Les incroyables pierres précieuses dénichées par Bulgari pour sa haute joaillerie Magnifica

Immobilisée à Rome pour la première fois en plus de quarante ans de carrière, la directrice artistique et chasseuse de pierres de la maison, Lucia Silvestri, réussit le tour de force de proposer un déluge de pierres hors normes en dépit de la situation. Décryptage.

Impossible n’est pas Bulgari. Mise à l’épreuve sur tous les fronts ces derniers mois, la maison italienne aura été forcée de mettre bon nombre de plans en sommeil, de l’inauguration de l’hôtel et de la nouvelle boutique parisienne au lancement de certaines collections. Sans parler des nombreux voyages essentiels de celle qui déniche les plus belles pierres au monde, Lucia Silvestri. C’était sans compter la résilience de Jean-Christophe Babin, le PDG de la marque, qui s’est, en attendant, lancé dans la course au vaccin en finançant la recherche, tout en préparant le grand retour des événements physiques.

En ces premiers jours du mois de juin, Bulgari était donc la première maison à donner le ton à Milan de la valse des collections haute joaillerie, qui vont ensuite s’égrener jusqu’aux derniers jours de juillet. Pourtant, ce qui a le plus marqué les esprits, ce n’est pas uniquement le fait d’orchestrer un lancement mondial, mais aussi les pierres choisies par Lucia Silvestri pour cette gamme Magnifica. Des émeraudes étourdissantes, des tourmalines Paraïba aux volumes inédits et surtout le troisième plus gros spinelle au monde… Le tout sans pouvoir se déplacer à la rencontre des pierres.

Spécimens rares

Lucia Silvestri, la directrice artistique de Bulgari.

«Nous voulions impressionner nos clients avec une collection joyeuse qui célèbre la beauté des femmes. Et pour cela, il nous fallait impérativement des pierres d’exception», confie Lucia Silvestri, le lendemain de la soirée de lancement. Si cela fait plus d’un an et demi qu’elle n’a pu parcourir le monde en quête de trésors, Lucia Slivestri a su en mettre plusieurs de côté au fil du temps. Un stock vertigineux dans lequel elle a pioché plusieurs pièces maîtresses, avant de compléter sa collection par une série de pierres achetées via Zoom, qui ont passé l’épreuve de son œil aiguisé une fois reçues en main propre à Rome.

S’ajoute à cela les nombreux challenges que lance avec malice Jean-Christophe Babin à Lucia Silvestri, un jeu vertueux qui pousse la créatrice à repousser ses limites. Dernier pari en date ? Mettre la main sur une tourmaline Paraïba de taille. Si les mines brésiliennes d’origine aujourd’hui éteintes, celles toujours en activité au Mozambique ont en effet, jusqu’ici, donné peu de caratages conséquents. «C’était sans compter ma ténacité», s’amuse-t-elle en se souvenant de ce défi. «Je n’en ai pas trouvé une, mais cinq qui étaient si grosses qu’on aurait pu facilement constituer cinq colliers avec ces dernières, mais j’ai préféré surprendre et les placer toutes sur un seul et même plastron extraordinaire.»

Hors normes

Le spinelle de 131.24 carats, troisième plus gros au monde, serti sur un collier en diamant et billes d’émeraude.

Car c’est une autre des spécificités de Magnifica : le luxe ultime. Sur plus de 100 pièces, une soixantaine dépasse le million d’euros à l’achat. Des parures rares présentées ce soir-là devant quelques-uns des meilleurs clients de la maison, accompagnés de leurs grands vendeurs de référence, mais aussi Lily Aldridge, Chiara Ferragni ou Eva Herzigova. Preuve, s’il le fallait encore au vu des performances sous hyperbole réalisées depuis un an par certaines montres et bijoux dans les salles de vente du monde entier, que la crise attise la fièvre des collectionneurs les mieux lotis.

Chiara Ferragni portant une parure en or blanc, diamants et émeraudes de la collection Magnifica.

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