositeur, interprète depuis plus de 50 ans. Les titres Les matins d’hiver, Michèle, La ballade des gens heureux, Voici les clés, Si j’étais président font partie du répertoire de la chanson française. Il sort un nouvel album aujourd’hui, Le goût du bonheur constitué uniquement de nouvelles chansons.

franceinfo : C’est quoi le goût du bonheur ?

Gérard Lenorman : C’est peut-être un rêve. C’est un goût qu’on porte à la positivité. Un sourire, une larme de joie, un regard, enfin le bonheur, c’est immense. Ce que je transmets, ce que j’essaie de donner à ceux qui veulent bien l’accepter, c’est mon bonheur, je suis fait pour ça.

« Le bonheur, c’est énorme et c’est peu de chose. »

à franceinfo

Quand on écoute cet album, on se rend vite compte qu’il y a beaucoup d’ingrédients qui vous suivent depuis votre plus tendre enfance. Il y a toujours cette envie d’être effectivement positif.

J’ai toujours été un animateur, mais à l’époque, quand j’étais enfant, il fallait faire ce qu’on nous demande. Moi, j’étais un clown. Il fallait que je fasse rire mes copains. Quand il y avait des trucs de fin d’année, j’étais l’animateur. Je crois que j’étais destiné à faire quelque chose comme aujourd’hui.

Ce qui est étonnant, c’est que vous annoncez cet album comme étant peut-être le dernier. On a du mal à vous imaginer sans la musique. Est-ce que vous vous imaginez qu’un jour, vous pourriez ne plus faire de musique ?

Non, parce que la musique est en moi depuis toujours. Je m’en suis rendu compte quand j’étais enfant. C’était une attirance naturelle. Et puis, je pense que ça vient aussi probablement de mes géniteurs. Mon père, que je n’ai jamais connu, était, je l’ai appris et ça m’a rassuré quelque part, un musicien, il était violoniste. On peut être soldat et musicien, c’est ça qui est beau.

Il était violoniste, chef d’orchestre et un soldat allemand, ce que vous avez appris à l’âge de 35 ans.

Oui, voilà.

Je voudrais que vous me racontiez la chanson Maman parce que ça n’a pas été simple. Votre maman était très autoritaire. C’est avec Serge Lama, qui a un vrai parcours de vie un peu à l’identique du vôtre, que vous l’avez écrite.

On est frères. Serge ne voulait pas l’écrire et puis, un jour, il m’envoie le texte. J’ai fait la musique. On avait un lien avec la vie si particulier qu’on ne pouvait pas se cacher de ça. Le mal qu’on portait depuis des années pouvait peut-être changer.

Les difficultés à la maison vous ont donné envie de prendre le large très, très vite.

Depuis que j’étais petit, ma seule hâte, c’était la fuite. J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère exceptionnelle, Augustine Lenorman, qui est une sainte pour moi. C’était une femme brave, honnête, la vraie Normande. Il n’y avait pas de mensonge et Augustine a été un peu mon modèle et j’ai gardé en moi son mieux à elle. Cette femme m’a permis de devenir ce que je suis aujourd’hui. C’est-à-dire que je crois que j’ai une vocation à la simplicité, à l’honnêteté et surtout, jamais de mensonge.

Cet album est une victoire sur la vie ?

C’est une libération. Je deviens un jeune homme, un sale gosse, c’est comme ça qu’on m’appelle et je suis ravi d’être un sale gosse parce que c’est une appellation qui me convient parfaitement.

« À 76 ans, je suis libéré. »

à franceinfo

Ce petit bonhomme qui naît dans ce château tenu par des bonnes sœurs. Ce rêve d’enfant depuis l’orphelinat jusqu’à cet accident de voiture. L’écriture fait que vous vous en sortez ?

Je n’aurais pas dû m’en sortir. Je suis heureux d’entendre ça, car j’ai mis très longtemps avant d’accepter ce que j’étais. Je me trouvais toujours nul et je voulais la perfection. Ça a été très compliqué parfois, parce que j’étais probablement injuste.

Trop dur avec vous-même ?

Oui, c’est ça. Je cherche la perfection. Mais est-ce qu’elle est si utile que ça ?

Que représente La ballade des gens heureux dans tout ce parcours ?

Je rêvais d’être celui qui a écrit une chanson, en France, qui restera éternellement sur la planète. Elle a fait quasiment le tour du monde.

Le goût du bonheur est une renaissance ?

Non, c’est une naissance.

Est-ce que le petit garçon que vous étiez est fier de l’homme qu’il est devenu ?

Très fier parce que ce n’était pas évident. J’avais tout contre moi. La société aussi et ça, c’est terrible. C’était invivable et en même temps, j’étais fait pour l’optimisme. La vie, c’est devant. Ça ne va pas, tu n’avances pas, mais tu avanceras.

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