Maladies respiratoires : 8 conseils faciles pour retrouver son souffle

Les maladies respiratoires touchent dix millions d’entre nous. Encore largement sous-dépistées, elles se soignent pourtant de mieux en mieux, grâce à des mesures faciles à mettre en place.

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L’asthme et la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) sont les plus fréquentes des maladies respiratoires. Leurs symptômes sont proches : toux, essoufflement au moindre effort et bronchites à répétition. Ils ne doivent pas être négligés, car plus la maladie est dépistée tôt, plus on a de chances de retrouver une respiration ample et sans gêne. “Mais l’essoufflement est souvent sous-estimé par les malades, qui ont tendance à réduire leurs activités pour être moins handicapés dans leur quotidien. Du coup, ils tardent à consulter”, remarque le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue dans le Var et président de l’association Santé respiratoire France. Pourtant, il n’est pas normal d’être à bout de souffle quand on marche deux kilomètres ou on grimpe trois étages. Même pour les seniors.

Premier réflexe : consulter son médecin

C’est en effet le médecin traitant qui pourra, si besoin, vous adresser à un pneumologue, pour un bilan respiratoire approfondi (spirométrie, afin d’évaluer le débit bronchique, mesures des volumes respiratoires, pour apprécier la distension pulmonaire). Ces examens sont indolores et durent une trentaine de minutes. Le cas échéant, le spécialiste vous prescrira des bronchodilatateurs qui vont ouvrir les bronches et faciliter la respiration (asthme et BPCO) et/ou des corticoïdes à inhaler (en traitement de fond de l’asthme).

Arrêter le tabac

Le tabagisme, y compris lorsqu’il est passif, est la principale cause de BPCO et de déclenchement des crises d’asthme. Ne plus fumer améliore la capacité respiratoire et évite l’aggravation des symptômes. En cas de dépendance, les substituts nicotiniques s’avèrent efficaces. Pour renforcer votre motivation, rien de mieux que le suivi par votre médecin traitant, un tabacologue ou un pneumologue. En dernier recours, la cigarette électronique peut être envisagée, même si on préfère toujours les méthodes sans inhalation, de manière à préserver le plus possible les bronches.

Faire la traque aux allergènes

Les acariens, pollens ou poils d’animaux sont impliqués dans la plupart des cas d’asthme allergique. Passer régulièrement l’aspirateur muni d’un filtre Hepa (qui capte les acariens) reste la meilleure arme. Côté literie, préférez un sommier à lattes, protégez le matelas par une housse anti-acariens et optez pour une couette et un oreiller synthétiques, lavables en machine. Changez de matelas tous les 10 ans, mais inutile d’investir dans un modèle traité anti-acariens, dont l’efficacité n’est nullement prouvée. Par ailleurs, évitez les doubles-rideaux, tentures et moquettes. A défaut, lavez-les ou aspirez-les régulièrement, pour en déloger les moisissures et poussières.

Aérer régulièrement son logement

“L’appareil respiratoire sert à apporter l’oxygène aux cellules et à éliminer le gaz carbonique, mais il a aussi pour rôle de nous protéger de notre environnement. Il forme ainsi notre deuxième barrière immunitaire après la peau, explique le Dr Le Guillou. Lorsque les bronches sont fragilisées et présentent des microbrèches, toute substance inhalée devient plus néfaste, car elle passe plus facilement dans le sang : germes, allergènes, poussières, moisissures et polluants peuvent alors déclencher de la toux ou une dyspnée, et aggraver la maladie.” Aussi, aérez quotidiennement votre logement pendant 10 à 15 minutes, même par temps froid, très tôt le matin ou tard le soir si vous habitez près d’un axe routier très fréquenté. Et limitez les sources de pollution intérieure : préférez les produits ménagers avec écolabel, évitez les feux de cheminée à foyer ouvert et bannissez le tabac. Enfin, fuyez les produits désodorisants (bougie parfumée, encens, spray pour WC…), car ils émettent des composés organiques volatils (COV) qui sont inhalés.

Que faire contre la pollution extérieure ?

En cas de pic de pollution, il est vivement conseillé de limiter ses sorties et d’éviter toute pratique sportive en extérieur. Mais la pollution “de fond”, surtout en milieu urbain, est aussi délétère. Essayez au maximum de ne pas prendre votre voiture pour tous vos déplacements du quotidien – car l’habitacle est encore plus pollué que l’air extérieur ! – et privilégiez la marche ou le vélo, même si vous circulez en ville.

Bien respirer malgré le masque ?

Le masque colle à la bouche à chaque inspiration, d’où la sensation de manquer d’air. Il n’y a pas de solution miracle à cet inconvénient, et ni la BPCO ni l’asthme ne sont une dérogation au port du masque. Dans tous les cas, mieux vaut privilégier les masques chirurgicaux.

Bouger le plus possible

L’exercice physique est un traitement à part entière et aucun sport n’est contre-indiqué ! “Le fait de bouger fait sécréter des molécules anti-inflammatoires qui améliorent l’état des bronches, en cas d’asthme notamment , et limite l’encombrement broncho-pulmonaire tout en procurant un meilleur drainage des voies respiratoires, indique le spécialiste. En outre, le sport améliore la condition physique globale : les patients se sentent moins fatigués et peuvent continuer à sortir ou à travailler comme avant.” Intégrez-le dans votre quotidien en marchant au moins une demi-heure à une heure chaque jour, en vous déplaçant à vélo, en jardinant, en partant randonner le week-end… bref, faites-vous plaisir ! Il doit s’agir d’un outil de réel mieux-être, autant physique que mental, non d’une “corvée”, ce qui serait contre-productif.

Limiter le risque d’infection

Les principales causes de l’aggravation de la BPCO sont les virus et les bactéries. Quant aux asthmatiques, ils sont plus fragiles des bronches, donc plus sensibles au risque infectieux. A titre préventif, pensez à une supplémentation en vitamine D (sur conseil médical), qui modère l’exposition aux virus. Faites aussi régulièrement contrôler vos dents, afin de dépister tout foyer nocif , car les bactéries qui s’accumulent en bouche sont inhalées et peuvent déclencher une infection respiratoire. Notez que les vaccinations antigrippale et antipneumococcique sont recommandées, quel que soit votre âge. Enfin, en cas d’infection par la Covid-19, le fait de poursuivre son traitement par corticoïdes inhalés limite les risques de développer une forme sévère de la maladie.

4 millions d’asthmatiques

C’est le nombre de personnes touchées par l’asthme en France. Dans 80 % des cas chez l’enfant et 60 % des cas chez l’adulte, la maladie est d’origine allergique. La BPCO, étroitement liée au tabagisme, concerne 3,5 millions d’individus et se développe surtout après 40 ans. Si les femmes ont longtemps été relativement épargnées, elles rattrapent à présent les hommes, du fait de la progression du tabagisme féminin ces 40 dernières années.

L’avis de notre expert

Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue.

“La réadaptation – ou réhabilitation – respiratoire (RR) est une prise en charge globale qui conjugue, selon les patients, une aide au sevrage tabagique, des conseils nutritionnels, une éducation thérapeutique, une remise en forme physique, une prise en charge psycho-sociale, etc. Elle est très efficace, si le patient en entretient par la suite les bénéfices, notamment en pratiquant une activité physique quotidienne. Le nombre de centres spécialisés étant insuffisant, nous encourageons son développement en ambulatoire, voire à domicile, avec l’aide de kinésithérapeutes et d’un suivi en télémédecine. Le déploiement des dispositifs médicaux de télésurveillance (mesure de la saturation en oxygène, de la fréquence cardiaque, de la température, de l’activité physique…) va aussi révolutionner la prise en charge. Ceux-ci permettent d’assurer un suivi précis des patients, et d’éviter au mieux les crises d’aggravation ou de décompensation.”

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