Manuel de pensée positive pour survivre à la rentrée

Convertir le stress en bonne énergie, savoir gérer l’imprévu, voir la vie du bon côté… C’est tout ce que l’on se souhaite ! Voici 11 idées qui nous font du bien.

Dans le monde du coaching et de l’entreprise, c’est le grand concept en vogue. Celui qui apaise le management et booste la créativité (rien que ça…). Discipline fondée en 1998, promue par Martin Seligman, chercheur en psychologie et professeur à l’Université de Pennsylvanie, le positive thinking ou psychologie positive s’attache à comprendre ce qui rend les individus plus heureux, efficaces et optimistes au quotidien. Plus de vingt ans après la création de cette approche – fondée sur des études empruntant aux neurosciences et aux sciences humaines -, son succès ne se dément pas. On peut même prouver aujourd’hui scientifiquement, grâce aux progrès de l’imagerie médicale, qu’il est possible d’entraîner le cerveau à voir la vie de façon plus sereine et ainsi à ressentir plus de satisfaction au quotidien.

D’où cette idée brillante : pourquoi ne pas affronter, cette année, le mois de septembre en mode positif ? Avec retour au bureau joyeux, rentrée scolaire quasi zen, et zéro probabilité de burn-out… Zoom sur 11 idées qui font du bien, et permettent de changer son comportement sur le long terme.

Je booste ma mémoire émotionnelle

Ce n’est pas parce que c’est la rentrée que l’on doit replonger tête la première dans le grand bain du quotidien. Les émotions positives liées aux vacances sont source d’énergie. Pour les réactiver, on s’aménage une période de transition. «On s’accorde un week-end à la maison avant de retourner au travail pour repenser aux moments de joie et de convivialité, conseille Cécile Neuville, psychologue positive et auteur de Mon cahier Pensée positive (Éd. Solar, 2015). On prend le temps de savourer ces souvenirs pour y puiser le meilleur : un sentiment de sérénité.» Les études le montrent : plus la mémoire en est imprégnée, plus ce ressenti perdure dans le temps. C’est ce qui s’appelle capitaliser sur ses acquis !

Je rééduque mon cerveau avec Shawn Achor

Consultant, écrivain et chercheur, auteur de Comment devenir un optimiste contagieux (Éd. Belfond, 2012), Shawn Achor est l’un des plus fameux ambassadeurs du positive thinking. Ses études, menées à Harvard, montrent que 75 % des réussites professionnelles sont liées au niveau d’optimisme de la personne et à sa capacité à voir dans le stress un défi plutôt qu’une menace. Le conseil de Shawn Achor pour y parvenir ? Lister quotidiennement pendant 21 jours trois nouveaux événements qui ont été des sources de satisfaction. À la fin de cet entraînement, le cerveau est habitué à mieux identifier les aspects positifs de l’existence, et à se concentrer sur eux en priorité. Il devient alors plus productif et créatif.

La méthode GTD par David Allen

Parmi les bonnes résolutions prônées par le positive thinking : un retour au bureau organisé. On prévoit ainsi un jour sans réunion pour lire ses e-mails, ses courriers. On définit aussi ses vraies urgences, en adoptant, par exemple, la méthode GTD, Getting Things Done, une façon de réaliser les tâches sans stress, modélisée par David Allen dans son livre S’organiser pour réussir (Leduc.S Éditions, 2015). Avant de se plonger dans la lecture de ce best-seller, on adopte un geste simple : lister les choses à faire quotidiennement dans un tableau à double entrée de 2 lignes/2 colonnes, en fonction de leur priorité : urgent, pas urgent, important, pas important. On se focalise alors sur les objectifs essentiels et on anticipe sereinement les autres – voire, on les délègue carrément. On remet la liste à jour régulièrement. Une façon concrète d’évaluer sa charge de travail au lieu de la fantasmer en hyperventilant.

Je m’intéresse aux autres

En psychologie positive, l’autre est essentiel. On prend donc le temps de (re)parler avec ses collègues. Et pas forcément de soi ! Devant la machine à café, on demande des nouvelles. On tisse du lien. On en profite même pour faire des compliments car, comme l’explique Latifa Gallo, «l’altruisme rend heureux. L’effet sur le cerveau est le même que lorsqu’on sourit : il fabrique des endorphines et nous redonne le sourire.»

J’arrête de minimiser mes succès

Selon Shawn Achor, notre société nous dicte certaines attitudes qui vont à l’encontre du fonctionnement de notre cerveau. Des bonnes notes ? Il nous en faut encore de meilleures. Un job formidable ? Il nous faut une fonction supérieure. L’environnement nous pousse à remettre en cause nos «performances». Or, cette attitude nuit à l’efficacité et à la créativité. Les études menées par Shawn Achor ont ainsi montré qu’un cerveau qui fonctionne en mode positif est 31 % plus productif que celui maintenu en mode négatif. On a donc tout à gagner à s’autoféliciter. Et si, comme le conseille Latifa Gallo, on se lançait un «Trop forte !» à chaque petit succès quotidien ? On peut même aller jusqu’à s’offrir un cadeau pour autocélébrer un challenge relevé haut la main. Pas de hiérarchie, chaque réussite, chaque effort mérite une autoreconnaissance. Pas de doute, il y a chaque jour, une excellente occasion de se murmurer «Bravo moi !» (à défaut de s’offrir un sac Prada !).

Le podcast à écouter

3 exercices pour passer en mode positif

Par Claire Mizzi, psychologue, et Céline Tran, psychiatre. Elles sont coauteures de Votre Meilleur Ami c’est vous (Éd. L’Iconoclaste).

1. On se reconnecte à l’essentiel. Au saut du lit, on prend trois profondes respirations et on réfléchit à ce qui compte vraiment pour soi. On enchaîne avec une douche prise en pleine conscience, en sentant l’eau sur la peau. Ce rituel permet de ne pas plonger tout de suite dans sa to do list de la journée…

2. On apprend à contrer le stress. Installée dans une position confortable, on se concentre sur sa respiration. Puis on pense à une situation stressante. On prend conscience de toutes les sensations que cela fait naître (tensions des mâchoires, tachycardie, maux de ventre…). Par la suite, chaque fois qu’on les ressent, on y répond par une respiration calme pour contrer ces émotions négatives.

3. On muselle les réactions paranoïaques. On s’entraîne à différencier les faits objectifs, les sensations que ces faits provoquent en nous et nos projections imaginaires à cette occasion. Peu à peu, on apprend à se focaliser sur les faits pour écarter toutes sortes de fantasmes inutiles et angoissants.

Cet article, initialement publié le 1er septembre 2018, a été mis à jour

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